Archives de catégorie : Sexe et relations

Vie de couple, Sexualité masculine, Homme en couple, Problèmes de couple, Séparation, Rupture, Communication de couple.

Vie de couple, comment la prolonger ?

Qu’est-ce qu’il nous faut pour savoir qu’on l’aime encore et pour longtemps à nous, les hommes ? De l’audace.

Et surtout, soyons-nous l’un à l’autre indulgent. Paul Verlaine

1. Rien n’est interdit
On croit que tant de choses sont indispensables à une vie de couple réussie.

Par religion, par conformisme, pour faire comme eux. Et puis par héritage. Pour nous aimer encore, on veut respecter ces règles. Mais il faut de l’audace pour vivre ensemble librement. Les normes ne fonctionnent pas. Ne fonctionnent plus. Changeons de rythme, inventons des sorties de route, des montages et des envols.  Continuer la lecture de Vie de couple, comment la prolonger ?

Pilule masculine, contraception masculine, pourquoi et comment on y vient ?

La contraception masculine, on en veut ! Si ça vous paraît douteux, si vous en avez entendu parler en soirée et que vous avez ri doucement en songeant à quel point cette idée est curieuse, c’est l’heure de vous raviser. La commercialisation de la pilule pour hommes ne devrait plus tarder. Jalees Rehman, biologiste cellulaire de l’Université de l’Illinois à Chicago faisait le point début août.

La pilule contraceptive féminine – datant de 1956 – ce sont des hormones (de la testostérone modifiée et une hormone féminine naturelle). En les prenant, les femmes ne peuvent plus ovuler. Voilà !  C’est utile, classique, connu. Mais c’est surtout harassant, risqué (en cas d’oubli) et laissé à la charge des femmes.

Crédit image : Shutterstock
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La pilule masculine, c’est pour quand ?

Depuis des lustres, on sait qu’en combinant deux autres hormones (à nouveau la testostérone modifiée, associée à la testostérone naturelle), on peut aussi administrer des pilules aux hommes pour bloquer la fabrication de spermatozoïdes. Et qu’on pourrait donc augmenter les outils à notre disposition pour participer à la décision d’enfanter. Nous n’avons pour l’heure que la vasectomie et le préservatif. Faut-il préciser aux lecteurs de l’Homme simple que la technique de la retirette n’est pas validée ? Non, bon.

Certaines publications portent à croire que la pilule masculine, c’est pour demain ! Mais les scientifiques doivent compter avec des décisions étonnantes, comme celle que rapporte Jalees Rehman. Un test de grande envergure sur une pilule prometteuse a été interrompu en 2011 parce que les hommes cobayes ressentait des signes de dépression. Cette décision interroge puisque les effets secondaires de la pilule féminine n’ont pas rendu les scientifiques ou l’industrie pharmaceutique très scrupuleux au moment de mettre sur le marché ce qui est aujourd’hui une méthode sûre mais inégalitaire de contrôler les naissances dans le couple !

La pilule masculine, c’est l’arrivée d’une redéfinition complète des rôles et des responsabilités liées aux relations sexuelles hommes-femmes. 

La contraception pour hommes plaît à l’Homme simple, par souci d’égalité. Parce qu’à priori, si les hommes peuvent aussi s’occuper de la quantité d’enfants à venir, on ne voit pas bien pourquoi ce serait naturellement aux femmes de s’en charger.

Crédit image : freeimage.net
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Pourquoi on devrait se réjouir de l’arrivée de la pilule masculine ? 

Egalité
Parce qu’on partage les tâches importantes. La conception étant la responsabilité essentielle d’un couple, c’est l’heure que nous y participions.

Vie sexuelle libérée
En nous permettant de gérer notre propre capacité à concevoir un enfant, on débarrasse nos relations intimes de ce déséquilibre. La pilule masculine ne protège pas contre les maladies sexuellement transmissibles et ne se substituera donc pas au préservatif pour les relations occasionnelles. Pour les couples qui sont à un stade de leur relation où ils se passent de la capote, l’arrivée d’une telle pilule est une aubaine pour une vie plus égalitaire.

