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Ma chère fille, je te souhaite de belles aventures sexuelles

Ferret Steinmetz en a assez d’entendre dire qu’il devrait abattre les hommes qui s’intéressent à sa fille

Il y a cette habitude de considérer que les pères mènent la vie dure aux amoureux de leur fille. Que la vie des soupirants d’une jeune fille est entre les mains de leur paternel. 

Ces idées confirment les points essentiels suivants : les hommes sont des êtres agressifs qui règnent grâce à la menace, le sexe est affreux quand il est pratiqué par d’autres (spécialement mes parents, mes frères et soeurs et – Ô mon dieu ! – mes enfants) et les jeunes filles sont des poupées en plastique dont le papa contrôle le destin.

Le sexe c’est bien. C’est amusant ! Et parce que j’aime ma fille, je veux qu’elle vive au moins les mêmes délices que moi. Ou davantage.

Je ne veux pas connaître les détails parce que.. voyons.. parce que je ne veux pas plus de ses images qu’elle ne veut des miennes. Mais, aveuglément ma fille, sors et amuse-toi !

Le sexe, ce n’est pas quelque chose que les hommes te prennent ; c’est quelque chose que tu donnes. Ca ne te rabaisse pas de donner du plaisir à quelqu’un. Ca ne te dégrade pas d’en éprouver toi-même. Si quelqu’un pense autrement, c’est certainement un homme qui a une assez vilaine idée des femmes.

Bien sûr, tous ces garçons, ces filles te briseront peut-être le coeur. Ca brisera le mien. Je t’ai soutenue, solidement, après que ton amoureux t’a trompée. Et ça m’a brisé en deux.

Mais sais-tu ce qui me briserais encore davantage ? De te voir dans une cage de verre, ne ressentant qu’un vide froid au bout des doigts, pendant que Cher Vieux Père s’assure que tu ne découvres rien jusqu’à ce qu’il ait décidé ce que tu devrais aimer.

Tu n’es pas moi. Tu n’es pas une extension de ma volonté. Et tu dois donc faire tes propres erreurs, apprendre à te relever. Je t’aiderai. Mais je pense qu’il y a de l’intérêt à se perdre. Je pense qu’il y a une force qui vient de la recherche de son propre chemin dans l’obscurité.

A savoir où sont les pansements et à soigner tes propres blessures. Je t’aiderai. Je t’écouterai et serai ton conseiller quand je le pourrai. La personne que tu viens voir quand tout semble perdu.

Mais je pense qu’il y a de l’intérêt à se perdre. Je pense qu’il y a une force qui vient de la recherche de son propre chemin dans l’obscurité.

Tu es un individu et certaines des choses que tu aimeras me sembleront malsaines, laides ou déplaisantes. C’est à ce point que le monde est grand et magique. Imagine-toi si tout le monde aimait la même chose : on lutterait tous pour l’attention des dix mêmes personnes.

C’est un miracle de voir à quel point une personne rejetée par quelqu’un peut devenir le trésor adoré de quelqu’un d’autre. Et je serais un triste, triste petit homme si je te manipulais pour que tu deviennes mon petit clone.

Aime la musique que je déteste, regarde les films que je hais, deviens une forte femme qui connait ses objectifs et sait quoi faire pour les atteindre.

Tu vas être secouée par la vie. Mais je ne te dirai pas que le sexe c’est mal, ou que c’est mal d’en avoir envie, ou que d’autres gens sont mauvais d’en vouloir de toi si tu as envie de leur en donner.

Je refuse de perpétuer, même si ça m’empêche de faire des plaisanteries salaces qui font rire mes amis, l’idée que les personnes par lesquelles ma fille est attirée sont mes ennemis.

Je ne suis pas le garde qui t’enferme dans la tour.

Idéalement, je suis l’espace sûr de ma fille, un jardin dans lequel elle peut revenir quand le monde a été un peu trop cruel, un lieu où elle peut récupérer et penser aux erreurs passées en sachant qu’ici, il y a quelqu’un qui l’aime de tout son coeur et qui l’embrassera jusqu’à ce que sèchent ses larmes.

C’est ce que je veux pour toi, mon Amour. Une vie forte remplie de grandes erreurs et d’immenses triomphes.

Maintenant, sors d’ici et trouve ce que tu aimes !

ApprehensiveDad

Publié en premier sur : Theferret.com avec le titre « Dear daughter, I hope you have some fucking awesome sex ».

