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Comment ils m’ont appris à baiser comme un cowboy

cowboy

Comment je croyais que je devais « dompter » ma première partenaire sexuelle. Et pourquoi j’avais tort.

J’étais un peu en retard. J’ai fait l’amour pour la première fois à 17 ans. Je sais.

Faire l’amour avec une femme avait été dans mes conversations avec mes camarades depuis des années quand c’est arrivé la première fois. C’était LE sujet de plaisanteries, de rêves, de défis et d’histoires incroyables des mâles dominant de ma classe. A propos de leurs triomphes, sur les terrains de batailles féminins. Et oui, bien sûr, c’était une discipline de compétition entre tous les garçons que je connaissais.

Ca me terrorisait.

La découverte des relations sexuelles est souvent la plus grande peur des garçons. Mais la culture patriarcale, si puissante, nous fait exprimer nos angoisses de manières malsaines.

Taïaut !

Avant ma première aventure sexuelle, j’avais appris. Je savais que c’était l’accomplissement le plus important pour un homme. L’oppression sexuelle sur les filles était naturellement incluse dans ce conte de la sexualité masculine.

J’ai reçu des leçons des hommes adultes qui  m’entouraient. Et comme ils étaient mes formateurs en matière de vie intime – à défaut d’autres conseils – ce que j’avais compris de leurs recommandations, c’était tout ce que j’avais à l’heure de me lancer dans ma vie sexuelle :

  • Au lit, sois fort. Aime ça.
  • Les femmes sont des cibles. Fais des plaisanteries sur leur activité sexuelle vraisemblable et sur leur probables performances.
  • Les femmes sont faibles. Note : excellent sujet pour des plaisanteries.
  • Acceptable : l’usage commercial du corps des femmes (prostitution, objectification publicitaire, etc.)
  • Acceptable, voire cool : soupirer bruyamment en voyant un corps de femme nue
  • Encouragé : l’indiscutable besoin de l’homme d’avoir beaucoup de partenaires sexuelles.

Les histoires de vestiaires de mon enfance sont une triste démonstration de ce que la masculinité hégémonique a fait de nous. Je sais, les autres garçons avaient sûrement autant peur que moi. Ceux qui criaient leurs victoires mentaient souvent. Ou racontaient les histoires de leurs frères (qui étaient des mensonges également, j’imagine.). Mais je ne savais pas tout ça.

J’étais intrigué et terrifié à l’approche de ma première expérience sexuelle. Mais le patriarcat m’a appris à ne pas parler de cette peur. Au lieu de cela, tous mes modèles masculins, mon père, mes oncles, les amis de mes parents, mes professeurs et entraîneurs de foot (je pense qu’il est inutile de parler des curés) me pressaient sans le vouloir – verbalement et non-verbalement – à prouver ma masculinité. En participant à une compétition à laquelle je ne m’étais pas inscrit.

J’étais attiré par les filles. Heureusement ! Quand je repense à ces années, je ne peux que m’imaginer à quel point ce doit être oppressant de faire face à cette mission pour les garçons qui s’interrogeaient sur leurs préférences sexuelles.

Le cowboy est un homme avec du cran et un cheval

Je ne suis pas connaisseur de la vie intime des éleveurs d’animaux. Et dois donc m’excuser auprès des cowboys au bon comportement. Mais ils étaient – dans mon imagination – les hommes que nous devions tous devenir. L’idéal. Ils incarnaient la vraie masculinité qu’on m’a apprise.

Dans mon imagination d’adolescent, être un cowboy au lit était l’objectif.

Je m’imaginais plus ou moins que mes premiers assauts (c’était ainsi que c’était défini, oui – partager n’était pas dans le champ lexical de ces conversations) sur une fille ressemblerait à attraper un bouvillon au lasso ou à monter un cheval sauvage.

Je peux encore ressentir cette peur de mes 17 ans. Considérer à nouveau qu’embrasser cette fille risquait de m’embarquer dans mon premier rodéo. L’extrême difficulté de l’exercice me terrorisait.

