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Les Femen ont raison. Et ça fait mal aux couilles !

Toute la domination masculine, tous nos privilèges d’hommes et leur défense s’opposent aux actions des Femen

 

- Elles ont raison, mais elles pourraient le faire autrement. En posant nues, elles ne sont pas féministes !
- Quelle vulgarité !
- Pourquoi elles sont torse nu, nous les hommes on n'est pas torse nu. Ce n'est pas de l'égalité.
- Ne pourrait-on pas parler poliment de l'égalité, plutôt que de se comporter comme des sauvages ?

Non. Non et non ! 

En rabaissant avec paternalisme les militantes Femen, en les jugeant comme des hystériques sans fond, les hommes (et les femmes) défendent leurs privilèges (et leur asservissement confortable). Les commentaires de tous bords suivant l’action de ce week-end au salon de l’islam en sont une nouvelle malheureuse démonstration.

Les Femen ont raison et c’est compliqué à accepter.

Les femmes qui luttent, les Femen entre autres, se battent contre une oppression, pas contre un petit problème administratif qui devrait être vite réglé !

Les femmes en 2015, ici en France et en Europe, n’ont pas accès aux salaires élevés, aux postes de cadres, à une vie familiale équilibrée, aux sports populaires, à la considération publique, au libre choix de carrière, à la liberté sexuelle, à la libération de la stigmatisation culturelle les dépeignant autrement que comme des esclaves professionnelles, domestiques et sexuelles.

 La culture omniprésente indique aux humains dès leur premier âge qu’ils joueront dans la communauté un rôle distinct et impose aux filles une position secondaire.

Pour se libérer, faut-il être raisonnable ?

La lutte pour cette libération dans les livres, les salons, les meetings ou les programmes politiques a vécu.

Aujourd’hui, le combat plus offensifs des membres des Femen ne devrait fait l’objet d’aucun autre discours que l’appui inconditionnel jusqu’à la conquête de l’égalité.

Si ça nous est insupportable pour une des raisons habituellement évoquée, on choisira alors une autre forme de militantisme, une autre organisation, mais on se retiendra tant qu’on peut de dénigrer un des groupes qui lutte pour l’égalité.

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Les rassemblements des communautés les plus extrémistes tendant à augmenter cette oppression (salon du X, salons militaires, salon de l’auto, meeting politique au programme ouvertement sexiste ou rassemblement religieux misogyne, etc..) sont au niveau des rassemblements ouvertement racistes des années 60.

Aujourd’hui, s’exprimer en faveur de l’augmentation de l’asservissement des femmes, c’est comme militer pour le raccourcissement des chaînes des esclaves.

Rares sont les sains d’esprit qui contestent en 2015 le bien fondé des manifestations sauvages des noirs en faveur des droits civiques.

La plupart d’entre nous intègre même volontiers que pour lutter contre une oppression, les cris et même la force sont nécessaires. On ne se libère que difficilement de liens étroits en agissant avec politesse et mesure.

On n’est pas écouté dans des débats mesurés et raisonnables si on est un oppressé parmi des oppresseurs (volontaires ou involontaires appuyés par une culture dominatrice)!

On n’imagine pas un gay à une conversation entre homophobes être écouté et faire changer d’avis une partie de l’assemblée, n’est-ce pas ?

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Les hommes lorsqu’ils participent au débat le font souvent de la même manière : en expliquant aux femmes comment elles devraient lutter plus efficacement. Ils utilisent la cause du problème pour se prononcer sur sa résolution, le paternalisme !

En changeant de point de vue, les hommes devraient se rallier à la cause des Femen et renoncer à argumenter sur la tenue, la vulgarité, la bienséance ou la mesure de leur lutte. Cette lutte ne devrait pas avoir de mesure, c’est un combat pour une libération !

Les hommes conscients que le patriarcat est un privilège. Qu’il mérite d’être remis en cause sans délai et sans conditions. Ces hommes là, sont les bienvenus sur L’homme simple, qui s’engage à leurs côtés et aux côtés des associations militant pour l’égalité.

 

Conciliation vie privée vie professionnelle, le défi des hommes modernes

Cécile Vandorme Martin lance la rubrique sur la conciliation vie privée  vie professionnelle de L’homme simple. 

Je démarre aujourd’hui cette rubrique. Chouette, super chouette !

Une occasion en or de m’adresser aux hommes, à vous, encore trop grands absents des réflexions sur la conciliation vie privée vie professionnelle, sans parler de celles sur les stéréotypes.

Je parle beaucoup des femmes quand j’interviens en entreprise. Mais je ne vous oublie pas, vous qui êtes aussi victimes des stéréotypes de genre et de leurs conséquences qui, même s’ils sont combattus par les nombreuses lois prônant l’égalité femme-homme. Et même si on constate enfin un début de rééquilibrage lent mais certain de la place de chaque sexe dans la société. Et ceci au bénéfice de l’homme sur lesquels le poids des obligations (bread winner, présentéisme..) pèse un peu moins chaque jour.