Repris sur : The Good Men Project

Traduit par : L’homme simple

Ferrett Steinmetz – @ferretthimself sur Twitter – écrit des romans de science fiction et des articles sur son blog.  Il vit à Cleveland. Il a publié plusieurs articles sur le blog goodmenproject.com auquel contribue également l’animateur de L’homme simple.

Photo—Stewart Black/Flickr

 

Les femmes aiment les hommes nouveaux

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Coral Herrera Gomez déclare son amour pour les hommes « révisés »

Article original paru en espagnol le 5 septembre 2013 sur le Blog du journal El Pais. Traduction et adaptation par L’Homme Simple

J’aime les hommes nouveaux. Ils me fascinent. Je connais leur existence depuis l’élaboration de ma thèse de doctorat. Je les ai découvert sur les blogs et les suis aujourd’hui comme une fan amoureuse.




Cette nouvelle passion est peut-être une extension de mon complexe d’Oedipe. Parce que mon père était déjà un nouvel homme. Ma mère travaillait à la fabrique et mon père, écrivain, s’occupait de ma soeur et moi quand nous étions enfants. Il cuisinait, lavait la vaisselle, changeait les couches et baignait ses enfants. C’est lui qui allait faire les courses et qui faisait les lessives.

Il a aimé élever ses filles et nous a éduquées pour que nous soyons des femmes indépendantes et travailleuses.

Mon amour est immense pour ce père si beau, si féministe. Les autres pères me paraissaient très patriarcaux, comparés au mien. A cause de ce complexe d’Oedipe je pense, mon premier compagnon était un homme nouveau également.

Ils ne croient pas que je leur appartiens

En apprenant à le connaître, j’en suis devenue éperdument amoureuse. Mon homme est de ceux qui n’ont pas de problèmes avec leur masculinité. Il n’a donc pas besoin de démontrer sans cesse le macho qu’il est.

Pour moi, c’est un luxe de partager la vie de ce type d’homme parce qu’on peut avoir des conversations profondes. Parce qu’ils n’ont pas de complexe d’infériorité qui les poussent à me diminuer pour ne pas leur faire d’ombre. Ils ne croient pas que je leur appartiens. Ils ne sont pas à la fois jaloux avec moi et séducteurs avec d’autres. Ils ne me mentent pas sans besoin. Ils ne dépendent pas de moi parce qu’ils sont avec moi.

Et ils sont avec moi jusqu’à ce qu’ils ne le soient plus. C’est-à-dire qu’ils ne se sentent pas condamnés à être avec moi : ils sont libres de rester à mes côtés.

Les nouveaux hommes ont beaucoup d’autres avantages. Parce qu’ils sont autonomes, ils travaillent leurs émotions, ils communiquent mieux. A la maison, ils ne considèrent pas qu’ils « aident ». Non, ils assument simplement leur responsabilité totale pour les tâches domestiques et profitent complètement de leur paternité.

Ils sont plus attirants parce qu’ils ne souffrent pas autant que les hommes traditionnels. Ils sont plus créatifs et vivent leur masculinité avec davantage de liberté et de joie. Je suppose que c’est parce qu’ils ne se sentent pas pressés d’exposer leur virilité, comme le sont les hommes patriarcaux.

Les hommes nouveaux existent, je les ai rencontrés

Je recommande souvent à mes amies et amis qu’ils cherchent des hommes nouveaux et qu’ils s’éloignent des mâles alphas et des romantico-tourmentés. Mais mes amis croient que ces hommes nouveaux sont mythiques ou qu’ils sont si peu nombreux qu’ils n’existent même pas. Le jour où on m’a appelé pour participer au Congrès sur les Masculinités de Barcelone, l’an dernier, je me suis sentie chanceuse. J’allais en connaître quelques uns en personne ! J’ai appelé mes amis célibataires pour leur dire que j’allais rencontrer des centaines d’hommes nouveaux. Ils ne m’ont pas crue. Ils ont pensé que j’allais à un congrès Queer. J’étais donc seule au paradis.

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Je suis sortie de cette bulle barcelonaise d’hommes et femmes égalitaires en pensant que d’autres manières d’être sont possibles. D’autres façons de se comporter et d’entrer en relation. J’ai découvert l’immense travail que font ces militants pour démonter la virilité patriarcale, pour transformer et améliorer leurs relations avec leurs compagnes ou compagnons. Pour revendiquer leur droit à profiter de la paternité, pour lutter pour le droit des femmes et des enfants. Le droit à une nouvelle éducation pour les garçons et les filles, débarrassée des stéréotypes et de la création de l’inégalité dès l’enfance.

