Religions : on ferme !

Religions : on ferme !

Alors comme ça, on est tous Charlie ! Profitons-en pour s’orner la conscience d’un objectif qui va au-delà de la compassion : la fin des religions. Tout de suite. Par Gregory Jaquet.

Jouez encore un moment à ce jeu. Mais au premier qui pleure, on arrête ! disait ma sage mère quand j’étais enfant.




Elle tempérait mes ardeurs et celles de ma soeur, obnubilés par le goût du sang de l’autre et occupés à des jeux de mains qui terminaient forcément par les pleurs annoncés.

C’est l’heure !

En assassinant Charb, Wolinski, Tignous, Honoré, Elsa Cayat et les autres, ces ânes dont le nom importe peu ont sonné l’heure de la fin du jeu. Ils étaient, parmi des millions, des simples qui voyaient les religions comme des équipes de foot. A défendre contre les autres. Fanatiquement. Débilement. Il en existe depuis toujours et ils ont tué pour défendre chaque blason.

Les frères Machin ont sonné l’heure de proposer aux directeurs des religions (oui ils existent, faites pas chier!) de fermer boutique : c’est terminé, on ferme ! C’est pas si compliqué et ce ne sera même pas très douloureux.

Que les caciques (papes, cardinaux, imams, rabbins et consorts) quittent les réflexions philosophiques – souvent, très souvent méritantes, constructives, sociales mais qui ont mené malgré eux à un jeu mortel – et parlent d’avenir..

On est désolé pour vous les potes : l’idée était bonne, je dis pas. Mais c’est les autres, ils en ont fait de la merde. Maintenant on est obligés d’arrêter. Faut vous recycler. Gardez votre intelligence et vos valeurs sociales. Mais foutez loin vos dieux !

On s’est bien marrés pendant trois mille ans.

On a porté des bonnets marrants, conquis et reconquis, violé et chanté. On a bu du vin, saigné des moutons contre en haut ou contre en bas. On a décidé comment on devait s’habiller, avec qui baiser, ne pas jouir ou à qui obéir.

Mais c’est bon là! Les morts de Charlie Hebdo, ceux qui tombèrent hier sous les machettes de Boko Haram et le tout-Gaza nous font assez pleurer pour qu’on exige aujourd’hui la fermeture définitive des religions.

Oui, je sais. A la base, la religion c’est bien, c’est pour le partage et la tolérance. Pour la non-violence et l’amour du prochain. Ok. Merci. On a pigé et on fait ce qu’on peut.

En même temps, le yoga propose la même idée.

Et vous faites chier de dire que oui, bon tous ces assassins se réclament de notre religion, mais ils n’ont pas compris juste et l’immense majorité de blablabla… Ok, l’immense majorité, ok. En fait, c’est pertinent pour éviter l’islamophobie et l’antisémitisme et je trouve que c’est parfaitement sensé.

MAIS ! Mais ce n’est pas seulement l’heure de fermer l’islam et le judaïsme. C’est l’heure de fermer le christianisme aussi. Au moins en même temps que les autres. En n’arrêtant pas le christianisme, on maintient la compétition. Donc le jeu. Donc la guerre.

Aujourd’hui, le principal intérêt des religions est le sentiment d’appartenance à un groupe. La satisfaction du besoin d’exister avec les autres. Ca ne suffit plus. Que chacun se trouve d’autres groupes. Qu’ils fassent des associations de quartier. Qu’ils se démerdent.

Donc, les patrons des musulmans, des chrétiens et des juifs, réunissez-vous secrètement pour choisir la date et ensuite, obtenez d’un coup sec le prix Nobel de la paix : annoncez que ce que vous croyez n’est pas vrai, qu’on a compris, que c’est prouvé.

Et conseillez à vos ouailles de faire de la Zumba – pour ceux qui participaient surtout pour être divertis – et du Yoga – pour les philosophes.

