Crédit image : grilsjustwannahaveguns.com

Comment ne pas tuer ses enfants en cas de divorce

La question de la masculinité en crise et le phénomène criminel des pères annihilateurs de famille. Comment divorcer sans perdre le contrôle ?

Note de publication : Cet article a été publié sur le site d’informations Rue89 / Le Nouvel Observateur, le 26 août 2013. Clic ici pour le consulter et participer au débat.

Le Guardian rapporte une étude de l’université de Birmingham, la première sur ce phénomène en expansion. Le professeur David Wilson et son équipe de criminologues ont étudié les dossiers de 59 hommes qui ont assassiné leurs enfants – et parfois leur épouse – entre 1980 et 2012, en Grande-Bretagne.

Ils ont cherché des points communs, des moyennes, qui permettent de comprendre ce qui a poussé ces criminels à commettre le geste final. A faire disparaître leur famille.

Masculinité en crise

Cette étude jette un regard intéressant sur un phénomène criminel qui n’avait pas été analysé jusqu’à aujourd’hui. Elle met en exergue la question de la masculinité en crise. 

Dans tous les cas analysés, la masculinité et la perception de pouvoir sont liées aux mobiles. Le rôle familial du père est central à l’idée que les meurtriers avaient de la masculinité. Par le meurtre de leurs enfants, ils accomplissent leur dernier acte d’homme puissant. (Source : Howard Journal of Criminal Justice  14 août 2013)

Crédit image : thepcinquirerer.com
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La masculinité en crise est l’idée que les hommes ne se sont pas adaptés aux changements de société. Que leur identité de mâle n’a pas été révisée. En d’autres termes : les femmes, le couple, la famille, le monde ont changé. Et l’homme est resté le mâle alpha qu’il se croit contraint d’être.

Sans en déduire que les hommes qui ont commis ces atrocités peuvent être excusés par cette tendance, on peut suggérer que la révision de la position dominante de l’homme dans la famille est souhaitable. C’est tout le mal qu’on se souhaite !

Les dimanches du mois d’août

Selon l’université de Birmingham, les criminels qui ont abattu, égorgé, gazé ou noyé leurs enfants et leurs épouses, durant ces trente dernières années :

  1. avaient 38 ans en moyenne
  2. avaient un emploi
  3. n’avaient aucun antécédent judiciaire
  4. sont passés à l’acte surtout durant des dimanches du mois d’août !

L’équipe de criminologues qui a étudié tous ces cas pour en révéler les traits communs a déterminé que le terme de « masculinité en crise » pouvait être utiliser pour la plupart des auteurs des infanticides. Le Professeur qui a dirigé l’équipe d’étude a déclaré que certains hommes sont incapables de s’adapter à la notion de famille qui est en développement, alors que les femmes y jouent un rôle plus dynamique que par le passé.

Dans 66% des cas, le mobile qui a poussé un homme a assassiner sa famille est la rupture familiale, souvent liée aux problèmes d’accès aux enfants. Et les quatre profils-types de ces criminels révèlent une crise liée à la perte de pouvoir du père, à la vision de l’homme-pourvoyeur idéal qu’ils perdent lors d’une rupture.

Crédit image : grilsjustwannahaveguns.com
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Cette étude rejoint de nombreux propos sur le même thème. La question du contrôle que l’homme veut conserver est au coeur de cette question masculine. Demeurer le patron lorsque l’unité familiale part à vau l’eau est impossible. Nombre d’hommes ne supportent pas cet affront.

Ce n’est pas une excuse

Le blog féministe Glosswitch rappelle que cette masculinité en crise n’est qu’une partie de l’explication. Que ce ne saurait être une excuse et que derrière cette crise des hommes, il y a les mutations des femmes, le rôle ingrat qu’elles continuent de supporter dans la famille traditionnelle, malgré des décennies de lutte.

Réviser le rôle de l’homme

Donner aux hommes les outils pour entrer en mutation et comprendre les nouveaux enjeux, se débarrasser de l’héritage patriarcal. C’est le propos de nombre d’institutions qui essaient aujourd’hui, grâce à l’assistance émotionnelle et aux campagnes de sensibilisation, de s’adresser directement à eux.

2 réflexions sur “ Comment ne pas tuer ses enfants en cas de divorce ”

    1. Bonjour Hélène et merci pour votre commentaires. La médiation familiale est un outil intéressant. Mais avant cela, il y a le questionnement de la masculinité. L’aide émotionnelle qui peut être apportée aux pères qui n’ont appris à être des hommes qu’à travers la culture machiste et qui sont coincés par leur héritages, sans savoir comment vivre une vie de famille harmonieuse plutôt que de diriger des être obéissants.

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