Ils sont encore peu nombreux. Ils travaillent isolés, sans l’appui des autres groupes féministes. Mais ils ouvrent une voie.

 

Libérer les femmes en travaillant avec les hommes

Je suis convaincue, depuis que j’ai vécu cette rencontrer académico-festive avec les hommes égalitaires qu’on ne peut pas pas libérer les femmes sans travailler avec les hommes. Que nous devons le faire ensemble, pour en finir avec l’éternelle bataille des genres qui divise l’humanité en deux groupes.

Quand on s’est séparés, on parlait de ce voeu et d’autres utopies romantiques. Beaucoup m’ont parlé de leur désir de tomber amoureux de femmes comme eux : dépatriarcalisées. « Je sais qu’il y a beaucoup de femmes nouvelles, de celles qui ne se frustrent pas parce que nous ne sommes pas le Prince Charmant, qui ne s’enfuient pas si nous pleurons, qui nous aiment comme nous sommes, qui ne nous voient pas comme des ennemis, qui savent profiter de la vie et de l’amour. Portons un toast pour souhaiter qu’elles se multiplient, à l’amour égalitaire ! ».

Nous avons trinqué à cette espérance. Je riais en pensant aux utopies qui se créent dans les congrès : le matin, on déconstruit un mythe, le soir on en crée un autre.

Parfois je pense que nous sommes sur le bon chemin pour nous dépatriarcaliser tous ensemble, pour transformer les modèles sur lesquels nous construisons notre identité et nos relations. D’autres jours, je pense que nous allons demeurer dans ce schéma injuste pendant des siècles. Que nous échouerons encore pendant des siècles à nous libérer des oppressions et à réinventer les structures affectives, sexuelles et émotionnelles sur lesquelles nous construisons nos relations.

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Même s’il reste du travail, je crois qu’il faut parler de cette utopie romantique égalitaire parce qu’elle suppose une revendication joyeuse de la diversité. Et parce qu’elle suppose également le droit universel à nous aimer comme cela nous plaît.

Qu’en pensez-vous ? Les femmes sont-elles prêtes à renoncer au traitement de Reines puissantes et les hommes à celui de Rois absolus dans les relations amoureuses ? Cette utopie vaut-elle la peine d’être évoquée quand les racines du patriarcat conditionnent encore si fortement toutes nos vies ?

 

_FAF7376Coral Herrera Gomez est écrivain et blogueuse espagnole, titulaire d’un doctorat en lettres et communication audio-visuelle, spécialiste de la théorie du genre. Son blog :  El rincón de Haika.

 

 

 

 

Crédit photos : Bex Finch/Flickr

5 étapes pour maîtriser sa colère comme un homme

Apprendre une méthode pour maitriser ces excès de colère qui pourrissent la vie des hommes.

Je suis heureux. J’aime ma vie, ma femme et mes enfants. Je crois que les choix que j’ai fait son les bons. La qualité de ma vie est proche de mes rêves raisonnables (très loin bien sûr de ce rêve là, vous savez… bref !).

Alors pourquoi est-ce que je ressens régulièrement cette colère qui me tue et qui désespère mes proches ? Qui met en danger ma relation de couple pour des futilités.

La colère est utile

Ces jours-là – c’est difficile à expliquer – je rentre à la maison après une journée de travail, une activité individuelle ou une réunion de famille. Et c’est comme si j’étais soudain cerné, enfermé dans un endroit hostile. Tout ici m’agace. Nettoyer, cuisiner, payer les factures, les cris de tout le monde. Et tous ces petits conflits avec elle. Qui durent depuis des années, sans avoir jamais été enterrés. Ni oubliés.

J’ai appris, dans les groupes de parole pour hommes que notre colère est une émotion humaine de base, saine et utile. Comme la tristesse, le bonheur ou la peur. On peut la comprendre et même la dominer. En suivant quelques étapes.

Note : je vis plus en paix avec mes émotions maintenant. Mais il y a encore du travail. Il m’arrive encore de craquer complètement, après une querelle pourtant futile et sans fondement. Et de penser que tout est fini, que je vais perdre ma femme et mes enfants (et mon écran LCD 27 pouces).

1. Sentir la colère monter en nous

Ca peut paraître idiot. Mais il m’arrive souvent que quelqu’un me dise « tu as l’air en colère » ou « est-ce que ça va, tu n’as pas l’air bien ? » en me regardant, parfois avec un peu de peur dans les yeux. Ma réponse est souvent « oui ». Et je crois vraiment que je vais bien. Et je réalise ensuite que non, je ne vais pas bien. Quelque chose ne va pas et je ne sais pas quoi.

