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12 choses idiotes qui nous préoccupent beaucoup trop

Mark Manson explique comment toutes ces préoccupations sont plus douloureuses qu’on le pense.

1. C’est de la faute à qui ?

C’est fou le temps, l’énergie et surtout la colère qu’on s’épargnerait si on commençait à renoncer à s’en préoccuper !

Imaginons cette situation: Disons que vous babysittez deux enfants (ou que ce sont les vôtres, peu importe) et qu’ils courent comme des dératés en tous sens comme font les enfants à cause de leurs petits cerveaux et de leur immaturité émotionnelle. Il y a peut-être d’autres raisons, mais je ne les connais pas, notez.

Soudain, vous entendez le bruit d’un grand choc. En arrivant dans la chambre ventre à terre, le vase ultra sacré de grand-maman fait à la main par elle-même dans un camp de concentration et valant 5 millions de francs selon les dernières estimations est tombé de la table et s’est brisé en mille morceaux (ou plus, ceci n’étant pas non plus pertinent pour la démonstration).

Que se passe-t-il ?

Les deux enfants se pointent mutuellement du doigt. Ils ont établi leurs lignes de défense. Ils se mettent à gémir, vagir, ruer, enfin toutes ces choses que les enfants font au quotidien. Disons maintenant que l’un d’entre eux présente une histoire qui semble plus réelle. Un alibi. Ajoutons à cela que l’autre enfant est une petite tête teigneuse aux habitudes dévastogènes (oui, c’est un mot qui n’existe pas et qui signifie dans mon langage qui est à l’origine de dévastation). Et que donc, de toutes façons, vous aviez pensé à lui dès le bruit de choc.

Que faites-vous ?

Rien. Vous les punissez tous les deux ou ne faites rien.

Choses idiotes

Ils faisaient les ânes tous les deux autours d’objets précieux. Tous les deux ont été suffisamment négligents pour avoir pu générer la casse. Le vase est cassé et ne reviendra jamais.

On pourrait même ajouter que c’est de votre faute. Que mettre des objets fragiles à proximité des endroits de jeu des enfants était risqué (imbécile!)

On passe tellement de temps à chercher le responsable. Même lorsque ça ne sert à rien. Commandez une entrecôte dans un restaurant et recevez-la tiède, dure et insuffisamment cuite. Vous ressentez le besoin de blâmer le cuisinier, faites venir le sommelier et vous lancez dans une tirade incendiaire. Mais c’est peut-être la faute de l’aide-cuisinier, du directeur, du fournisseur, de la communication dans le restaurant.

Mais non. C’est la faute du Chef. Merde au Chef. Virez-le!

C’est humain, le processus du bouc émissaire. Nous avons besoin d’un bouc émissaire. Prenons le gouvernement. Un système bureaucratique pourri, perverti par des années d’immobilisme et de résistance au changement, est inefficace au possible et gaspille le temps et l’argent public. Et alors quoi ? Quelques personnes sont blâmées, éventuellement virées et le système continue. Le public, satisfait retourne à ses moutons.

Il y a des moments où c’est important de savoir qui est le fautif. Par exemple lorsqu’on s’engage dans une guerre nucléaire. Ou lorsque quelqu’un a pissé sur la lunette des toilettes (le fait que les toilettes soient protégées par un lunette, j’ai jamais pu m’y faire, jusqu’à ma mort j’aurai l’impression de pisser dans un oeil). Mais dans la plupart des cas, la très grande majorité des cas, c’est une distraction inutile. Cela nous sert éventuellement à gratifier nos égos en nous sentant supérieurs aux innocents que nous conchions (ça fait beaucoup de vulgarité pour un si court article, je demande pardon), mais assez peu à l’émancipation humaine.

Ce qui est fait est fait. Acceptons-le et allons de l’avant.

2. Rumeurs sur les célébrités et les sportifs

Ces gens n’affectent nos vies directement en aucune manière. Notre obsession pour eux est pire que du divertissement futile, c’est une façon de vivre bien pauvre à travers les idéalisations de personnes qu’on aimerait être – si on n’était pas si effrayé de quitter nos canapés pour faire quelque chose réellement. Voilà. C’est dit.