Au risque de me répéter donc (mais comme je démarre, je préfère être sûre que vous compreniez bien) : loin de moi l’idée que les hommes soient différents dans leurs attentes, besoins et pratiques de cette « conciliation », mais leur place dans la société étant différente ils ne pourront pas l’envisager de la même façon que les femmes, qui sont jusqu’à maintenant celles pour lesquelles ont parle le plus de besoin de conciliation vie privée vie professionnelle.

Conciliation vie privée vie professionnelle ou l’équilibre nécessaire

Et je souhaite pour ce premier article faire un point sur la définition du terme « conciliation vie privée vie professionnelle »., que l’on soit un homme (ou pas).

J’en ai déjà parlé dans l’un de mes articles sur mon site web. En effet le terme même de « conciliation » (et ses synonymes : articulation des temps de vie..) est contradictoire avec ce qu’on en attend.

Oui, parce que dans le Larousse, conciliation se définit ainsi : compatibilité entre des parties opposées, des choses, des opposants dans des conflits. C’est aussi un mode de règlement de conflits. Ce qui signifierait qu’on vivrait des vies opposées au travail et à la maison.
Qu’on serait des personnes différentes au bureau et avec sa famille. Le terme conciliation est chargé négativement puisque mettant en avant des pans de la vie des hommes et des femmes qui seraient inconciliables, forcément exclusifs les uns ou les autres…avec la notion de sacrifice, de choix difficile, de perte, de conflit.

Or ce n’est pas vrai et ce n’est surtout pas la revendication des actifs actuels. Au contraire, ils recherchent tous du sens à leur(s) vie(s) : pro et perso, et à en profiter autant, de la même manière, de façon à s’épanouir.

Alors alors ?

Si on s’intéresse à l’histoire de la conciliation des temps de vie, on peut se rappeler que les francophones sont arrivés après les anglo saxons, et que le terme conciliation est la traduction (imparfaite) de work-family balance.

Or ce terme anglo saxon n’est pas forcément plus approprié. Pourquoi ? Parce qu’il est trop chargé de positif. « Balance » signifie équilibre : avec ce terme « work family balance » on suppose donc que l’équilibre est atteint entre la vie pro et la vie perso, masquant les difficultés, les renoncements et compromis que la gestion des temps familial et professionnel implique.

Alors comment faire ?

Et bien je n’ai aucune prétention créative et ne vais donc pas proposer de nouveau terme. Par contre, j’espère que par cet article vous aurez compris que tout ceci est plus compliqué/complexe qu’il n’en a l’air et que derrière un terme peut se cacher des réalités très différentes ; un peu comme avec les femmes, non ?

Cela justifie bien la création d’une nouvelle rubrique, non ?

 

Conciliation vie privée vie professionnelleCécile Vandorme Martin est spécialisée dans les ressources humaines et la conciliation vie privée vie professionnelle. Elle dirige le site féminin-business.com sur lequel elle publie de passionnants articles sur les relations hommes-femmes et la vie professionnelle.

Violence psychologique, 8 signaux d’alerte

Quels sont les signes qui indiquent que nous vivons dans une relation violente ?

La violence, dans le couple, ce n’est pas seulement donner des coups, bousculer, maintenir, pousser. Elle peut être plus sourde, plus subtile, peut-être plus dangereuse. Et elle guette les hommes comme les femmes. Le texte qui suit est écrit au masculin parce que c’est aux hommes que ce site est adressé. Le propos concerne naturellement également les femmes.

Violence psychologique

Il n’est pas question ici des querelles occasionnelles, des hauts et bas de toute relation. Mais des attitudes sur le long terme.

Contrôler, harceler, humilier, refuser d’écouter, blâmer, abuser, tromper, cacher, mentir, crier, intimider et manipuler psychologiquement sont des exemples d’abus.

Ceux d’entre nous qui ont eu une enfance bousculée, marquée par la violence psychologique ou physique ont plus de risque de vivre des relations abusives une fois adultes. Inondés de cris puis douchés d’excuses sans cesse, couverts d’un amour ponctuel, suivant des accès de colères parentaux, ils peuvent devenir des adultes qui n’ont pas conscience des signaux indiquant un abus. Ceux qui ont été grondés, corrigés, rabaissés ou abusés physiquement risquent d’être violents dans leur couple, avec leur famille à cause des cycles de violence psychologique qu’ils ont intégré.

 

Quand réagir ?

Si vous avez eu – comme beaucoup – ce type d’enfance ou simplement si vous vous interrogez sur l’état d’une relation qui ne vous satisfait plus, lisez ces huit points de vigilance pour vos relations intimes. Ce sont des signaux, des alertes. Des états d’âme qui, cumulés et répétés, indiquent que vous vivez dans une relation marquée par la violence psychologique, que vous êtes abusé :

Vous êtes exagérément attentif aux besoins des autres, au détriment des vôtres. Avec le temps qui passe, si vous êtes dans une relation abusive, vous apprenez à marcher sur des oeufs pour ne pas mettre votre partenaire en colère. Vous faisiez peut-être cela avec un de vos parents et le répétez inconsciemment. Se taire, ne pas donner votre avis, ne pas vouloir faire de remous, justifier vos attitudes par « oh, j’exagère certainement » sont tous des signes que vous ne vous écoutez pas vous-même. En fait, à chaque fois que vous vous demandez si vous devriez être fâché ou non à propos de quelque chose, c’est que vous n’écoutez pas votre voix intérieure.

