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Pilule masculine, contraception masculine, pourquoi et comment on y vient ?

La contraception masculine, on en veut ! Si ça vous paraît douteux, si vous en avez entendu parler en soirée et que vous avez ri doucement en songeant à quel point cette idée est curieuse, c’est l’heure de vous raviser. La commercialisation de la pilule pour hommes ne devrait plus tarder. Jalees Rehman, biologiste cellulaire de l’Université de l’Illinois à Chicago faisait le point début août.

La pilule contraceptive féminine – datant de 1956 – ce sont des hormones (de la testostérone modifiée et une hormone féminine naturelle). En les prenant, les femmes ne peuvent plus ovuler. Voilà !  C’est utile, classique, connu. Mais c’est surtout harassant, risqué (en cas d’oubli) et laissé à la charge des femmes.

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La pilule masculine, c’est pour quand ?

Depuis des lustres, on sait qu’en combinant deux autres hormones (à nouveau la testostérone modifiée, associée à la testostérone naturelle), on peut aussi administrer des pilules aux hommes pour bloquer la fabrication de spermatozoïdes. Et qu’on pourrait donc augmenter les outils à notre disposition pour participer à la décision d’enfanter. Nous n’avons pour l’heure que la vasectomie et le préservatif. Faut-il préciser aux lecteurs de l’Homme simple que la technique de la retirette n’est pas validée ? Non, bon.

Certaines publications portent à croire que la pilule masculine, c’est pour demain ! Mais les scientifiques doivent compter avec des décisions étonnantes, comme celle que rapporte Jalees Rehman. Un test de grande envergure sur une pilule prometteuse a été interrompu en 2011 parce que les hommes cobayes ressentait des signes de dépression. Cette décision interroge puisque les effets secondaires de la pilule féminine n’ont pas rendu les scientifiques ou l’industrie pharmaceutique très scrupuleux au moment de mettre sur le marché ce qui est aujourd’hui une méthode sûre mais inégalitaire de contrôler les naissances dans le couple !

La pilule masculine, c’est l’arrivée d’une redéfinition complète des rôles et des responsabilités liées aux relations sexuelles hommes-femmes. 

La contraception pour hommes plaît à l’Homme simple, par souci d’égalité. Parce qu’à priori, si les hommes peuvent aussi s’occuper de la quantité d’enfants à venir, on ne voit pas bien pourquoi ce serait naturellement aux femmes de s’en charger.

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Pourquoi on devrait se réjouir de l’arrivée de la pilule masculine ? 

Egalité
Parce qu’on partage les tâches importantes. La conception étant la responsabilité essentielle d’un couple, c’est l’heure que nous y participions.

Vie sexuelle libérée
En nous permettant de gérer notre propre capacité à concevoir un enfant, on débarrasse nos relations intimes de ce déséquilibre. La pilule masculine ne protège pas contre les maladies sexuellement transmissibles et ne se substituera donc pas au préservatif pour les relations occasionnelles. Pour les couples qui sont à un stade de leur relation où ils se passent de la capote, l’arrivée d’une telle pilule est une aubaine pour une vie plus égalitaire.

Effets secondaires de la pilule féminine éliminés
Ces effets secondaire ne concernent pas toutes les femmes. Mais les problèmes de santé générés par ce qu’on appelle la pilule féminine (qui existe aujourd’hui sur plusieurs formes) sont réels et le risque que courent les femmes en s’occupant seules de la contraception ne sont pas négligeables. Ainsi, outre l’immense fardeau de l’exclusivité de la contraception, les femmes courent, avec la pilule contraceptive féminine, des risques nettement plus élevés de problèmes cardio-vasculaires.

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La pilule masculine, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ? 

Aujourd’hui, le développement de ces produits est possible, mais il nécessite encore des essais cliniques. Or l’industrie pharmaceutique traîne les pieds pour les financer. Le problème à résoudre avant de passer à la commercialisation d’un tel produit, c’est la certitude qu’il faut encore acquérir que les effets secondaires ne sont pas problématiques. Souci de chercheurs qui n’a pas beaucoup encombré l’industrie au moment de mettre sur le marché la variante féminine, soit dit en passant !

Petits testicules 

Les recherches sont actuellement dirigées sur une molécule appelée JQ1. Elle semble prometteuse et a déjà inhibé la reproduction de tout un tas de rats. Mais un problème de taille doit être résolu : le seul effet secondaire que JQ1 a démontré, c’est la réduction du volume testiculaire.