Effets secondaires de la pilule féminine éliminés
Ces effets secondaire ne concernent pas toutes les femmes. Mais les problèmes de santé générés par ce qu’on appelle la pilule féminine (qui existe aujourd’hui sur plusieurs formes) sont réels et le risque que courent les femmes en s’occupant seules de la contraception ne sont pas négligeables. Ainsi, outre l’immense fardeau de l’exclusivité de la contraception, les femmes courent, avec la pilule contraceptive féminine, des risques nettement plus élevés de problèmes cardio-vasculaires.

Crédit image : Thinkstock
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La pilule masculine, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ? 

Aujourd’hui, le développement de ces produits est possible, mais il nécessite encore des essais cliniques. Or l’industrie pharmaceutique traîne les pieds pour les financer. Le problème à résoudre avant de passer à la commercialisation d’un tel produit, c’est la certitude qu’il faut encore acquérir que les effets secondaires ne sont pas problématiques. Souci de chercheurs qui n’a pas beaucoup encombré l’industrie au moment de mettre sur le marché la variante féminine, soit dit en passant !

Petits testicules 

Les recherches sont actuellement dirigées sur une molécule appelée JQ1. Elle semble prometteuse et a déjà inhibé la reproduction de tout un tas de rats. Mais un problème de taille doit être résolu : le seul effet secondaire que JQ1 a démontré, c’est la réduction du volume testiculaire.

Une fois ceci réglé par les chercheurs, on pourra embarquer nos semainiers et nous occuper nous-mêmes de la gestion du stock d’enfants dans le couple. La réduction du volume testiculaire n’est pas problématique en soi (c’est même plutôt un avantage pratique, de pouvoir s’asseoir à tous les coups sans devoir se manipuler la petite grappe pour qu’elle ne coince pas dans la couture du jeans), mais tout porte à croire que la commercialisation d’un médicament dont un effet et la diminution de la grosse paire qu’il convient d’avoir serait vouée à l’échec.

Les femmes feront-elles confiance à leurs compagnons ?

Si l’homme oublie la pilule, c’est encore sa compagne qui porte l’enfant. Les conflits de couple liés à l’étourderie de Monsieur verraient là un point culminant. Il sera donc intéressant, une fois la recherche menée à son terme et la pilule masculine produite, de savoir si les femmes qui ont pris l’habitude d’être les responsables de cet aspect de la vie de couple accepteront d’en transférer la responsabilité.

Sources : Le Figaro du 4 mars 2013 http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/03/04/19961-pilule-masculine-contraceptive-existe-t-elle

Futura-sciences.com http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-contraception-pilule-masculine-presque-portee-main-41084/

Le Monde du 16 août 2012 http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/08/16/vers-une-pilule-contraceptive-masculine_1746855_1650684.html

Aeonmagazine.com http://www.aeonmagazine.com/being-human/why-is-there-still-no-pill-for-men/

Revue scientifique Cell http://www.cell.com/fulltext/S0092-8674%2812%2900929-4

 

Homme cherche homme

Et pourtant, je suis hétéro ! Les hommes aux relations principalement hétérosexuelles et occasionnellement homosexuelles ne se reconnaissent pas tous dans les termes gay ou bisexuel. Ils sont des HSH – des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes. Qui sont-ils ?

Désir pour d’autres hommes

La nécessité de cibler tous les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes pour la prévention et le traitement des MST mène les scientifiques à les catégoriser en fonction de leur comportement sexuel et non pas en fonction de l’identité qu’ils revendiquent.

Ceux qui se sentent hétérosexuels, vivent leur vie intime avec une femme et assouvissent parfois leur désir pour d’autres hommes sont exclus des comportements sociaux acceptés, connus, publiés. Leur manière de vivre n’est abordée nulle part. Leur sentiment de marginalité est grand, au point de mettre en péril certains ménages parce qu’ils se croient si anormaux qu’ils finissent par s’exclure de leur milieu.

Crédit image : bbc.co.uk
Crédit image : bbc.co.uk

Aujourd’hui les hommes qui ont des relations sexuelles avec les hommes tout en se considérant comme hétérosexuels sont appelés gays, par ceux qui pensent que ce terme n’indique que le comportement intime, ou bisexuels. 

Ces identités sociales sont intégrées au mouvement militant LGBT, pour lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et transsexuel-le-s. Mais le militantisme de cette communauté pour lutter contre la ségrégation dont elle est victime légalement et socialement est souvent étranger à ces hommes, qui sont isolés lorsqu’il s’agit d’aborder leurs goûts intimes.

