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Le portage en écharpe, ce n’est pas pour les papas

Hubert Fontenelle ne comprend pas pourquoi les articles pour bébés ne sont destinés qu’aux mères et le portage en écharpe est jugé au-dessus de ses compétences ! 

Je viens de revoir le spectacle de Florence Foresti « Motherfucker ».

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Florence – oui, je l’appelle Florence, j’ai tellement vu et revu ces spectacles que j’ai l’impression de la connaître – Florence, donc, raconte sa nouvelle vie de maman suite à la naissance de son premier enfant.

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C’était la première fois que je revoyais ce spectacle (que je connais par cœur…) depuis ma propre paternité.

J’ai autant ri mais j’ai surtout compati et compris plus de calembours que la première fois.

Bref, lors d’une digression sur les poussettes et leur mode de pliage nécessitant des connaissances en mécanique quantique, Florence a une remarque intéressante sur lesdites poussettes et le fait qu’elles ne sont pas faites pour les papas.

Si les papas étaient les principaux utilisateurs des poussettes, il y a belle lurette qu’elles seraient high-tech, dit-elle. Voici le spectacle tel qu’on le trouve sur les sites de vidéos gratuites. L’épisode drôlatique de la poussette commence après 22 minutes et 47 secondes.

Une question me taraude : le papa est-il un animal marketing ? Et surtout ai-je été l’objet d’une traque insidieuse à travers des réclames bien ciblées ? Ai-je été assez lobotomisé pour succomber à un produit estampillé « papa-proof » ? Vivrions-nous dans une société de consommation uniquement mue par le désir de posséder un maximum d’objets rendant vert de jalousie le voisin ?

Je n’ose y croire !

D’ailleurs, à regarder les catalogues ou autres sites internet de vente d’objets de puériculture, pas de trace de papas. Nulle part.

Ouf ! Ah si ! Un catalogue tente le portrait de papa faisant un bisou à son bambin, désabusé.

On louera l’effort surhumain qui a consisté à utiliser une figure paternelle plutôt que maternelle en une de la publication hebdomadaire de la marque.  Mais on notera que le cliché mère-bébé se vautre souvent dans une image surannée du bonheur simple et blond comme les blés et que l’imagerie papa-bébé est mal rasée et matinée d’un « vas-y lâche-moi avec tes bisous, tu me saoules ».

En deux mots, pour la puériculture, l’image du père renvoie à une vérité crue, simple, normale, histoire de faire face à des barbies minces et maquillées dont le bébé fait ses nuits à 10 jours de vie. Pourquoi pas ?

Si on regroupe les deux remarques (père hi-tech et père normal, suivez un peu !), on en vient à croire que l’homme est intrinsèquement attiré par les interfaces user-friendly et est partisant du moindre effort. Je vois déjà ces dames opiner du chef en pensant à la dernière fois où elles ont vu leur compagnon aller aux toilettes en jouant à Candy Crush, porte ouverte…

Le portage en écharpe, c’est pas pour moi

Eh bien sachez qu’il s’avère que de nombreux papas sont effectivement dans ce cas. J’en veux pour preuve ce témoignage poignant d’une formatrice en nœuds (pardon, en écharpe de portage…) : « Les papas ne sont convaincus que lorsque je sors le modèle qui se clipse ».

Pour les non-intimes de l’écharpe de portage, il s’agit d’une longue bande de tissu, que l’on enroule de différentes façons autour de soi pour porter son bébé sans les mains.

Portage en écharpe
Ceci n’est pas un portage en écharpe

Or il s’avère, selon les statistiques de la formatrice, que la plupart des hommes préfèrent avoir un gage de solidité et de haute technologie comme un clip par peur de ne pas savoir faire un nœud simple. C’est édifiant mais je la crois.

Messieurs, crie-je, si vous savez nouer vos lacets, vous êtes au-dessus du niveau requis pour utiliser une écharpe en toute sécurité! N’ayez crainte.

Pour ma part, j’ai donc fait fi des arguments fallacieux  de la formatrice pour choisir le modèle de base, celui-là même qui repousse les hommes, comme le FISC repousse Arthur hors de nos frontières.

Oui, je suis un être exceptionnel qui sait faire des nœuds, je suis donc assez fort pour déjouer les vils tours de passe-passe des publicitaires.

Portage en écharpe
Version alternative

Marketing materno-centré

En parlant de publicitaires, quels sont les produits que l’on vend à un papa ?

Parce que les mamans ont le droit à toutes les sauces de marketing pour elles et leurs enfants. On leur vend :

– de l’alimentaire (papa ne sait pas cuisiner ni ce qui est bon pour les enfants)

– des produits ménagers (papa ne fait pas sa part des tâches ménagères, ce porc)

– des produits cosmétiques (c’est pas tes vergetures qui aideront à reconquérir papa)

– des fournitures scolaires (papa ne s’intéresse pas à la scolarité de ses enfants)

Et j’en oublie sûrement. Le papa, lui, on lui vend…… des voitures ! Whouhou !!!!!! Les cylindrées et les pistons, ça a toujours éveillé en moi des pulsions violentes d’achat ! Non, je plaisante. Pas le moins du monde.

Mais bon, ça se comprend, dans la voiture aussi on peut clipser des trucs, genre sa ceinture ou le cosy de bébé. Et à part ça, rien. Ben non, les rasoirs, les tomates et le canard WC, ça ne se clipse pas…

***

Bon, au final, je suis rassuré. Je n’ai pas succombé aux produits estampillés « pour papa ». D’une part parce qu’ils sont quasi-inexistants, d’autre part parce que je sais faire des nœuds.