Vous ne voyez plus vos amis aussi souvent qu’auparavant. Parce que vous êtes sans cesse en train d’essayer de réparer une dispute ou d’essayer d’oublier un événement douloureux de votre relation. Rater des événements sociaux ou passer un week-end à se quereller plutôt que de s’amuser ensemble est un signe de mauvaise relation. Vous pouvez vous sentir isolé parce que votre partenaire demande tout votre temps. Peut-être vous surprenez-vous même à justifier le comportement de votre partenaire, à l’excuser. Avec le temps, les victimes perdent leur estime d’eux-mêmes et questionnent leurs propres réactions, jusqu’à se reprocher leurs états d’âme.

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Vous abdiquez souvent dans d’autres situations de vie. Dans n’importe quel type de conflit, vous baissez désormais les bras. Plutôt que de défendre votre point de vue, vos besoins, vous restez muet. Peut-être à cause de la fatigue causée par tous ces conflits à la maison. Il peut vous sembler que parler de vos besoins et de vos désirs, c’est entamer une bataille. C’est maintenant plus simple de s’adapter et de renoncer plutôt que de risquer une nouvelle tension.

Vous n’êtes pas capable d’identifier ce dont vous avez besoin et ce que vous ressentez. Les enfants qui ont grandi dans des foyers en défaillance émotionnelle, dont les parents étaient en difficultés, ont appris à mettre les parents en premier, à veiller aux émotions de leurs parents plutôt qu’à leurs propres envies. Si les enfants n’apprennent pas les bons liens, les bonnes limites et ne peuvent pas se concentrer sur eux-mêmes, ils prennent l’habitude de penser hors de leurs propres besoins et grandissent en les ignorant.

Vous acceptez des dangers immédiats sans réagir. Craindre la colère de son partenaire au point d’accepter de prendre des risques sans réagir. Par exemple, la conduite automobile agressive d’un partenaire que vous n’évoquez pas et que vous supportez en serrant les dents pour ne pas le faire exploser.

Vous vivez fatigué. La fatigue et le doute systématique sur ses propres avis sont des signes d’une relation malsaine. Lorsque vous avez du mal à prendre des décisions par vous-même, que vous pensez que vos raisonnements deviennent brumeux et prenez l’habitude de vous questionner vous-même plus souvent que vous vous fiez à ce que vous savez.

Vous acceptez des relations sexuelles sans désir. Avoir des relations sexuelles sans en avoir envie régulièrement, pour conserver la paix. A chaque fois que vous vous trouvez en train de faire quelque chose que vous ne voulez vraiment pas uniquement pour préserver la paix et éviter une colère, vous renoncer à votre autonomie et à votre pouvoir sur vous-même.

Vous répétez des cycles de ruptures et de réconciliations. Connaître de vraies ruptures, suivies de pardons et de retour ensemble, en oubliant les mauvaises attitudes. Donner une nouvelle chance et croire à des promesses vides qui ne deviennent jamais réalité.

 

Ca ira mieux demain

Beaucoup de victimes d’une forme de violence psychologique veulent croire que leur partenaire a changé, croire à un nouveau départ. Elles espèrent que leur amour peut surmonter tous les obstacles.

Quand les enfants qui ont vécu dans un environnement violent ne peuvent pas échapper à des parents colériques, ils apprennent à justifier les mauvais comportement, parce qu’ils ne peuvent pas rompre avec eux. Ils prennent l’habitude d’espérer que leurs parents vont changer. Ce cycle s’intègre. Devient inconscient.

Le vrai amour est un échange. Bien sûr, il faut parfois faire des choses dont nous n’avons pas vraiment envie pour le bien de notre partenaire. Mais on sait, dans nos coeurs, quand cela arrive trop régulièrement.

Le vrai amour entre deux personnes saines permet de respecter des limites, de partager les responsabilités en cas de problèmes et de chercher des solutions sans abus de langage ou manifestations de colère.

La bonne nouvelle, c’est que lorsque vous l’avez, lorsque vous l’avez vraiment, vous regardez en arrière et réalisez que vous n’oublierez jamais les signes d’une relation abusive que vous avez connu. A laquelle vous avez participé.

Les yeux grands ouverts sur la façon dont vous avez été traité et la façon dont vous souhaitez l’être à l’avenir. Cette révélation vous rend beaucoup plus fort. Et plus intelligent. Et capable de tendre la main à ceux autour de vous qui vivent peut-être dans un couple marqué par la violence psychologique. Un par un, on se réveille, on dit non, et on progresse pour toujours.