HSH – Homme qui a une relation sexuelle avec un autre homme

En anglais, MSM – Men who have sex with men désigne tous les hommes qui ont de relations sexuelles avec d’autres hommes, quelle que soit leur identité sexuelle affichée. Il a été inventé dans les années 90 par les chercheurs qui travaillaient sur les risques liés aux maladies sexuellement transmissibles. Il s’agissait de travailler sur leur comportement sexuel, sans question d’identité.

Le terme français n’est pas encore répandu. Il semble qu’il faut parler de HSH, pour homme qui a une relation sexuelle avec un autre homme. Parmi les HSH figurent les hommes gays et bisexuels. Ajoutons-y les HSH hétérosexuels.

Les HSH hétérosexuels ont des profils divers  Il y a les curieux de la bisexualité qui assouvissent occasionnellement leur désir pour un autre homme ou les jeunes hommes qui découvrent leur sexualité avec un ami.

Crédit image : amigay.com
Crédit image : amigay.com

Il y a également les hommes qui vivent dans des environnements où les relations homosexuelles sont facilitées, abordables, voire où elles sont l’unique option disponible. Comme l’environnement carcéral, les milieux professionnels, culturels ou sportifs exclusivement masculins ou le cadre militaire, par exemples. Si d’aucuns étiquetteraient tous ces hommes comme bisexuels, le fait qu’eux-même ne s’y identifient pas les excluent de facto.

Protégez-vous si vous couchez avec un autre homme ! 

Les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes en s’identifiant comme hétérosexuels doivent apprendre qu’ils ne sont pas seuls. Que cette attirance pour les autres hommes n’est pas pathologique, ni inquiétante, ni perverse.

Mais ils doivent être avertis que leur éventuelle légèreté en matière de protection contre les maladies sexuellement transmissibles dans leur vie de couple hétérosexuel est un comportement à haut risque durant leurs liaisons avec d’autres hommes.

Les HSH ont un risque beaucoup plus élevé d’être infecté par le HIV que les hommes qui ont des relations exclusivement hétérosexuelles. Parce que la paroi anale est plus mince que la paroi vaginale et parce qu’elle n’est pas lubrifiée, elle est plus susceptible d’être blessée lors d’un rapport sexuel et facilite la transmission du virus. Le fait que les hommes qui ont des relations sexuelles avec les hommes peuvent être versatiles et changer de rôle durant la pénétration augmente également le risque d’infection.

Aux Etats-Unis, 71% des hommes porteurs du virus sont des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes.

Source : Transcriptases sur la conférence internationale sur le SIDA, Washington 2012 sur vih.org http://www.vih.org/transcriptases
Source : Transcriptases sur la conférence internationale sur le SIDA, Washington 2012 sur vih.org http://www.vih.org/transcriptases

Question d’identité

Diffuser le terme HSH, pour hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, comme le terme MSM en anglais peut poser problème à une communauté LGBT organisée et militante. Mais il y a une population d’hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes et qui ne se sent pas membre de cette communauté. Il faut commencer à leur parler !

Outre le risque élevé d’infection par une maladie sexuellement transmissible, le risque de comportement dangereux, de dépression, voire de suicide chez les hommes attirés par d’autres hommes, mais qui s’identifient comme hétérosexuels est grand. La publication du terme HSH et la prévention ciblée sur ces personnes est indispensable. En France, mais surtout dans toutes les régions du monde en voie de développement, une immense catégorie d’homme attend de s’identifier à un nouveau groupe

Source : Transcriptases sur la conférence internationale sur le SIDA, Washington 2012 sur vih.org http://www.vih.org/transcriptases
Source : Transcriptases sur la conférence internationale sur le SIDA, Washington 2012 sur vih.org http://www.vih.org/transcriptases

 

Prolonger la lecture

Pour en savoir davantage sur ce sujet et – pourquoi pas – en débattre ci-dessous dans les commentaires, L’homme simple propose la lecture des ouvrages suivants :

Ouvrage léger et instructif pour hommes simples : Osez… la bisexualité

Construction et déconstruction de l’hétérosexualité :  Hétéros : Discours, lieux, pratiques

Autour du sexe, du couple et de la liberté, témoignages : Libertin(e) aujourd’hui : Mélangistes, échangistes, bisexuels, qui sont-ils ?

