Archives de catégorie : Paternité

Devenir père, Etre un bon père, Elever des enfants

Le portage en écharpe, ce n’est pas pour les papas

Hubert Fontenelle ne comprend pas pourquoi les articles pour bébés ne sont destinés qu’aux mères et le portage en écharpe est jugé au-dessus de ses compétences ! 

Je viens de revoir le spectacle de Florence Foresti « Motherfucker ».

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Florence – oui, je l’appelle Florence, j’ai tellement vu et revu ces spectacles que j’ai l’impression de la connaître – Florence, donc, raconte sa nouvelle vie de maman suite à la naissance de son premier enfant.

***

C’était la première fois que je revoyais ce spectacle (que je connais par cœur…) depuis ma propre paternité.

J’ai autant ri mais j’ai surtout compati et compris plus de calembours que la première fois.

Bref, lors d’une digression sur les poussettes et leur mode de pliage nécessitant des connaissances en mécanique quantique, Florence a une remarque intéressante sur lesdites poussettes et le fait qu’elles ne sont pas faites pour les papas.

Si les papas étaient les principaux utilisateurs des poussettes, il y a belle lurette qu’elles seraient high-tech, dit-elle. Voici le spectacle tel qu’on le trouve sur les sites de vidéos gratuites. L’épisode drôlatique de la poussette commence après 22 minutes et 47 secondes.

Une question me taraude : le papa est-il un animal marketing ? Et surtout ai-je été l’objet d’une traque insidieuse à travers des réclames bien ciblées ? Ai-je été assez lobotomisé pour succomber à un produit estampillé « papa-proof » ? Vivrions-nous dans une société de consommation uniquement mue par le désir de posséder un maximum d’objets rendant vert de jalousie le voisin ?

Je n’ose y croire !

D’ailleurs, à regarder les catalogues ou autres sites internet de vente d’objets de puériculture, pas de trace de papas. Nulle part.

Ouf ! Ah si ! Un catalogue tente le portrait de papa faisant un bisou à son bambin, désabusé.

On louera l’effort surhumain qui a consisté à utiliser une figure paternelle plutôt que maternelle en une de la publication hebdomadaire de la marque.  Mais on notera que le cliché mère-bébé se vautre souvent dans une image surannée du bonheur simple et blond comme les blés et que l’imagerie papa-bébé est mal rasée et matinée d’un « vas-y lâche-moi avec tes bisous, tu me saoules ».

En deux mots, pour la puériculture, l’image du père renvoie à une vérité crue, simple, normale, histoire de faire face à des barbies minces et maquillées dont le bébé fait ses nuits à 10 jours de vie. Pourquoi pas ?

Si on regroupe les deux remarques (père hi-tech et père normal, suivez un peu !), on en vient à croire que l’homme est intrinsèquement attiré par les interfaces user-friendly et est partisant du moindre effort. Je vois déjà ces dames opiner du chef en pensant à la dernière fois où elles ont vu leur compagnon aller aux toilettes en jouant à Candy Crush, porte ouverte…

Le portage en écharpe, c’est pas pour moi

Eh bien sachez qu’il s’avère que de nombreux papas sont effectivement dans ce cas. J’en veux pour preuve ce témoignage poignant d’une formatrice en nœuds (pardon, en écharpe de portage…) : « Les papas ne sont convaincus que lorsque je sors le modèle qui se clipse ».

Pour les non-intimes de l’écharpe de portage, il s’agit d’une longue bande de tissu, que l’on enroule de différentes façons autour de soi pour porter son bébé sans les mains.

Portage en écharpe
Ceci n’est pas un portage en écharpe

Or il s’avère, selon les statistiques de la formatrice, que la plupart des hommes préfèrent avoir un gage de solidité et de haute technologie comme un clip par peur de ne pas savoir faire un nœud simple. C’est édifiant mais je la crois.

Messieurs, crie-je, si vous savez nouer vos lacets, vous êtes au-dessus du niveau requis pour utiliser une écharpe en toute sécurité! N’ayez crainte.

Pour ma part, j’ai donc fait fi des arguments fallacieux  de la formatrice pour choisir le modèle de base, celui-là même qui repousse les hommes, comme le FISC repousse Arthur hors de nos frontières.

Oui, je suis un être exceptionnel qui sait faire des nœuds, je suis donc assez fort pour déjouer les vils tours de passe-passe des publicitaires.