Une fois ceci réglé par les chercheurs, on pourra embarquer nos semainiers et nous occuper nous-mêmes de la gestion du stock d’enfants dans le couple. La réduction du volume testiculaire n’est pas problématique en soi (c’est même plutôt un avantage pratique, de pouvoir s’asseoir à tous les coups sans devoir se manipuler la petite grappe pour qu’elle ne coince pas dans la couture du jeans), mais tout porte à croire que la commercialisation d’un médicament dont un effet et la diminution de la grosse paire qu’il convient d’avoir serait vouée à l’échec.

Les femmes feront-elles confiance à leurs compagnons ?

Si l’homme oublie la pilule, c’est encore sa compagne qui porte l’enfant. Les conflits de couple liés à l’étourderie de Monsieur verraient là un point culminant. Il sera donc intéressant, une fois la recherche menée à son terme et la pilule masculine produite, de savoir si les femmes qui ont pris l’habitude d’être les responsables de cet aspect de la vie de couple accepteront d’en transférer la responsabilité.

Sources : Le Figaro du 4 mars 2013 http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/03/04/19961-pilule-masculine-contraceptive-existe-t-elle

Futura-sciences.com http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-contraception-pilule-masculine-presque-portee-main-41084/

Le Monde du 16 août 2012 http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/08/16/vers-une-pilule-contraceptive-masculine_1746855_1650684.html

Aeonmagazine.com http://www.aeonmagazine.com/being-human/why-is-there-still-no-pill-for-men/

Revue scientifique Cell http://www.cell.com/fulltext/S0092-8674%2812%2900929-4

 

3 réflexions sur “ Pilule masculine, contraception masculine, pourquoi et comment on y vient ? ”

  1. Comme ces termes médicaux sont effrayants, non ? Il y a dans « vasectomie réversible » quelque chose d’esthétiquement débandant. N’empêche, c’est intéressant. Ca pourrait être fait et défait alors. Combien de fois ? Ce serait lourd ?

  2. La vasectomie, par nature, n’est pas réversible dans 80% des cas à cause du système immunitaire qui attaque le système reproductif quand les canaux déférents sont coupés. De plus, dans 1% des cas, il en résulte des douleurs à vie.

    Cependant…
    Il y a plusieurs projets en cours :

    – Le RISUG, qui vient d’Inde, (plus connu en occident sous le nom de Vasalgel) et qui porte d’immenses espoirs. Ca serait une « vasectomie réversible », plus concrètement, ça serait l’injection d’un produit dans les deux canaux déférents pour les boucher, et l’injection d’un autre produit pour les déboucher quand on veut avoir des enfants. Le taux de réussite serait presque de 100% et durerait minimum 10 ans. L’autre avantage serait peut-être celui d’empêcher la transmission du sida d’un homme vers une femme. De grands espoirs donc.

    – Un autre projet, là c’est la pilule masculine, qui s’appellerait le Gandarusa, et qui porterait d’immenses espoirs également.

    De plus, outre les raisons évoquées dans l’article (problèmes de santé que subissent les femmes, lobbying forcené des médecins-gynécos pour la pilule qui est une vraie saloperie et qui de plus est l’un des contraceptifs les moins efficaces coté féminin, le fait de supporter généralement la contraception – même si ça je pense que c’est une question de culture – je milite personnellement pour une double contraception mutuelle homme-femme pour limiter encore davantage les risques d’accident de grossesse [comme préservatif + implant, par exemple], une seule ne suffisant pas toujours), il y a d’autres raisons qui pourraient pousser à prendre les nouveaux contraceptifs masculins.

    Entre autres :
    – répondre aux attentes des femmes ne supportant pas le latex
    – répondre aux lobbys de la pilule féminine dont l’efficacité réelle (et non théorique) et la seule à se situer largement en dessous de l’efficacité théorique (alors que l’implant ou le DIU sont bien plus efficaces – notamment parce que les risques humains – comme l’oubli – sont très limités, voire annulés.
    – Permettre à certains hommes de ne plus être victimes de l’abus de confiance de certaines femmes qui, pour avoir un enfant à tout prix, se passent de la non-volonté de certains hommes et soient mentent sur leur contraception, soit s’arrangent pour fragiliser le préservatif pendant le rapport (aiguille, chaleur, etc…), tout en sachant que la loi ne prend aucun compte de ce genre d’abus.

    Les nouveaux contraceptifs sont attendus avec beaucoup d’espoir.

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