Critique Fauve Vieux-Frères Partie 1

Chronique de disque: Fauve – Vieux Frères Partie 1

Prose vacharde et instrus frénétiques du groupe français le plus inspirant du moment.

Le trop attendu premier album de Fauve fait pleuvoir les gifles. Des lancées de désespoir, des holocaustes vengeurs feulés dans un flow au rythme surpressurisé.

Fauve, c’est Renaud qui scandait Où c’est qu’j’ai mis mon flingue, Wax Tailor et ses rythmes lascifs vernis de répliques de film et l’urgence de Tostaky. Une rage éloquente qui manquait, qui ne résoud rien. Et qui reconnaît ses doutes et ses chutes.

Le disque est une série de pamphlets écrits aux premières personnes (du singulier et du pluriel). Ils se méritent individuellement mais forment ensemble l’histoire, désespérée, sauvage puis finalement digne d’un émouvant voyage intérieur.

Saisissant les malaises, tordant les rêves, les coups portés sont violents. Tout près d’Eminem et bien loin des adverbes sur-articulés de Grand Corps Malade ou des cabotinages de Stromae, à qui on pourrait être tenté de les comparer.

C’est le vingt et unième siècle rugissant. Qui émeut, transforme, instruit. On écoute Fauve comme on passe une heure devant un tableau de Maître. A penser à nous, à eux, à ce qui fut et ce qui vient.

La prose est technique, aiguë. La « lame » d’une hache qui tranche nos solidités.

Vieux Frères est un album sec comme un coup de trique, sonnant comme une gifle et pourtant essentiel. Les vieux frères, c’est nous. La conversation à laquelle on est conviée est pénible, mais utile. Elle se poursuit en septembre, avec le deuxième volet. (9)

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