Nous, les hommes, avons du mal à nommer nos émotions. Ce n’est pas exclusivement de notre faute. Par l’éducation et la culture patriarcale, nous sommes devenus des invalides émotionnels, dissimulant nos émotions ou les exprimant uniquement avec la violence.

Comment sentir la colère qui arrive ?

Quand la colère monte en nous, elle provoque des changements dans notre corps. La première étape est donc d’apprendre à les connaître et d’identifier la colère quand elle arrive, avant qu’elle ne soit remarquée par d’autres. Avant même que nous en ayons conscience.

Il y a plusieurs types d’effets physiologiques et chaque homme devrait chercher à identifier ceux qui lui correspondent. Les joues chauffent, le coeur bat plus vite, le dos se raidit, les articulations se rigidifient, le souffle devient plus court, les mâchoires se serrent, soupirs incontrôlés, les yeux sont douloureux, certains ressentent même un chat dans la gorge. Prenons une semaine pour tenter de ressentir nos signaux de colères.

Note absurde : bien sûr, ces effets peuvent être causés par d’autres problèmes. Si vous les ressentez tous, en même temps, c’est peut-être plutôt un infarctus. Auquel cas, il vaut mieux s’approcher d’un médecin que de réfléchir à sa colère !

Une fois que c’est plus clair, nous sommes capables d’une nouveauté émouvante pour un homme : identifier une émotion de base lorsqu’on la ressent, avant que quelqu’un d’autre nous dise que nous la ressentons. C’est facile. Moi, je me suis senti grandi après cette seule première étape.

2. Comprendre la colère

C’est une émotion humaine de base. Utile et normale. Nous devons la ressentir parce qu’elle fait partie des fonctions du cerveau. Il faut la tolérer. En nous autorisant à être en colère aussi souvent que nous en avons besoin, on se défend, on reste éveillé et – lorsque c’est nécessaire – cela nous permet d’éviter des dangers immédiats.

La colère consiste à nous en prendre à un obstacle que nous jugeons responsable d’une frustration.

Comprendre que c’est normal et que c’est souhaitable m’a permis d’accepter d’être en colère. Souvent. Presque une fois par jour au début. Et puis d’évoluer pour tenter de ne plus être cet homme désagréable que j’étais de plus en plus souvent à la maison. Réalisant que ma vie était géniale, mais que j’étais incapable d’en profiter réellement, caché par un voile de détails qui me fâchaient, guetté par le naufrage.

3. Un homme avec un thermomètre inclus

Pour maitriser sa colère au quotidien. Pour retrouver du plaisir dans la vie en nous débarrassant de ces émotions mal gérées, utilisons le thermomètre imaginaire qui mesure notre colère, de 0 à 10

 

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Où sommes-nous placés sur cette échelle à différents moments de la journée, de la semaine ? Essayons durant une semaine d’y penser.

Sommes-nous à 0, c’est-à-dire qu’on se sent absolument détendu ? A 2, 3 ou 4, c’est-à-dire que nous ressentons de la colère, mais qu’elle ne nous fait pas perdre le contrôle ? Ou plus haut, en ayant passé à la rage, difficile à contrôler, menant à la violence ?

L’outil est simple. Il n’est pas nécessaire d’être absolument précis dans l’évaluation de nos états d’âme. Parce que nous ne serons pas capable d’être précis lorsque nous serons vraiment en colère.

Températures

0 : je me sens bien, ciel bleu

1-3 : VERT, je maîtrise la colère et je peux éviter qu’elle augmente

4-6 : ORANGE, je n’arrive pas à maitriser la colère en restant dans la situation

7-9 : ROUGE, je ressens de la rage, la colère est devenue incontrôlable. J’ai besoin d’aide. Le risque de passage à la violence est très élevé.

10 : je suis dans le pire était de rage de ma vie.

 

Combien de fois suis-je rentré à la maison, près de ma femme ou de ma famille, en étant à 3 sur cette échelle ? Je veux dire, combien de fois ai-je passé le seuil de la porte en étant DEJA à trois ?

Et bien.. très souvent à dire vrai. A cause de mes soucis, du trafic, des collègues, des factures, du métro ou de n’importe quelle autre raison frustrante. En fait, je suis presque toujours à 3 en arrivant à la maison.