Reste maintenant à savoir si ma femme n’a pas succombé aux produits vendus aux mamans même si j’ai déjà une petite idée. Cependant une question reste en suspens : si les papas étaient une cible de choix, existerait-il des iPoussettes ? A vous de me le dire je dois aller choisir ma nouvelle voiture…

Crédit images : Buzzfeed, Pinterest

Hubert Fontenelle
Hubert Fontenelle

Hubert Fontenelle a 29 ans, il est chef d’entreprise et père d’une fille de 9 mois. Il gamberge sur sa paternité et parle avec talent de ce qui est grave et de ce qui l’est moins. Hubert est passionné par les sciences, les mangas, les Lego et par tout ce qui fait sourire sa fille.

Publicités sexistes, avec des hommes dedans!

Brillante vidéo dans laquelle les hommes remplacent les femmes pour des publicités glamour revisitées.

 

Le site de contenu viral BuzzFeed ne diffuse pas que des âneries. Il fait également produire du contenu mutimédia qui est, parfois, de bonne qualité.

La preuve avec cette vidéo. Dans ces scènes d’annonces publicitaires, les hommes remplacent les femmes dans des positions d’inspiration sexuelle. Mis en avant comme des objets. Laissés au désir de possession des consommateur-trice-s. Pour vendre n’importe quel produit.

Hommes publicité

Renverser la perspective donne un sujet de conversation bien senti et permet d’interroger notre regard. Si les deux publicités sont valables, alors pourquoi les films mettant en scène des hommes dans ces positions ne sont-ils pas plus courants ? Si les scènes avec les hommes sont ridicules, pourquoi ?

Pour continuer la lecture, on peut lire ce papier du site Madmoizelle sur l’objectification féminine dans la publicité, ou cet ancien article de l’homme simple sur le renversement des rôles.

 

 

 

 

Portable éteint, cerveau ouvert : La bière Guinness contre la technologie

Guiness
Guinness

Les téléphones portables permettent de faire des milliers de choses. Mais ils empêchent de créer des belles conversations dans les bars.

La nouvelle affiche publicitaire de Guinness, distribuée aux patrons d’établissements publics qui proposent cette bière à leurs clients, annonce :

« Profitez de manière responsable. Eteignez vos portables, s’il-vous-plaît ».

L’illustration est une photographie des tranches d’une pile de téléphones portables noirs surmontés de deux appareils plus clairs pour imiter la forme d’un verre de cette bière noire irlandaise.

Guiness
Publicité Bière Guinness

 

Cette affiche classieuse et créative apporte sa pierre à l’édifice de l’anti-phubbing, un mouvement qui nous incite à nous débarrasser de nos habitudes de connexion permanente pour retrouver le plaisir des contacts humains.  D’arrêter de « snobber » nos interlocuteurs dans les lieu de rencontre. Voir à ce sujet l’article Savoir-vivre et écrans de portables.

La marque avait déjà fait sensation en septembre dernier avec ce film publicitaire au dénouement surprenant et touchant.

38 Secondes pour Créer une Femme-Objet

Cette courte vidéo intitulée « tout est possible avec Photoshop » illustre crûment la création des modèles féminins grâce à Photoshop.

N’est-il pas temps de créer de nouvelles références pour les canons esthétiques des hommes et des femmes ? De nous débarrasser de cette norme absurde qui nous fait prendre des créatures synthétisées pour des mètres-étalons ?

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Via : Blog Videoonlinee

Les femmes ne devraient pas

Les recherches automatiques de Google révèlent ce dont les internautes se préoccupent au sujet des femmes. Et ça dit de nous, les hommes, des réalités par rassurantes !

La campagne de l’agence de l’ONU pour l’égalité des genres illustre par des photos superbes ces propositions que nous fait Google dans sa barre de recherches lorsqu’on tape le début d’une demande.

Le sexisme, la discrimination et l’oppression des femmes y est révélée de manière crue et sans que grande contestation soit possible.

Ce que cherchent les internautes à propos des femmes est mis à la place de leur bouche sur de très beaux portraits. Elles sont contraintes au silence par la violence tonitruante de cette révélation d’une grande simplicité.

L’égalité des genres n’est pas pour demain. Ca ne veut pas dire que nous devons cesser d’essayer de nous améliorer. Ca veut surtout dire que le concept de la révision de la masculinité, pour lequel lutte L’homme simple est nécessaire, essentiel, actuel et urgent.

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En tapant « Les femmes ne peuvent pas », Google propose :

  • conduire
  • être évêques
  • être fiables
  • parler à l’Eglise

Les femmes ne peuvent pas accepter ce fonctionnement 

 

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En tapant « Les femmes ne devraient pas », Google propose :

  • avoir des droits
  • voter
  • travailler
  • boxer

Les femmes ne devraient pas souffrir de discrimination aujourd’hui

 

 

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En tapant « Les femmes devraient« , Google propose :

  • rester à la maison
  • être des esclaves
  • être à la cuisine
  • être silencieuses à l’Eglise

Les femmes devraient avoir le droit de prendre leurs propres décisions

 

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En tapant « Les femmes ont besoin de« , Google propose :

  • être remises à leur place
  • connaître leur place
  • être contrôlées
  • être disciplinées

Les femmes ont besoin d’être traitée de manière égalitaire. 

En proposant avec légèreté ces contenus sexistes, Google porte atteinte aux droits humains. Simplement. Connement pourrait-on dire. L’irresponsabilité digitale est-elle un mal nécessaire pour une vie numérique libre ou la défense des libertés individuelles, contre l’inertie du « progrès » est-elle importante ?

Crédits : UN Women / Memac Ogilvy & Mather Dubai