Choses idiotes

Lil’Wayne, a qui on a demandé si cela comptait pour lui que des gens cherchent une façon de vivre en s’inspirant de lui, répondit ceci: « si vous avez besoin d’un rappeur pour vous dire comment vivre votre vie, c’est que vous n’en avez peut-être pas ».

3. Jalousie sexuelle

Combien d’entre nous deviennent jaloux et possessifs avec leur partenaire. Tous ? Non, pas tous. Mais une quantité énorme. Comme si cela allait de pair. Comme si la jalousie faisait partie du paquet nommé Je t’aime.

Nous n’aimons pas voir notre partenaire parler à quelqu’un d’autre, traîner avec des personnes du sexe opposés (pire encore si ces personnes sont agréables). C’est parfois même pire: nous devenons jaloux de faits qui se sont produits avant leur rencontre avec leur partenaire! On devient jaloux d’événements qui pourraient se produire dans le futur. Et le final: on est jaloux à cause d’événements qui ne se sont pas produit, mais qui auraient pu se produire.

La jalousie sexuelle est une perte d’énergie et un poison pour nos relations.

C’est assez simple: ou tu considères ton partenaire ou tu ne le considères pas

Si tu le considères, alors ferme-la. Si tu ne le considères pas , rends service à tout le monde et quitte-le.

Bon, mais que dois-je faire si je le considère mais il me ment quand même ?

Alors sachez qu’un jour vous l’apprendrez. Les gens malhonnêtes ne peuvent pas cacher leur malhonnêteté pour toujours. Cela remontera à la surface et deviendra évident. Ce jour-là, quitte le.

Choses idiotes

Le pire dans la jalousie sexuelle c’est que cela conduit nos partenaires à commettre exactement les actions qu’on essaie d’éviter. Imagines que tu fréquente quelqu’un et que cette personne est maladivement jalouse. Quoi que tu fasses, il-elle vous accuse de lui mentir ou tourne autour de vous nerveusement. Si vous parlez à une personne du sexe opposé, il-elle vous accuse de flirter. Il-elle est mort d’angoisse à l’idée de que couchiez avec une dizaine d’autres personnes.

Qu’est-ce qui vous empêche de tromper votre partenaire ? Je veux dire, vous serez couvert de reproches et de soupçons, que vous soyez honnête ou que vous ne le soyez pas. Votre partenaire pense que vous êtes malhonnête de toutes manières, alors autant profiter au moins des avantages de la malhonnêteté, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qui vous empêche de tromper, à ce stade ? Plus grand chose.

4. Avoir raison

Il y a ce proverbe: Celui qui sait tout n’apprend rien. Débarassons-nous de la nécessité d’avoir toujours raison.

Choses idiotes

Celle-ci est vraiment simple. Comment apprenons-nous et nous améliorons-nous et devenons-nous une meilleure personne ? En nous trompant. Essayons donc de nous tromper un peu plus souvent.

Soit dit en passant, il n’y a pas grand chose de pire que ceux qui argumentent jusqu’à la mort au sujet de détails sans conséquences dans le débat. J’ai envie de frapper ces gens-là, souvent.

(OK, je n’ai pas réellement envie de les frapper. Mais n’oublie pas de partager cet article sur Facebook et de dire à tes amis comment ce type frappe les gens qui l’ennuient et à quel point c’est formidable.)

5. La politique nationale

Quizz instantané: nomme le maire de ta ville et un de tes représentants à l’assemblée.

Tu n’y arrives pas ? Alors pourquoi est-ce que tu ne la fermes pas sur Hollande, Harper, Di Rupo ou Berset ?

Nos vies sont largement plus affectées par les résultats de la politique locale. Et pourtant tout le monde s’en cogne, à part les vieux, les nonnes et les théoriciens du complot. Mais par contre, on veut tous se concentrer sur la grande scène.

En France surtout, on place beaucoup d’importance sur le Président. Alors qu’il n’a qu’un pouvoir très limité sur nos vies. Mais c’est une personnalité qu’on peut flageller ensemble. C’est facile d’argumenter et de le rendre responsable de tous nos maux (voire point 1), alors que réellement la route en mauvais état devant notre maison, l’état de l’hôpital régional et les heures d’attentes à son guichet, le dézonage parcellaire qui pourrit votre voisinage et la crise de l’éducation sont les vrais sujets qui vous posent des problèmes. Sujets qui dépendent des villes et des provinces.