Portage en écharpe
Version alternative

Marketing materno-centré

En parlant de publicitaires, quels sont les produits que l’on vend à un papa ?

Parce que les mamans ont le droit à toutes les sauces de marketing pour elles et leurs enfants. On leur vend :

– de l’alimentaire (papa ne sait pas cuisiner ni ce qui est bon pour les enfants)

– des produits ménagers (papa ne fait pas sa part des tâches ménagères, ce porc)

– des produits cosmétiques (c’est pas tes vergetures qui aideront à reconquérir papa)

– des fournitures scolaires (papa ne s’intéresse pas à la scolarité de ses enfants)

Et j’en oublie sûrement. Le papa, lui, on lui vend…… des voitures ! Whouhou !!!!!! Les cylindrées et les pistons, ça a toujours éveillé en moi des pulsions violentes d’achat ! Non, je plaisante. Pas le moins du monde.

Mais bon, ça se comprend, dans la voiture aussi on peut clipser des trucs, genre sa ceinture ou le cosy de bébé. Et à part ça, rien. Ben non, les rasoirs, les tomates et le canard WC, ça ne se clipse pas…

***

Bon, au final, je suis rassuré. Je n’ai pas succombé aux produits estampillés « pour papa ». D’une part parce qu’ils sont quasi-inexistants, d’autre part parce que je sais faire des nœuds.

Reste maintenant à savoir si ma femme n’a pas succombé aux produits vendus aux mamans même si j’ai déjà une petite idée. Cependant une question reste en suspens : si les papas étaient une cible de choix, existerait-il des iPoussettes ? A vous de me le dire je dois aller choisir ma nouvelle voiture…

Crédit images : Buzzfeed, Pinterest

Hubert Fontenelle
Hubert Fontenelle

Hubert Fontenelle a 29 ans, il est chef d’entreprise et père d’une fille de 9 mois. Il gamberge sur sa paternité et parle avec talent de ce qui est grave et de ce qui l’est moins. Hubert est passionné par les sciences, les mangas, les Lego et par tout ce qui fait sourire sa fille.

28 photos de pères qui voient leur bébé pour la première fois

Il y a ce jour-là dans la vie de nombreux hommes ! Le jour où tout est bouleversé. En un seul instant, on devient une autre personne. Un père. 

L’amour entier et inconditionnel qui explose dans nos coeurs au moment de la naissance change la vie. Ces photos joliment compilées, illustrant quelques uns de ces instants nous touchent. Quelle est votre préférée ?

1.

Maegan Hall Photography / maeganhallphotography.com

Maegan Hall Photography / maeganhallphotography.com
2.

3.

Dusti Lynn Photography / theartofbirth.com
4.

Emily Robinson / emilyrobinsonphoto.com
5.

Courtney Larson / inlovenessphotography.com
7.

Sophia’s Special Delivery / sophiabirth.com
8.

9.

Courtney Larson / inlovenessphotography.com
10.

Sophia’s Special Deliveries / sophiabirth.com
11

-

Lynsey Stone / dfwbirthphotographer.com
12.

Sophia’s Special Deliveries
13.

14.

vimeo.com / Via You & Me Cinematography
15.

Naomi Solomon, The Journey of Birth Photography / Via thejourneyofbirth.com
16.

17.

Dusti Lynn Photography / theartofbirth.com
19.

Lauren Guilford / laurenguilford.com
22.

Dusti Lynn Photography / theartofbirth.com

Dusti Lynn Photography / theartofbirth.com
23.

photography by brooke schwab / brookeschwab.com
24.

Emily Robinson / emilyrobinsonphoto.com
25.

Lauren Guilford / laurenguilford.com
26.

Fresh Love Birth Photography / freshlovebirth.com
27.

Lauren Guilford / laurenguilford.com
28.

Emily Robinson / emilyrobinsonphoto.com
Via MDZol et BuzzFedd.

Pénurie d’affection entre hommes

Comment les hommes en sont arrivés à considérer l’affection comme un acte sexuel et non plus social. Et pourquoi c’est un drame.

 

Un jour, alors que je marchais vers la gare Union Station de New Haven, un vieil homme à la peau noire et aux cheveux gris m’a arrêté sur le trottoir et m’a demandé si j’avais du feu. Techniquement, j’avais arrêté de fumer en entrant à l’Université. Mais cette mauvaise habitude revenait à la fin de chaque semestre, à cause du stress. J’ai sorti mon briquet en ressentant un peu de culpabilité et j’ai essayé d’allumer sa cigarette.