Au premier problème à affronter, même minuscule, à la première nouvelle ennuyeuse ou tâche qui m’agace : BOUM ! Je passe à 4, 5 ou 6 !

Ce n’est donc pas la vie de couple, la vie de famille ou mon lieu de vie qui me font peiner à maitriser ma colère : ce sont les autres éléments frustrants qui fabriquent un terreau fertile et dont il faudrait se débarrasser.

De la colère à la rage, puis à la violence

C’est la zone orange. Dans un instant, sans bonne raison, je sors de la zone que je peux contrôler. Ma colère devient de la rage. Cette perte de contrôle me fait souffrir, je m’en veux. Cela ajoute encore à la montée infernale.

La rage est une émotion aussi. Elle est difficile à contrôler. Elle provoque souvent la violence. La violence est une attitude. C’est un choix. Les violences physiques ou psychologiques dans le couple, ou dans la famille, sont générées par la colère non maitrisée qui devient de la rage.

On comprend maintenant que les mari et les pères violents ne le font pas uniquement à cause des problèmes domestiques. Qui paraissent souvent anecdotiques par rapport aux conséquences. Mais parce que l’homme n’apprend pas à maitriser sa colère.

Les soucis additionnés, les frustrations et l’absence de gestion des émotions et de connaissance de soi-même font le lit des relations familiales qui échouent.

4. Temps mort !

Utiliser le thermomètre qu’on vient de découvrir est assez simple. Comme pour une voiture. Si notre cerveau est un moteur. Que faisons-nous si :

  • Le moteur chauffe – ralentissons pour éviter qu’il ne chauffe davantage
  • Il est vraiment chaud – arrêtons-nous dans un lieu sûr et attendons qu’il refroidisse jusqu’à une température supportable. Reprenons la route.
  • Il va brûler – sortons de la voiture, appelons de l’aide.

Nous pouvons faire de même avec nos colères !

Lorsque notre colère franchit le niveau 3, il faut refroidir immédiatement ! C’est à ce moment qu’il faut utiliser le dernier outil : le temps mort.

Cela signifie qu’il faut sortir de la situation problématique et rejoindre un lieu sûr. Ce lieu sûr est un endroit qui vous fait respirer ou une activité qui vous permet de faire redescendre la température.

Le choix du lieu sûr est individuel et il est très important. Je me suis trompé au début en pensant que fumer une cigarette hors de la pièce était un lieu sûr. Je ne faisais que gamberger et remuer la situation sans refroidir. Pour moi, c’est l’activité sportive, même courte, qui fait l’affaire. A chacun sa méthode ! Dans les situations complexe, le fait de fermer les yeux, de respirer à fond calmement et de nous concentrer sur l’air qui entre et sort peut suffire.

Il faut être capable de descendre de 2 degrés au moins sur le thermomètre, en quelques minutes.

Note : le temps mort est un formidable outil pour maitriser sa colère. Pour qu’il fonctionne, il faut avertir vos proches que vous avez appris cette méthode et que vous souhaitez essayer de l’utiliser pour gérer vos humeurs. Expliquer que lorsque cela vous arrivera, vous direz « j’ai besoin d’un temps mort ». Votre compagne ou vos enfants peuvent parfaitement comprendre. Vous serez même surpris de constater qu’ils trouveront que c’est une excellente nouvelle que vous fassiez la démarche de corriger cette tendance à la colère.

5. Retour au calme

De retour dans la zone verte. Retourner auprès des autres, dans la situation initiale, calmement. Les problèmes qui ont généré la montée de température peuvent être traités rapidement ou abordés dans une discussion complète. Choisissons alors d’expliquer ce qui nous a mis en colère en utilisant le discours à la première personne et les verbes de sentiment : je me sens, je crois que, je regrette, je suis déçu, je suis triste, etc.)

En se familiarisant avec ces étapes, en apprenant à s’écouter et à se connaître, on peut anticiper plus facilement l’arrivée de nos colères et faire descendre la température.

Il y a même une chance de découvrir des nouvelles manières d’organiser ses journées ou sa vie en fonction de ces nouvelles émotions que nous avons domestiquées.

***

 

Note de publication : cet article, traduit par l’auteur, a été publié sur le site The Good Men Project le 5 octobre 2013.

Si cette manière d’aborder la colère des hommes vous intéresse, si vous souhaitez la compléter, l’essayer, la transmettre aux hommes que vous connaissez qui pourraient l’utiliser ou l’expliquer à vos garçons, nous serons heureux de lire vos commentaires ci-dessous.