La politique nationale compte. Mais elle reçoit une quantité d’attention et d’importance complètement disproportionnée. Les politiciens nationaux génèrent de l’écoute et donc des profits pour les médias nationaux. Ils sont donc reçus à l’antenne souvent. Pour cela, tout le monde perd son calme à leur propos.

6. Essayer d’impressionner les gens

Prenons un moment et essayons de trouver quels sont les trois moments les plus embarrassant que vous avez vécu dans l’histoire récente. Je parie que deux d’entre eux au moins se sont produits lorsque vous essayiez d’impressionner quelqu’un.

Essayer d’impressionner d’autres personnes, c’est humain. Certes. On veut tous se montrer sous notre meilleur jour. La raison pour laquelle cela marche rarement, c’est parce que les humains sont capables de distinguer les motivations des actes. Tu peux faire quelque chose de brave. Mais si tu le fais parce que tu veux que les gens t’aime et parce que tu n’es pas sûr de toi, les gens s’en rendront compte. Et trouveront ça ennuyeux. Modèle: Bono, de U2.

Le second niveau de celle-ci: les personnes qui écoutent ce que vous dites et vous expliquent ensuite ce qu’elles ont fait de mieux, de plus étonnant, de plus grand, de plus difficile sont si ennuyeuses.

Elles essaient de vous impressionner, de vous dominer, de démontrer leur supériorité par rapport à vous. Et le fait qu’elles essaient de vous être supérieur prouve qu’elles ne le sont pas.

8. Etre offensé

Il y a des gens, sur cette planète, qui pensent qu’elles ont le droit de n’être jamais offensées. Ca me rend malade.

Une partie de la liberté d’expression, c’est que des personnes, parfois, vont vous ennuyer ou vous offenser. Cela fait partie de la vie.

Etre offensé est un choix. C’est toute la différence entre recevoir une insulte par la colère ou par le rire.

C’est la différence entre la tentative de faire taire quelqu’un et lui faire simplement savoir qu’il a des valeurs différentes des nôtres (même si ses valeurs vous débectent).

Ce blog reçoit des nombreux commentaires offensants. Je ne les efface jamais. Récemment, un homme a choisi de publier quatre commentaire incendiaires sur quatre articles différents et d’argumenter pendant une journée entière sur l’inanité de mes propos et la débilité des prises de positions. Au lieu de convoquer mes grands chevaux, je lui ai dit que nous n’étions d’accord sur rien et qu’il avait du caca dans la bouche. Je l’ai probablement offensé en retour. Nous ne sommes pas amis. C’est fou non, comme une société libre fonctionne.

9. Acheter un tas de trucs fantastiques

Acheter des choses (en dehors du nécessaire) permet d’atteindre deux buts: 1) impressionner d’autres gens ou 2) se sentir bien avec soi-même.

On a déjà abordé l’immense intérêt qu’a la manie de chercher à impressionner les autres (attention: cette phrase était ironique). Ajoutons le délicieux effet de ces acquisitions: la jalousie que ces achats inspirent chez les autres, ce qui a tendance à rendre les gens gentils en connards. Qui pourraient ensuite vous offenser. Pas bon.

Voyons le second objectif: se sentir mieux. Des montagnes de recherches démontrent que le matérialisme mène à des taux de dépression plus haut et de bonheur plus bas. Il y a une raison au fait que les pays les plus riches sont ceux dont le taux de suicide est le plus haut. Dépendre de la validation extérieure à soi-même pour se sentir bien cause une baisse de l’estime de soi et nous rend triste. Arrêtons-nous ici.

Evidemment, acheter des objets de luxe est agréable. Si vous avez de l’argent à gaspiller, il n’y a rien de mal à ça. Mais baser nos identités et notre sentiment de valeur dans la qualité des objets que nous possédons et à quel point celles-ci impressionnent les autres est une bataille perdue d’avance. Même si tu gagnes et que tes jouets sont les plus gros, tu perds.

10. Faire la queue durant 36 heures pour acheter un nouveau produit le jour de sa sortie.

Sérieusement, tu n’as rien de meilleur à faire? Et si non, est-ce que ce n’est pas un problème?