Il y avait trop de vent et cela éteignait la flamme à chaque essai, je m’impatientais et j’ai finalement saisi sa main, douce et un peu flétrie et l’ai entourée avec les miennes. La cigarette s’est allumée facilement. Il a pris une grande bouffée. Il m’a ensuite regardé en hochant la tête et m’a souris. Il m’a dit: merci, fils.

Le temps d’entrer dans le train, je sanglotais.

D’abord, je n’ai pas compris la raison de ces larmes. J’ai pensé que c’était parce que j’allais devoir écrire trois essais de trente pages dans les dix jours à venir. Ou à cause de l’effroi secret que j’éprouvais à chaque début de week-end, à l’idée de revoir en arrivant à New York mon ex-re-ex-re-ex copine avec qui je menais une relation moisie, dans laquelle je passais mon temps à esquiver les confrontations. Peut-être que c’était le temps pourri du Connecticut, cette version moderne du purgatoire de Dante, qui m’atteignait finalement. Peut-être que j’étais triste parce que j’étais un pauvre étudiant de Chicago qui se sentait parfois seul en Nouvelle-Angleterre.

Et peut-être que j’étais simplement vulnérable ce jour-là. Quelle que soit la raison finalement, les larmes coulait sur mon visage dans la gare, sur l’escalier roulant et même dans le train. Je m’appliquai à regarder par la fenêtre pour éviter le regard aiguisé des autres pendulaires.

Le vrai problème qui me valait cette émotion, c’était le fait que je n’avais jamais reçu l’affection masculine que je souhaitais quand j’étais enfant.

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C’est un bon gars, mon père. Mais il est de la vieille école. Il ne s’émeut pas facilement. Et s’il s’émeut, il le tait. Il a appris à me respecter en tant qu’homme, mais nous n’avons jamais été vraiment proches. Quand on passe du temps ensemble à Chicago par exemple, je suis toujours celui qui initie ces moments. Comme on est différents, politiquement et professionnellement, nous avons passé une bonne partie de nos vies à batailler pour se comprendre. Lorsque j’étais enfant, nous n’avons jamais joué dans le jardin ensemble. Comme j’étais un zonard, je voyais mes parents au maximum quatre heures par jour, la plupart d’entre elles étant passées dans la cuisine et devant la TV.

Pour être honnête, je ne me rappelle pas que mon père m’ait jamais serré dans ses bras quand j’étais petit garçon. Je ne me souviens pas non plus de lui étant fier de moi plus tard (à l’exception du jour où j’ai reçu mon bac, auquel il attachait vraiment beaucoup d’importance).

Même quand j’ai défendu ma thèse il y a six ans près de South Bend, je me souviens de n’avoir pas été surpris qu’il ne vienne pas. Maintenant, ne voyez pas dans cette description un réquisitoire, parce que mon père est bon, travailleur et dévoué (et Dieu sait qu’ai été un petit connard turbulent, querelleur et exaspérant). Il a été un père de la seule manière qu’il savait l’être et a lentement évolué depuis son second mariage and l’arrivée de son troisième fils (avec qui je crois qu’il a une relation plus active et affectueuse qu’avec mon frère et moi).

Ca ne fait pas longtemps que j’ai compris qu’il était fier de moi, de l’homme que je suis devenu. Je crois que c’est lié à mon acharnement à réussir professionnellement, à mon doctorat et à mon mariage avec la femme de ma vie. Peut-être d’ailleurs que ce respect récent n’a rien à voir avec la moindre de ces raisons. En mûrissant et en devenant à l’aise avec moi-même, j’ai appris à dépasser les non-dits qui existaient entre lui et moi.

Mais je parle aujourd’hui de la pénurie d’affection dans ma relation avec lui parce que je pense que cela explique partiellement pourquoi l’approbation des mâles a toujours été si importante pour moi en grandissant, pourquoi je suis toujours touché par l’affection masculine et pourquoi je recherche toujours le respect des hommes plus âgés que moi.

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Une conséquence pernicieuse du fait de vivre dans un pays ou la lutte contre l’homophobie et contre le patriarcat est encore  nécessaire, ce n’est pas seulement la rigidité des rôles attribués aux humains à cause de leur genres, mais aussi l’interdiction qui est faites aux hommes d’exprimer de l’amour, de la gratitude et de l’affection les uns aux autres (et souvent, à leurs propres fils).