Ce que dit la science des relations sexuelles en France aujourd’hui : Sociologie des comportements sexuels

Qu’est-ce que la vie de couple, les frustrations, les libertés ? Sociologie du couple

Comment ne pas tuer ses enfants en cas de divorce

La question de la masculinité en crise et le phénomène criminel des pères annihilateurs de famille. Comment divorcer sans perdre le contrôle ?

Note de publication : Cet article a été publié sur le site d’informations Rue89 / Le Nouvel Observateur, le 26 août 2013. Clic ici pour le consulter et participer au débat.

Le Guardian rapporte une étude de l’université de Birmingham, la première sur ce phénomène en expansion. Le professeur David Wilson et son équipe de criminologues ont étudié les dossiers de 59 hommes qui ont assassiné leurs enfants – et parfois leur épouse – entre 1980 et 2012, en Grande-Bretagne.

Ils ont cherché des points communs, des moyennes, qui permettent de comprendre ce qui a poussé ces criminels à commettre le geste final. A faire disparaître leur famille.

Masculinité en crise

Cette étude jette un regard intéressant sur un phénomène criminel qui n’avait pas été analysé jusqu’à aujourd’hui. Elle met en exergue la question de la masculinité en crise. 

Dans tous les cas analysés, la masculinité et la perception de pouvoir sont liées aux mobiles. Le rôle familial du père est central à l’idée que les meurtriers avaient de la masculinité. Par le meurtre de leurs enfants, ils accomplissent leur dernier acte d’homme puissant. (Source : Howard Journal of Criminal Justice  14 août 2013)

Crédit image : thepcinquirerer.com
Crédit image : thepcinquirerer.com

La masculinité en crise est l’idée que les hommes ne se sont pas adaptés aux changements de société. Que leur identité de mâle n’a pas été révisée. En d’autres termes : les femmes, le couple, la famille, le monde ont changé. Et l’homme est resté le mâle alpha qu’il se croit contraint d’être.

Sans en déduire que les hommes qui ont commis ces atrocités peuvent être excusés par cette tendance, on peut suggérer que la révision de la position dominante de l’homme dans la famille est souhaitable. C’est tout le mal qu’on se souhaite !

Les dimanches du mois d’août

Selon l’université de Birmingham, les criminels qui ont abattu, égorgé, gazé ou noyé leurs enfants et leurs épouses, durant ces trente dernières années :

  1. avaient 38 ans en moyenne
  2. avaient un emploi
  3. n’avaient aucun antécédent judiciaire
  4. sont passés à l’acte surtout durant des dimanches du mois d’août !

L’équipe de criminologues qui a étudié tous ces cas pour en révéler les traits communs a déterminé que le terme de « masculinité en crise » pouvait être utiliser pour la plupart des auteurs des infanticides. Le Professeur qui a dirigé l’équipe d’étude a déclaré que certains hommes sont incapables de s’adapter à la notion de famille qui est en développement, alors que les femmes y jouent un rôle plus dynamique que par le passé.

Dans 66% des cas, le mobile qui a poussé un homme a assassiner sa famille est la rupture familiale, souvent liée aux problèmes d’accès aux enfants. Et les quatre profils-types de ces criminels révèlent une crise liée à la perte de pouvoir du père, à la vision de l’homme-pourvoyeur idéal qu’ils perdent lors d’une rupture.

Crédit image : grilsjustwannahaveguns.com
Crédit image : grilsjustwannahaveguns.com

Cette étude rejoint de nombreux propos sur le même thème. La question du contrôle que l’homme veut conserver est au coeur de cette question masculine. Demeurer le patron lorsque l’unité familiale part à vau l’eau est impossible. Nombre d’hommes ne supportent pas cet affront.

Ce n’est pas une excuse

Le blog féministe Glosswitch rappelle que cette masculinité en crise n’est qu’une partie de l’explication. Que ce ne saurait être une excuse et que derrière cette crise des hommes, il y a les mutations des femmes, le rôle ingrat qu’elles continuent de supporter dans la famille traditionnelle, malgré des décennies de lutte.

Réviser le rôle de l’homme

Donner aux hommes les outils pour entrer en mutation et comprendre les nouveaux enjeux, se débarrasser de l’héritage patriarcal. C’est le propos de nombre d’institutions qui essaient aujourd’hui, grâce à l’assistance émotionnelle et aux campagnes de sensibilisation, de s’adresser directement à eux.