Rentre chez toi, l’Iphone 5 sera toujours là demain.

11. Cacher ses faiblesses.

Les gens tombent amoureux les uns des autres à causes de leurs angles. Paradoxalement, ce sont nos faiblesses et nos vulnérabilités qui nous rendent uniques et  intéressants pour les autres. Plus nous révélons ce qui nous touche, plus l’intimité et la connection que nous générerons sera grande. Et plus nous serons sains et heureux à long terme.

C’est inquiétant, vraiment, à quel point notre culture encourage à vivre de plus en plus à la poursuite d’un but innatteignable: un vase vide de perfection.

Mike Tyson a dit: « Si vous êtes célèbre, cela ne signifie par que vous avez du succès ». Dans cette phrase, on peut remplacer célèbre par « riche », « beau », « populaire », « intelligent » ou une myriade d’autres adjectifs.

D’où vient le vrai succès ?

Il vient de la satisfaction. Non pas parce que nous avons atteint Dieu sait quel pinnacle. Mais parce que nous sommes satisfait de nos progrès constants. Reconnaître que notre vie est plein de plaies, de bosses et d’erreurs et les apprécier comme autant de succès. Parce que lorsqu’on apprécie nos erreurs, elles perdent leur pouvoir sur nous. Elles cessent d’être nos faiblesses et deviennent nos forces. Et, ironie du sort, elles attireront bien plus de gens auprès de vous.

Paru initialement sur MarkManson.net et The Good Men Project

Adapté en français par L’homme simple

Choses stupidesMark Manson est coach personnel, écrivain et voyageur. Il écrit sur la façon dont les gens peuvent améliorer leur vie émotionnelle et leur relations amoureuses. Sur son blog, MarkManson.net, il publie également des commentaires sociaux et des expériences de vie. Facebook et Twitter

Images credits : Flickr/Cuito Cuanavale, Wherever Panda, Petteri Sulonen, Sophiemandilaras

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5 étapes pour maîtriser sa colère comme un homme

Apprendre une méthode pour maitriser ces excès de colère qui pourrissent la vie des hommes.

Je suis heureux. J’aime ma vie, ma femme et mes enfants. Je crois que les choix que j’ai fait son les bons. La qualité de ma vie est proche de mes rêves raisonnables (très loin bien sûr de ce rêve là, vous savez… bref !).

Alors pourquoi est-ce que je ressens régulièrement cette colère qui me tue et qui désespère mes proches ? Qui met en danger ma relation de couple pour des futilités.

La colère est utile

Ces jours-là – c’est difficile à expliquer – je rentre à la maison après une journée de travail, une activité individuelle ou une réunion de famille. Et c’est comme si j’étais soudain cerné, enfermé dans un endroit hostile. Tout ici m’agace. Nettoyer, cuisiner, payer les factures, les cris de tout le monde. Et tous ces petits conflits avec elle. Qui durent depuis des années, sans avoir jamais été enterrés. Ni oubliés.

J’ai appris, dans les groupes de parole pour hommes que notre colère est une émotion humaine de base, saine et utile. Comme la tristesse, le bonheur ou la peur. On peut la comprendre et même la dominer. En suivant quelques étapes.

Note : je vis plus en paix avec mes émotions maintenant. Mais il y a encore du travail. Il m’arrive encore de craquer complètement, après une querelle pourtant futile et sans fondement. Et de penser que tout est fini, que je vais perdre ma femme et mes enfants (et mon écran LCD 27 pouces).

1. Sentir la colère monter en nous

Ca peut paraître idiot. Mais il m’arrive souvent que quelqu’un me dise « tu as l’air en colère » ou « est-ce que ça va, tu n’as pas l’air bien ? » en me regardant, parfois avec un peu de peur dans les yeux. Ma réponse est souvent « oui ». Et je crois vraiment que je vais bien. Et je réalise ensuite que non, je ne vais pas bien. Quelque chose ne va pas et je ne sais pas quoi.

Nous, les hommes, avons du mal à nommer nos émotions. Ce n’est pas exclusivement de notre faute. Par l’éducation et la culture patriarcale, nous sommes devenus des invalides émotionnels, dissimulant nos émotions ou les exprimant uniquement avec la violence.

Comment sentir la colère qui arrive ?