A cause de cela, beaucoup de garçons grandissent en considérant l’affection comme hautement non-masculin parce que leurs pères ne leur ont jamais montré que l’affection et l’amour inconditionnel faisaient partie de leur propre masculinité.

C’est tragique, nous punissons encore les garçons parce qu’ils expriment de l’amour et de l’affection les uns aux autres (exception faite des instants qui suivent un succès sportif) en agitant des tabous sociaux et sexuels. Les garçons grandissent en voyant l’affection comme un comportement sexuel et non pas comme un comportement social. Pour beaucoup de jeunes hommes hétérosexuels, l’affection devient genrée. Ce sont les gestes des petites amies, des mères et des amies femmes.

Les femmes sont victimes de ce système de différentes manières (slut-shaming, inégalité salariale, relégation domestique, objectification sexuelle, domination, etc.). Mais une des principales tragédies qui touche les hommes c’est la pauvreté de leurs échanges affectifs entre eux.

Il y a un grand cri en nous. Celui que nous faisions pour réclamer l’attention et l’approbation de nos pères, leur amour. Un cri qui s’évanouit seulement (s’il s’évanouit vraiment) lorsqu’on développe plus tard des amitiés profondément affectueuses et inconditionnelles. Il faut une vie d’auto-compréhension pour supporter ce manque, ce vide. Ce n’est pas de notre faute, mais si on dénie son existence ou si on prétend qu’on a surpassé ce traumatisme de l’enfance, on devient facilement victime de notre pathologie, on entre dans la spirale du déni, de l’impossibilité d’aimer vraiment et de l’apitoiement.

Les hommes ne guérissent que s’ils sont entourés par d’autres humains qui sont des machines à délivrer de l’amour profond et inconditionnel. Des gens doués de compassion, affectueux, qui pardonnent et expriment leurs émotions. Pour moi, la plus récente source d’affection, de gentillesse et d’amour, c’est ma femme que j’aime plus tous les gens qu’il m’a été donné de rencontrer.

A l’école, c’était mes professeurs de religion et d’anglais. Au lycée, mon frère et mes amis. Un jour, ce sera peut-être ma propre paternité, qui me donnera un nouvel espace émotionnel pour ramasser les petits morceaux de moi et exprimer mon dévouement, mon amour explicite et mon affection continue pour mon enfant. Même s’il n’existe pas encore, même s’il n’a pas été même conçu, mon amour pour lui est déjà énorme, plus grand que moi.

Pour que les hommes s'embrassent

Auteur: Jackson Bliss est l’auteur de Blank Insects, The Ninjas of My Greater Self, Dream Pop Origami et Atlas of Tiny Desires. Il publie dans de nombreux magazines et sites web anglo-saxons dont le Goodmenproject où cet article a été publié pour la première fois. Visitez le site et le compte Twitter de Jackson Bliss. Merci à toi camarade de m’avoir permis de traduire et d’adapter ce très beau texte ! 

Image : SPJWebster

Fille ou garçon ? Pourquoi il faut renoncer à connaître le sexe

La construction de l’identité des garçons et des filles est un long parcours chargé de notre culture: la culture patriarcale. Fille ou garçon, il vaut mieux l’ignorer.

Cet héritage culturel donne aux bébés nés avec un pénis des avantages fantastiques dans leur vie familiale, personnelle, professionnelle et relationnelle et crée des plaies profondes dans leurs affects.

Et aux bébés nés sans pénis un avenir de subordonnée, de déconsidérée, de vient-ensuite fragile et passionnée par la futilité.

Les garçons, s’ils naissent dans le camp des dominants devront lutter en grandissant pour sortir de la boîte dans laquelle ils seront rangés. Pour vivre une vie saine, ils devront se débrouiller pour s’affranchir des règles de base de leur condition : les garçons, ça ne pleure pas, c’est fort, ça drague, ça baise, ça rapporte, ça n’échoue jamais, ça s’oriente naturellement, ça ne demande pas d’aide et ça se met en colère pour cacher la peur.

Les filles apprendront à ne pas se battre, à supporter et à se tenir les coudes. Mais pas à en jouer, non. Surtout pas. En grandissant, pour faire quelque chose de leur potentiel il leur faudra détruire cette norme, lutter à mort pour exister et réclamer le droit à l’égalité.

Alors, fille ou garçon ?