Il y avait encore un autre objectif, que j’avais intégré : d’une manière ou d’une autre, il fallait trouver des femmes, des amis (ou n’importe qui) qui puisse dire à quel point j’étais large, long, dur et – par-dessus tout – endurant au lit. Ca, c’était le Graal !

A côté de cette nécessité d’être un cowboy, je devais aussi être un chevalier. Mon pénis était une épée. Erigée nécessairement, pour affronter l’ennemi, dans n’importe quel champ de bataille intime.

Pendant plusieurs mois de ma vie d’adolescent, le seul intérêt qu’avaient les femmes c’était qu’elles pouvaient sucer mon sexe. Je ne savais pas comment cela se pouvait, ni si j’avais vraiment envie de le mettre dans la bouche de quelqu’un. Mais tous les garçons étaient d’accord pour dire que c’était un partie du rôle qu’elles avaient.

Tout cet héritage culturel me mettait un sacrée pression. Pour ma première aventure, j’avais l’impression que j’allais concourir dans une grande compétition.

Personnellement, j’ai inventé plusieurs rapports sexuels plusieurs mois avant de réellement vivre mon premier.  Je le racontais à mes amis. Même aux filles. J’ai construit des histoires d’orgasmes que j’avais provoqués à plusieurs partenaires qui n’existaient pas. Pour éviter l’exclusion. Pour rester membre du groupe des mâles dominant plongeant dans la vie d’adulte en étant convaincus que la vie sexuelle était une affaire de cowboy : tue en premier, discute après.

Physiquement invalide, émotionellement renforcé

Cette conception violente de ce que le sexe était a duré jusqu’à un moment précis.

C’était après avoir fait l’amour une dizaine de fois. J’ai réalisé que je n’étais pas seulement en retard, mais que j’étais en outre probablement invalide sexuellement. Je n’étais pas capable de performer comme un cowboy.

Mon épée ne restait pas longue et dure durant la bataille. Je n’étais pas capable de mener un assaut sexuel sur ma partenaire comme un homme devait le faire. J’étais si triste. Si déçu. J’ai senti une défaillance.

J’allais demander un conseil médical. Pour satisfaire à la norme dont ils parlaient tous. Mais j’ai réalisé que j’avais tort sur tout. Grâce à elle. A sa compréhension et à son écoute. Parce qu’elle a trouvé les mots et les silences pour faire vivre mes doutes et mes angoisses. Avec elle, j’ai appris que faire l’amour était un acte à partager.

Finalement, j’ai découvert que les rapports sexuels étaient un acte d’amour. Un moment enchanté ou les partenaires sont assez proches pour s’engager dans un échange curieux, sensuel ou rien n’est défini. Ou les surprises arrivent. Et où on a le droit de ressentir et d’exprimer des émotions. Ce n’était pas un combat, le pénis n’était pas une arme contre les parties génitales féminines.

Je me demande maintenant dans quel genre de comportement violent les garçons qui n’ont pas la chance de réviser leurs objectifs s’engagent. Sur leurs partenaires ou sur eux-mêmes. Comment les jeunes hommes gèrent leurs frustrations de ne pas être une machine sexuelle le premier soir et tous les suivants. Ce fantasme sur les cowboys mène-t’il à la violence de genre ? Je n’en suis pas sûr, mais je vois pas mal de liens.

Ce que j’ai appris

On grandit. On a des enfants. Et je crois que c’est essentiel qu’on arrête de filer à nos garçons l’idée que les filles sont notre Guadalcanal, un drapeau qu’il faut conquérir, dominer et contraindre à l’asservissement sexuel à travers des comportements violents.

Si on tempère ça tôt dans leur développement, on sera capables d’éviter de contribuer à la construction de pressions sociales douloureuses qu’ils ressentiront évidemment au sujet de leurs expériences et performances sexuelles.

Nous pourrions essayer d’apprendre à nos garçons ce que nous aurions voulu savoir : faire l’amour est un échange. Durant lequel l’homme n’a pas davantage de contrôle que la femme. Qu’en matière de sexe, l’homme n’est pas chargé de choisir seul la manière, le moment, la durée ou la quantité de bestialité. 