Quand la colère monte en nous, elle provoque des changements dans notre corps. La première étape est donc d’apprendre à les connaître et d’identifier la colère quand elle arrive, avant qu’elle ne soit remarquée par d’autres. Avant même que nous en ayons conscience.

Il y a plusieurs types d’effets physiologiques et chaque homme devrait chercher à identifier ceux qui lui correspondent. Les joues chauffent, le coeur bat plus vite, le dos se raidit, les articulations se rigidifient, le souffle devient plus court, les mâchoires se serrent, soupirs incontrôlés, les yeux sont douloureux, certains ressentent même un chat dans la gorge. Prenons une semaine pour tenter de ressentir nos signaux de colères.

Note absurde : bien sûr, ces effets peuvent être causés par d’autres problèmes. Si vous les ressentez tous, en même temps, c’est peut-être plutôt un infarctus. Auquel cas, il vaut mieux s’approcher d’un médecin que de réfléchir à sa colère !

Une fois que c’est plus clair, nous sommes capables d’une nouveauté émouvante pour un homme : identifier une émotion de base lorsqu’on la ressent, avant que quelqu’un d’autre nous dise que nous la ressentons. C’est facile. Moi, je me suis senti grandi après cette seule première étape.

2. Comprendre la colère

C’est une émotion humaine de base. Utile et normale. Nous devons la ressentir parce qu’elle fait partie des fonctions du cerveau. Il faut la tolérer. En nous autorisant à être en colère aussi souvent que nous en avons besoin, on se défend, on reste éveillé et – lorsque c’est nécessaire – cela nous permet d’éviter des dangers immédiats.

La colère consiste à nous en prendre à un obstacle que nous jugeons responsable d’une frustration.

Comprendre que c’est normal et que c’est souhaitable m’a permis d’accepter d’être en colère. Souvent. Presque une fois par jour au début. Et puis d’évoluer pour tenter de ne plus être cet homme désagréable que j’étais de plus en plus souvent à la maison. Réalisant que ma vie était géniale, mais que j’étais incapable d’en profiter réellement, caché par un voile de détails qui me fâchaient, guetté par le naufrage.

3. Un homme avec un thermomètre inclus

Pour maitriser sa colère au quotidien. Pour retrouver du plaisir dans la vie en nous débarrassant de ces émotions mal gérées, utilisons le thermomètre imaginaire qui mesure notre colère, de 0 à 10

 

Maitriser sa colère 2

Où sommes-nous placés sur cette échelle à différents moments de la journée, de la semaine ? Essayons durant une semaine d’y penser.

Sommes-nous à 0, c’est-à-dire qu’on se sent absolument détendu ? A 2, 3 ou 4, c’est-à-dire que nous ressentons de la colère, mais qu’elle ne nous fait pas perdre le contrôle ? Ou plus haut, en ayant passé à la rage, difficile à contrôler, menant à la violence ?

L’outil est simple. Il n’est pas nécessaire d’être absolument précis dans l’évaluation de nos états d’âme. Parce que nous ne serons pas capable d’être précis lorsque nous serons vraiment en colère.

Températures

0 : je me sens bien, ciel bleu

1-3 : VERT, je maîtrise la colère et je peux éviter qu’elle augmente

4-6 : ORANGE, je n’arrive pas à maitriser la colère en restant dans la situation

7-9 : ROUGE, je ressens de la rage, la colère est devenue incontrôlable. J’ai besoin d’aide. Le risque de passage à la violence est très élevé.

10 : je suis dans le pire était de rage de ma vie.

 

Combien de fois suis-je rentré à la maison, près de ma femme ou de ma famille, en étant à 3 sur cette échelle ? Je veux dire, combien de fois ai-je passé le seuil de la porte en étant DEJA à trois ?

Et bien.. très souvent à dire vrai. A cause de mes soucis, du trafic, des collègues, des factures, du métro ou de n’importe quelle autre raison frustrante. En fait, je suis presque toujours à 3 en arrivant à la maison.

Au premier problème à affronter, même minuscule, à la première nouvelle ennuyeuse ou tâche qui m’agace : BOUM ! Je passe à 4, 5 ou 6 !

