Couples, le silence est une violence

En tournant le dos, en nous bouchant les oreilles, nous sacrifions nos amours .

– Il ne dit pas ce qu’il pense
– Elle refuse d’en parler
– Nous n’en parlons plus

 

C’est si courant. Dans les relations qui flanchent, les silences sont cruels. Souvent davantage que les mots.
Et ces silences dévastent les relations de couple, les amitiés et les liens familiaux.
 
Dans toutes ces histoires de rupture, les débuts sont différents, les histoires sont particulières, individuelles. Mais elles terminent toutes un peu de la même manière : désaccord établi ou non établi, puis déconnexion, fatale.

 

Quand l’un des partenaires comprend le désaccord, sur les mots, les croyances ou les comportements de l’autre, il ne crie plus, n’argumente plus, ne confronte pas. Il disparaît.
Pas une grande sortie, avec des grandes déclarations, non.
Il se glisse discrètement hors de la relation et débranche.

 

Que ceux qui versent dans le silence le réalisent ou non, c’est un attaque vicieuse. Parce qu’elle contraint une seule personne à faire le travail qui devrait être fait à deux.

 

Celui qui reste, sans savoir ce que l’autre à au coeur, sans informations, il doit porter le fardeau seul de trouver une issue pour réparer, reconstruire la relation ou l’enterrer et porter le deuil.

 

Cette absence tue.
C’est une violence infligée à distance.

 

Le silence vous laisse seul avec un espace énorme, dévastant, démoralisant. Et vous contraint à le remplir.
Vous êtes forcé à écrire le dialogue qui n’existe plus.
Comme un expert forensique qui tente de reconstruire une histoire complexe et dramatique en utilisant des restes d’os et des taches de sang.
C’est un crime par omission.

 

Chaque jour, des gens s’ouvrent avec douleur à d’autres pour chercher du secours, parce que quelqu’un de proche d’eux à arrêté de parler et d’écouter.

 

J’ai souvent choisi cette omission. Disparu. Renoncé à dire à quelqu’un ce qui m’ennuyait. Ma partenaire, mes amis, ma famille.
J’ai exercé cette violence sauvage qui consiste à disparaître pour l’autre.

 

C’était pour fuir, pour éviter un conflit en public.
C’était aussi une manoeuvre passive-agressive pour donner une leçon. Mauvaise idée. Le résultat a toujours été le même: cela a aggravé quelque chose qui était important pour moi et pour ce partenaire. Et cela l’a contraint à gérer seul ce problème.

 

Ils entendaient ce silence.
Ils entendaient cette absence.
Ils entendaient cette soustraction.

 

Le silence ajoute quelque chose de pire qu’une insulte à une blessure, il ajoute l’invisibilité. Il supprime la présence. La raison d’être d’une relation.

 

Il pénètre avec son cortège terrifiant : le doute, la culpabilité, la chute dans la confiance en soi et les problèmes non-résolus.

 

Invitons-nous, ceux qui affament quelqu’un avec le silence en ce moment, à parler de nouveau.

 

Les relations de qualité valent la peine de batailler. Elles valent les échanges difficiles et les conversations curieuses, elle valent d’essayer un sauvetage.
L’amour aide à chercher les mots qui vont au coeur.

 

Le silence peut être la conclusion, mais il devrait être une issue choisie à deux, comme une reddition mutuelle dans une lutte qui n ‘aurait plus d’autre solution.

 

J’ai souffert aussi de silences imposés à des relations, de dialogues qui sont devenus des monologues.
A ceux qui sont devenus silencieux dans nos vies : nous l’entendons. Nous préférerions vous entendre.

 

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