Brûlez les écritures parce qu’elles sont les règles de ce jeu qui a assez tué (oui, c’est à cause des joueurs qui sont mauvais et pas des règles, mais ça suffit maintenant, on a dit !) et fermez les lieux de cultes. Changez vos églises en centres aérés, en écoles, en musées.

Charlie Hebdo, c’était ma came pendant mes études. Tous les jeudis. Les victimes ont formé mon esprit critique, m’ont inculqué le doute et la remise en cause de l’ordre établi comme principes philosophiques.

Je suis forcément triste de la mort de mes idoles.

Mais je le suis autant des victimes du christianisme idiot et du judaïsme aveugle. Si les religions ont encore le mérite de favoriser la vie spirituelle, de donner aux jeunes l’idée d’une existence extra-matérielle, cette bonne idée ne suffit plus à les maintenir en vie. Trouvons la spiritualité ailleurs. Et fermons les religions.

Comme un bar dont le patron serait un bon type mais dans lequel se déroulent trop de bagarres.

6 réflexions sur “ Religions : on ferme ! ”

  1. Homme simple je comprends ta tristesse ! Mais de grâce un peu de grandeur ne prône pas la haine à ton tour des guerres sans les religions il y a en as eu ! C’est la folie des hommes surtout qui crée ce genre de tragédie pas la religion en elle même.

    Brûler les écritures ? Les nazis brûlaient les livres aussi parce que des qu’il y avait quelque chose contre eux il le massacraient ou brûlaient…… Donc il ne faut pas prôner la même chose voilà voilà et une croyance ce n’est pas un bar on ne peut pas fermer boutique mais on peut essayer de faire en sorte de vivre ensemble parce que on est condamné à vivre ensemble, une pensée pour Charlie…..

    1. Vous avez raison on ne peut pas fermer le bar comme ça et les guerres ne sont pas que liées aux religions mais la religion n’a jamais été un remède efficace contre la guerre et la folie de l’homme puisque selon son interprétation elle pardonne ou condamne.
      C’est vrai nous sommes condamnés à vivre ensemble et sans religion il y aurai d’autres causes pour se déchirer.
      G.Jaquet est sans doute conscient de cela et son coup de gueule volontairement utopique fait plaisir à une hâtée comme moi.

      1. Merci. Et bien commençons par reconnaître que ce sont des légendes, des contes moraux et pas des thèses qu’il faut défendre contre les autres thèses.

        Quant aux autres causes qui nous déchireraient, je propose qu’on voit venir. Les religions, ça déciment depuis des siècles, on ferme déjà ça et on attend le prochain thème pour le traiter.

    2. Merci pour ton commentaire.

      Il y a eu des guerres pour le territoire par exemple. Ou pour le pétrole. Mais on ne peut supprimer ni l’un, ni l’autre.

      La religion par contre, je m’demande… et ce n’est pas très haineux de se demander ça, me semble t’il.

  2. C’est intéressant… Mais finalement, que voulez-vous faire ? Vous voulez « réunir » les gens autour de votre idée. Ce n’est donc rien d’autre qu’une « nouvelle religion » que vous voulez créer… Religion signifie « relier ». Il y en aura toujours, c’est inhérent à l’être humain… Vous voulez les « fermer », vous ne faites qu’en ouvrir une autre…

    Vous avez raison sur de nombreux points, mais si je suis d’accord sur le diagnostic, je ne le suis pas pour le médicament…

    1. D’accord avec vous. Nous relierions les gens dans un certain sens de la mesure. Nous serions tous d’accord que les écritures sont des légendes bonnes à prendre, mais que puisque ce qui y est magique est faux, rédigé seulement pour bien comprendre, alors ce n’est plus la peine de s’astiquer.

      Si la nouvelle religion, c’est la solidarité par exemple, je pense que c’est bien. Non ?

      Je suis étonné de vous voir si sceptiques. Moi, j’observe et je commente, hein, j’ai pas les épaules d’un chef de meute. Je ne veux pas réunir les gens autour de mon idée, comme vous dites. Je réfléchis simplement à haute voix : ce serait si difficile d’accorder la religion, la science et la raison ?

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