Voir le sexe comme une bataille, une compétition ou une action unilatérale peut causer des dommages sévères dans les vies des hommes adultes et de leurs proches.

Les dépressions, les suicides de garçons fragiles émotionnellement, les souffrances des adolescents dont les préférences sexuelles s’écartent de la norme hétérosexuelle active face aux jugements de leurs camarades modelés par le modèle patriarcal et compétitif sont causés par l’idée commune que la seule manière pour un homme de vivre une vie intime est d’affronter de nombreuses femmes.

Changeons cela, en nous souvenant de ce que nous ressentions et de ce que nous avions désespérément besoin d’entendre.

Gregory Jaquet

Note de publication : cet article a été publié par l’auteur en anglais sur le site The Good Men Projet le 19 octobre 2013. Il peut être consulté ici.

 

Egalité homme femme, comment en parler aux hommes ?

Les premier à avoir intérêt à en parler de l’égalité homme femme, c’est encore nous les hommes ! Et le meilleur angle qu’on puisse choisir, c’est d’entreprendre une sérieuse auto-révision. C’est le propos du travail de l’institut WEM, à San José, pour lequel je travaille et celui de ce blog.

Mal-être

Petit homme déjà, on m’apprenait que montrer de l’empathie ou de la compassion, c’était de la faiblesse. J’ai su que je devais taire mes émotions, mes douleurs, mes colères, accepter la compétition et prouver ma virilité bien avant de savoir écrire.

Sans parler – et pourtant il faudrait le faire – de mes doutes sur mes préférences sexuelles; l’hétérosexualité étant obligatoire, évidente, indiscutable.

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Je ne comprends pas bien pourquoi depuis ma naissance, je me sens contraint de prouver sans cesse ma valeur, mon courage, mon hommitude, mes succès et mes forces.

Et de taire toute nuance, cacher les doutes et les angoisses. Mais c’est ce que la masculinité occidentale moderne a fait de moi !

Ce que j’ai hérité de mon père, des mes oncles, de mes camarades, de mes profs, des mes entraîneurs de foot, de Super Mario Bros, de James Bond et du coq Kellog’s. Ce que j’ai hérité aussi de leurs compagnes silencieuses.

Les relations, le désir, l’attention aux autres, la compassion, c’était pour les femmes. Et ce qui était pour les femmes, pour moi, c’était… mal. On peut dire aussi que ce qui a un genre féminin était dévalorisé. Sous-estimé. Inutile. Futile. A éviter. En tous les cas : à taire.

Si je ne me trompe pas trop lourdement, je ne suis pas seul. Les adolescents avec qui je rivalisais pour avoir la plus grosse (quel que soit l’objet mesuré) en sont aussi, forcément.

Ceux qui, comme moi, ont enfilé un masque chaque matin avant d’aller au travail ou à l’école. Ont choisi des vêtements, une démarche, un ton, un vocabulaire et des goûts en fonction de ce qu’ils croyaient viril, de ce qui leur donnait du pouvoir, du contrôle. 

Quand Thomas s’est suicidé en 2007 ou 2008 – je ne me souviens pas très bien – j’ai pensé qu’il y avait un lien avec le fait qu’il était manifestement celui qui avait perdu la compétition de la virilité pendant notre enfance. Quinze ans après les brimades que je lui infligeais – à cause de ses cheveux longs, de ses lunettes à verres épais et de son goût pour la musique classique avec les autres aspirants-mâles de l’école – il s’est tiré une balle de fusil dans le visage.

Ce n’était sûrement pas seulement à cause du machisme.

Crédit image : Tumblr
Crédit image : Tumblr

 

Violences faites aux femmes

Masquer nos émotions et galvaniser les discriminations, les manifestations d’autorité, ça fabrique des petits frustrés. Qui deviennent grand et gèrent plus ou moins bien le pouvoir dont ils se croient les dépositaires !