Les parents qui, à raison, font le choix d’une éducation réfléchie et aussi peu genrée que possible affrontent des difficultés hallucinantes.

La société qui les entoure est si discriminante, qualifiant les êtres en fonction de leur sexe, que leur cause est perdue d’avance.

Donc, renoncer à connaître le sexe de son enfant, durant la grossesse, c’est éviter de charger la barque, attendre un peu, offrir un délai. Permettre au bébé d’être au moins une fois à égalité avec les autres.

En disant non à l’obstétricien-ne qui nous demande si on veut connaître le sexe du foetus – fille ou garçon ? – on lui permet de ne pas entendre parler in utero...

de qualités athlétiques pré-partum (ça se voit bien que c’est une garçon, il est tellement vigoureux dans le ventre là…),

de préférences sportives (il donne des coups de pieds quand son père regarde le foot à la télé),

de futures vertus (c’est bien que ce soit une fille, ça fera du bien un peu de douceur dans la famille),

de soumission sexuelle (une fille, ah ça, ça va faire des cheveux gris au papa à l’adolescence, voyez-vous..),

d’identité caricaturale (couleur de la chambre, jouets genrés, parcours professionnel espéré, etc.)

Et de tous ces jalons qui marqueront le chemin de vie du bébé à naître, en fonction de son entrejambe.

Quelle que soit la bonne volonté des futurs parents, la multiplication des assertions sexistes influenceront leur fabrication de la relation avec l’enfant.

Apprendre le genre de son enfant à sa naissance lui permet de venir au monde libre. Mais la tâche qui attend les parents qui veulent permettre à leur enfant de conserver cette liberté en grandissant est énorme.

Leur permettre d’exprimer leur potentiel sans les enchaîner avec l’héritage culturel sexiste est une gageure. Ceux qui s’y collent sont des héros.

Crédit photo : Flickr/Andrew Mason

Fille ou garçon, pourquoi il faut renoncer à connaître le sexe du bébé

 

Des personnes atteintes du syndrome de Down s’adressent à une future mère

« Quelle vie aura mon enfant? » écrit une mère à une association qui soutient les personnes atteintes de Trisomie 21. Leur réponse en vidéo. 

Une femme enceinte d’un enfant atteint de trisomie a écrit, en février, à l’association Coordown qui milite pour l’intégration des trisomiques dans la société. « J’attends un bébé. J’ai découvert qu’il était trisomique. Je suis effrayée : quelle vie aura mon enfant ? », s’interroge-t-elle. L’organisation lui a répondu avec une vidéo postée sur YouTube, jeudi 13 mars.

Français, Espagnols, Anglais, et d’ailleurs, quinze trisomiques du monde entier interviennent pour la rassurer. « Chère future maman, n’aie pas peur. Ton enfant sera capable de faire plein de choses. Il pourra te faire des câlins, il pourra courir à tes côtés, il pourra parler et te dire qu’il t’aime. Il pourra aller à l’école comme tout le monde. Il sera capable d’apprendre et d’écrire. Il pourra t’écrire si un jour il est loin. Parce qu’en effet, il sera aussi capable de voyager, racontent-ils. Il pourra travailler et gagner son argent. Avec son salaire, il pourra t’inviter à dîner. Ou louer un appartement et vivre seul. »

Via FranceTVInfo

24 règles de base pour les pères qui élèvent des filles

Créer des liens étroits entre les papas et leurs petites filles. C’est à ça que ces quelques principes peuvent aider. 

Tous les papas veulent que leurs filles reçoivent une bonne éducation. Mais comment savoir ce que cela veut dire ? Voici une liste élaborée, scientifique, documentée et – surtout – à toute épreuve. Ou presque.

Elle est utile aux pères. A tous les pères. Y compris ceux qui élèvent leur fille en compagnie d’une mère. L’homme simple milite pour une paternité engagée, responsable et intégrale.

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1. Dis-lui qu’elle est jolie, mais dis-lui d’autres choses agréables à son sujet.
Ce n’est pas mal de dire à une petite fille qu’elle est mignonne. Mais que ce ne soit pas le seul compliment qu’elle entende de toi. Cela lui évitera de chercher à devenir uniquement belle.

Complimente son intelligence, son astuce, sa débrouillardise, son imagination, son dur travail et sa force physique.
Ce n’est pas la peine de prétendre que l’apparence n’aura jamais d’importance. Mais apprends-lui à ne pas se juger elle-même – et à ne pas laisser les autres la juger – uniquement sur son allure.

