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Violence psychologique, 8 signaux d’alerte

Quels sont les signes qui indiquent que nous vivons dans une relation violente ?

La violence, dans le couple, ce n’est pas seulement donner des coups, bousculer, maintenir, pousser. Elle peut être plus sourde, plus subtile, peut-être plus dangereuse. Et elle guette les hommes comme les femmes. Le texte qui suit est écrit au masculin parce que c’est aux hommes que ce site est adressé. Le propos concerne naturellement également les femmes.

Violence psychologique

Il n’est pas question ici des querelles occasionnelles, des hauts et bas de toute relation. Mais des attitudes sur le long terme.

Contrôler, harceler, humilier, refuser d’écouter, blâmer, abuser, tromper, cacher, mentir, crier, intimider et manipuler psychologiquement sont des exemples d’abus.

Ceux d’entre nous qui ont eu une enfance bousculée, marquée par la violence psychologique ou physique ont plus de risque de vivre des relations abusives une fois adultes. Inondés de cris puis douchés d’excuses sans cesse, couverts d’un amour ponctuel, suivant des accès de colères parentaux, ils peuvent devenir des adultes qui n’ont pas conscience des signaux indiquant un abus. Ceux qui ont été grondés, corrigés, rabaissés ou abusés physiquement risquent d’être violents dans leur couple, avec leur famille à cause des cycles de violence psychologique qu’ils ont intégré.

 

Quand réagir ?

Si vous avez eu – comme beaucoup – ce type d’enfance ou simplement si vous vous interrogez sur l’état d’une relation qui ne vous satisfait plus, lisez ces huit points de vigilance pour vos relations intimes. Ce sont des signaux, des alertes. Des états d’âme qui, cumulés et répétés, indiquent que vous vivez dans une relation marquée par la violence psychologique, que vous êtes abusé :

Vous êtes exagérément attentif aux besoins des autres, au détriment des vôtres. Avec le temps qui passe, si vous êtes dans une relation abusive, vous apprenez à marcher sur des oeufs pour ne pas mettre votre partenaire en colère. Vous faisiez peut-être cela avec un de vos parents et le répétez inconsciemment. Se taire, ne pas donner votre avis, ne pas vouloir faire de remous, justifier vos attitudes par « oh, j’exagère certainement » sont tous des signes que vous ne vous écoutez pas vous-même. En fait, à chaque fois que vous vous demandez si vous devriez être fâché ou non à propos de quelque chose, c’est que vous n’écoutez pas votre voix intérieure.

Vous ne voyez plus vos amis aussi souvent qu’auparavant. Parce que vous êtes sans cesse en train d’essayer de réparer une dispute ou d’essayer d’oublier un événement douloureux de votre relation. Rater des événements sociaux ou passer un week-end à se quereller plutôt que de s’amuser ensemble est un signe de mauvaise relation. Vous pouvez vous sentir isolé parce que votre partenaire demande tout votre temps. Peut-être vous surprenez-vous même à justifier le comportement de votre partenaire, à l’excuser. Avec le temps, les victimes perdent leur estime d’eux-mêmes et questionnent leurs propres réactions, jusqu’à se reprocher leurs états d’âme.

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Vous abdiquez souvent dans d’autres situations de vie. Dans n’importe quel type de conflit, vous baissez désormais les bras. Plutôt que de défendre votre point de vue, vos besoins, vous restez muet. Peut-être à cause de la fatigue causée par tous ces conflits à la maison. Il peut vous sembler que parler de vos besoins et de vos désirs, c’est entamer une bataille. C’est maintenant plus simple de s’adapter et de renoncer plutôt que de risquer une nouvelle tension.

Vous n’êtes pas capable d’identifier ce dont vous avez besoin et ce que vous ressentez. Les enfants qui ont grandi dans des foyers en défaillance émotionnelle, dont les parents étaient en difficultés, ont appris à mettre les parents en premier, à veiller aux émotions de leurs parents plutôt qu’à leurs propres envies. Si les enfants n’apprennent pas les bons liens, les bonnes limites et ne peuvent pas se concentrer sur eux-mêmes, ils prennent l’habitude de penser hors de leurs propres besoins et grandissent en les ignorant.

Vous acceptez des dangers immédiats sans réagir. Craindre la colère de son partenaire au point d’accepter de prendre des risques sans réagir. Par exemple, la conduite automobile agressive d’un partenaire que vous n’évoquez pas et que vous supportez en serrant les dents pour ne pas le faire exploser.

Vous vivez fatigué. La fatigue et le doute systématique sur ses propres avis sont des signes d’une relation malsaine. Lorsque vous avez du mal à prendre des décisions par vous-même, que vous pensez que vos raisonnements deviennent brumeux et prenez l’habitude de vous questionner vous-même plus souvent que vous vous fiez à ce que vous savez.

Vous acceptez des relations sexuelles sans désir. Avoir des relations sexuelles sans en avoir envie régulièrement, pour conserver la paix. A chaque fois que vous vous trouvez en train de faire quelque chose que vous ne voulez vraiment pas uniquement pour préserver la paix et éviter une colère, vous renoncer à votre autonomie et à votre pouvoir sur vous-même.

Vous répétez des cycles de ruptures et de réconciliations. Connaître de vraies ruptures, suivies de pardons et de retour ensemble, en oubliant les mauvaises attitudes. Donner une nouvelle chance et croire à des promesses vides qui ne deviennent jamais réalité.

 

Ca ira mieux demain

Beaucoup de victimes d’une forme de violence psychologique veulent croire que leur partenaire a changé, croire à un nouveau départ. Elles espèrent que leur amour peut surmonter tous les obstacles.

Quand les enfants qui ont vécu dans un environnement violent ne peuvent pas échapper à des parents colériques, ils apprennent à justifier les mauvais comportement, parce qu’ils ne peuvent pas rompre avec eux. Ils prennent l’habitude d’espérer que leurs parents vont changer. Ce cycle s’intègre. Devient inconscient.

Le vrai amour est un échange. Bien sûr, il faut parfois faire des choses dont nous n’avons pas vraiment envie pour le bien de notre partenaire. Mais on sait, dans nos coeurs, quand cela arrive trop régulièrement.

Le vrai amour entre deux personnes saines permet de respecter des limites, de partager les responsabilités en cas de problèmes et de chercher des solutions sans abus de langage ou manifestations de colère.

La bonne nouvelle, c’est que lorsque vous l’avez, lorsque vous l’avez vraiment, vous regardez en arrière et réalisez que vous n’oublierez jamais les signes d’une relation abusive que vous avez connu. A laquelle vous avez participé.

Les yeux grands ouverts sur la façon dont vous avez été traité et la façon dont vous souhaitez l’être à l’avenir. Cette révélation vous rend beaucoup plus fort. Et plus intelligent. Et capable de tendre la main à ceux autour de vous qui vivent peut-être dans un couple marqué par la violence psychologique. Un par un, on se réveille, on dit non, et on progresse pour toujours.