En un rapide coup d’oeil, on constate que l’échec scolaire concerne, pour 70% environ, les garçons. La majorité des viols, des agressions et des homicides sont commis par des hommes et deux fois plus d’hommes que de femmes se suicident.

Les hommes que je rencontre ici, à l’institut WEM partagent une impossibilité à reconnaître leurs faiblesses qui les a presque tous menés à des actes violents. Psychologiques ou physiques. Envers leurs compagnes et leurs enfants.

Moi, petit garçon, j’ai beaucoup entendu ça :

  • Ne pleure pas, tu es un garçon, ce sont les filles qui pleurent
  • Reprends-toi, il ne s’est rien passé.
  • Sois un homme
  • Ne fais pas ta femmelette
  • Ce n’est pas une femme qui va décider pour toi
  • Comporte-toi comme un homme
  • Tu devras être fort
  • Quand tu seras un homme
  • Tu cours comme une femme

Quelles chance nous avons de devenir des êtres sensibles, doués de compassion et d’empathie ? Comment parler de nos doutes et, surtout de nos peurs. De nos tendresses et de nos faiblesses ? Et comment les surmonter sans déprimer, sans échouer ?

 

Meilleur espoir masculin

Je me suis passionné par la question des masculinités en ayant ma première fille. Les efforts que j’ai déployés pour parvenir, à la barbe d’un tas de gens bien intentionnés, à être un père intégral, m’ont harassé. Je voulais être la moitié de ses parents. La moitié, pas moins.

Etre exactement autant concerné par l’éducation de mes enfants que ma compagne. Je voulais que lorsqu’il faudrait que quelqu’un interrompe sa journée de travail pour s’occuper d’une de nos deux filles malade, il faille faire un choix et qu’au moins une fois sur deux, ce soit moi, simplement parce que c’est juste ! 

En épousant cette cause du haut de mon statut privilégié de naissance d’homme blanc, riche et en bonne santé, j’ai bataillé ferme contre une nébuleuse difficile à vaincre : le patriarcat. Qui n’est pas une règle, mais une circonstance. De celles qui sont si rarement discutées qu’elles sont établies.

Que penser alors de tous mes copains, tous mes congénères, qui pourraient éventuellement songer à épouser la lutte féministe par l’exemple et qui ne sont pas privilégié comme je l’étais. Que penser hein ? Et bien c’est assez clair. Il faut en penser que ce n’est pas possible. Et si on ne crée pas des conditions exprès pour que ça change, bien adaptées aux hommes et à eux seuls, on peut toujours aller gueuler pour des quotas ou se promener les miches crayonnées de slogans, la charrue sera toujours derrière les boeufs et le sillon bien droit. Voilà !

 Âmes invalides et bras noueux

Le problème des violences faites aux femmes ne sera pas résolu si nos comportements actuels, à nous les hommes continuent à être les modèles à imiter. Pour remettre en cause le patriarcat, il faut nous parler directement. Dans notre vocabulaire, avec nos codes. Et aborder des solutions dans lesquelles nous comprenons notre intérêt individuel, intime. 

boy in pink shoes

La distribution des rôles actuelle, entre hommes et femmes est problématique. Pas uniquement pour les femmes. L’invalidité émotionnelle nous fait souffrir et nous le reprocher sans autre construction, c’est comme pisser dans un violon.

Pour promouvoir une réforme de notre comportement vis-à-vis des femmes, de nous-mêmes et des autres hommes, il faut commencer à travailler avec nous. Pour nous. Dans un langage qui comprend notre format culturel, biaisé, dénaturé, mais existant.

Des organisations, des campagnes et des blogs se créent petit à petit, abordant la question de l’égalité des sexes du point de vue masculin. J’ai la chance de travailler pour l’une de ces organisations, l’institut WEM, en Amérique centrale. Mon expérience ici m’a donné envie de créer ce site. Pour partager. Et pour susciter la réflexion.