Ce n’est donc pas la vie de couple, la vie de famille ou mon lieu de vie qui me font peiner à maitriser ma colère : ce sont les autres éléments frustrants qui fabriquent un terreau fertile et dont il faudrait se débarrasser.

De la colère à la rage, puis à la violence

C’est la zone orange. Dans un instant, sans bonne raison, je sors de la zone que je peux contrôler. Ma colère devient de la rage. Cette perte de contrôle me fait souffrir, je m’en veux. Cela ajoute encore à la montée infernale.

La rage est une émotion aussi. Elle est difficile à contrôler. Elle provoque souvent la violence. La violence est une attitude. C’est un choix. Les violences physiques ou psychologiques dans le couple, ou dans la famille, sont générées par la colère non maitrisée qui devient de la rage.

On comprend maintenant que les mari et les pères violents ne le font pas uniquement à cause des problèmes domestiques. Qui paraissent souvent anecdotiques par rapport aux conséquences. Mais parce que l’homme n’apprend pas à maitriser sa colère.

Les soucis additionnés, les frustrations et l’absence de gestion des émotions et de connaissance de soi-même font le lit des relations familiales qui échouent.

4. Temps mort !

Utiliser le thermomètre qu’on vient de découvrir est assez simple. Comme pour une voiture. Si notre cerveau est un moteur. Que faisons-nous si :

  • Le moteur chauffe – ralentissons pour éviter qu’il ne chauffe davantage
  • Il est vraiment chaud – arrêtons-nous dans un lieu sûr et attendons qu’il refroidisse jusqu’à une température supportable. Reprenons la route.
  • Il va brûler – sortons de la voiture, appelons de l’aide.

Nous pouvons faire de même avec nos colères !

Lorsque notre colère franchit le niveau 3, il faut refroidir immédiatement ! C’est à ce moment qu’il faut utiliser le dernier outil : le temps mort.

Cela signifie qu’il faut sortir de la situation problématique et rejoindre un lieu sûr. Ce lieu sûr est un endroit qui vous fait respirer ou une activité qui vous permet de faire redescendre la température.

Le choix du lieu sûr est individuel et il est très important. Je me suis trompé au début en pensant que fumer une cigarette hors de la pièce était un lieu sûr. Je ne faisais que gamberger et remuer la situation sans refroidir. Pour moi, c’est l’activité sportive, même courte, qui fait l’affaire. A chacun sa méthode ! Dans les situations complexe, le fait de fermer les yeux, de respirer à fond calmement et de nous concentrer sur l’air qui entre et sort peut suffire.

Il faut être capable de descendre de 2 degrés au moins sur le thermomètre, en quelques minutes.

Note : le temps mort est un formidable outil pour maitriser sa colère. Pour qu’il fonctionne, il faut avertir vos proches que vous avez appris cette méthode et que vous souhaitez essayer de l’utiliser pour gérer vos humeurs. Expliquer que lorsque cela vous arrivera, vous direz « j’ai besoin d’un temps mort ». Votre compagne ou vos enfants peuvent parfaitement comprendre. Vous serez même surpris de constater qu’ils trouveront que c’est une excellente nouvelle que vous fassiez la démarche de corriger cette tendance à la colère.

5. Retour au calme

De retour dans la zone verte. Retourner auprès des autres, dans la situation initiale, calmement. Les problèmes qui ont généré la montée de température peuvent être traités rapidement ou abordés dans une discussion complète. Choisissons alors d’expliquer ce qui nous a mis en colère en utilisant le discours à la première personne et les verbes de sentiment : je me sens, je crois que, je regrette, je suis déçu, je suis triste, etc.)

En se familiarisant avec ces étapes, en apprenant à s’écouter et à se connaître, on peut anticiper plus facilement l’arrivée de nos colères et faire descendre la température.

Il y a même une chance de découvrir des nouvelles manières d’organiser ses journées ou sa vie en fonction de ces nouvelles émotions que nous avons domestiquées.

***

 

Note de publication : cet article, traduit par l’auteur, a été publié sur le site The Good Men Project le 5 octobre 2013.

Si cette manière d’aborder la colère des hommes vous intéresse, si vous souhaitez la compléter, l’essayer, la transmettre aux hommes que vous connaissez qui pourraient l’utiliser ou l’expliquer à vos garçons, nous serons heureux de lire vos commentaires ci-dessous.