Ce blog ne veut pas être un lieu de réflexion destiné exclusivement aux professionnels, aux féministes travaillant déjà à l’idéal égalitaire ou aux hommes révisés. Non. Il s’adresse aux hommes susceptibles de réviser leur masculinité, intéressés par les discussions, ouverts aux dialogues sur ce qui nous amène souvent à adopter des attitudes problématiques malgré nous.

Décoder les schémas de pensée machiste inculqués aux hommes par la société, par la culture. Déconstruire nos relations avec nous-mêmes, avec les autres hommes, avec les femmes et les enfants. Pour voir clair dans ce qui est souhaitable et ce qui est un héritage qui nous enferme et nous condamne à un autisme sentimental dommageable.

Responsable, mais pas coupable

L’idée moderne des organisations travaillant sur les masculinités est que nous ne sommes pas individuellement responsables de notre comportement activement ou passivement sexiste. Que nous avons reçu cet héritage. Lourd, martelé, omniprésent.

Et qu’en nous permettant d’en prendre conscience, la révision devient possible. Cela fait mal au féministes, souvent, de s’entendre dire que l’homme, pour oppresseur qu’il soit, est également victime de cette oppression puisqu’il est contraint de vivre dans ce schéma. C’est compréhensible.

Mais ce propos nuancé, s’il est choquant sous un angle, est quand même utile. Il l’est notamment pour permettre une démarche éducative. Si on part de l’idée que les hommes peuvent changer, devenir meilleurs, alors il est opportun de leur donner la chance d’expliquer leurs attitudes par un facteur autre que leur misérable esprit.

C’est ce que je découvre ici, à l’institut WEM, où les hommes, très nombreux, se sentent profondément émus par les explications qui font à la fois d’eux des oppresseurs perpétuant un patriarcat injuste et des victimes de ce système dans lequel on ne leur a pas permis de voir clair.

Je crois que cette réalité existe dans l’ensemble du monde occidental et pas seulement dans l’Amérique latine machiste aux mâles roulant les épaules. Que ce qui est réalisé ici vaut aussi pour ma région d’origine. Et je crois que cette révision de la masculinité doit être promue. Que les hommes doivent pouvoir entendre ce message qui leur propose un recyclage qui leur est directement profitable, à eux.

Je crois surtout que, s’il faut renforcer encore le combat pour l’égalité des sexes du point de vue des femmes oppressées, la sensibilisation et la prise en main de nous autres, les hommes, de notre point de vue, a de meilleures chances de générer un changement qu’une lutte qui passe au-dessus de beaucoup d’entre nous.

Les méthodes d’éducation populaire et de thérapies en groupe utilisées à WEM sont excellentes. Elles permettent de toucher tout le monde sans infantiliser ni sur-intellectualiser. Elles permettent de générer des espaces d’expression des émotions. Le point-clé, la pierre d’achoppement, la valve qui nous fait souffler enfin.

Rompre notre omerta intime, qui nous fait chasser la peur, la tristesse, la colère du registre de nos émotions depuis notre naissance de garçon.

Féminisme masculin

Il pose un problème de base. Celui du paradoxe initial de la parole donnée à l’oppresseur pour gloser sur l’oppression. Parce qu’en terme de prise de parole aussi, le système patriarcal fait son travail, y a pas de raisons !

J’adhère aux thèses des adversaires d’un féminisme masculin concentré sur des concepts, des théories et distancé des vrais changements possibles. Et sur les dangers du néopaternalisme.

Mais dans le travail de WEM, en Amérique latine, et dans toutes les associations qui travaillent à travers le monde à une remise en question des masculinités, l’intervention des hommes féministes est pertinente.

Pour avoir vu à l’oeuvre ces hommes, convaincus d’avoir sauvegardé leur masculinité tout en ayant profondément révisé leurs rapports aux autres humains et à leurs émotions intimes, chargés de l’éducation d’autres hommes, je crois désormais fermement qu’un monde meilleur est possible en terme de relations humaines.

Et que cela passe par une éducation des hommes par les hommes. Il est temps d’ouvrir le dialogue sur la question qui gêne, Messieurs !