2. Apprends-lui que le sens pratique n’est pas réservé aux hommes.
Fais lui découvrir le bonheur d’entretenir la voiture, déboucher des toilettes, installer un piège à souris, changer les fusibles, couper l’arrivée d’eau et d’électricité, planter des clous et utiliser une perceuse.

Note aux pères qui sont à la traîne en matière de tâches masculines : apprendre à faire tout ça avant de l’enseigner à ta fille !

Il n’y a aucun mal à chercher de l’aide pour que les choses soient faites, mais l’autonomie et la confiance en soi sont utiles pour changer une roue ou chasser une araignée sans avoir besoin d’une équipe de sauvetage.

3. Laisse-la jouer dans la boue. 
Son bac à sable n’a pas besoin d’être rempli uniquement de sucre et de fleurs.

Permets-lui de découvrir les vers de terre, les escargots, les queues des chiens et les cailloux.

En passant, pense à renoncer à l’affubler de petits noms doux comme « lapin » ou « souricette » pendant qu’elle joue dans la terre.

4. Rappelle-toi que la façon dont tu parles des femmes et la façon dont tu les traites aura un impact durable sur elle. 
Elle intégrera les généralisations que tu fais sur les femmes. Les bonnes et les mauvaises (s’il existe des bonnes généralisations..).

Ce n’est pas ce que tu cherches, bien sûr, mais tu fabriques son identité et l’idée qu’elle se fait de la vie d’une femme. Et la façon dont elle s’attend à être traitée. Dis des choses positives et respectueuses à propos des femmes, filles, mères, actrices, mannequins, caissières, joueuses de football et institutrices.

Si c’est trop difficile, évite au moins de parler des culs et des seins des femmes en sa présence et d’ainsi lui apprendre petit à petit que le genre auquel elle appartient est inférieur. Tout ceci compte double lorsqu’il est question de sa mère.

5. Apprends-lui les vrais noms de ses parties génitales et utilise-les avec naturel. 
Si elle veut dire kiki, c’est ok. Mais ça dépend de toi qu’elle distingue sa vulve de son vagin.

6. Sois indulgent avec son imagination
Tu seras le chaton. Elle sera la maman chat. Ensuite, elle sera le chaton et tu seras le bébé du chaton. Ce sera ennuyeux pour toi, mais c’est bon pour elle. Continue à le faire. Miaule un peu. N’oublie pas de ronronner !

7. Pleure quand votre animal domestique meurt
Ce n’est pas la peine de gémir si tu détestais ce hamster. Mais l’idée est de montrer que c’est normal pour les hommes de ressentir et d’exprimer des émotions. Y compris les émotions gênantes, comme la tristesse et la déception. Parfois, la chose la plus réconfortante qu’on peut faire avec une émotion pénible, c’est la partager.

8. Apprends lui l’honnêteté et l’intégrité dans les relations en démontrant ces vertus dans les tiennes. 
Vivre de manière conséquente avec les valeurs que tu privilégies. Et aider les gens que tu aimes à vivre en fonction des leurs. Ce n’est pas de la dévotion aveugle. L’hônneteté et l’intégrité se transmettent par l’exemple. Comme beaucoup d’autres choses..

9. Lis lui des livres avec de grands héros – hommes et femmes. 
C’est plus difficile de trouver des livres avec des héroïnes. Mais cela existe. Tu peux aussi inventer des histoires – tu sais bien qu’elles n’ont pas besoin d’être sophistiquées, que tu y arrives très bien et que, non, sa maman n’y arrive pas mieux que toi – qui la mette en scène en conquérante affrontant un dragon ou sauvant des chatons dans un énorme orage.

10. Apprends-lui que son corps et sa sexualité sont en son propre pouvoir. 

Petite, dis-lui que son corps lui appartient et qu’elle en est la patronne.

Quand elle grandit, apprends-lui que son corps n’a pas à être utilisé pour gagner de l’amour, de l’approbation ou pour manipuler d’autres gens. Apprends-lui que le sexe, c’est beau. Et que le choix d’entretenir ou non des relations sexuelles est de son unique pouvoir.

Permets-lui de te parler de sexualité sans grincer que ce n’est pas ton affaire, sans gêne ou simagrées. Mais permets-lui également d’avoir un espace privé pour des conversations à propos du sexe et de la sexualité avec d’autres gens.

11. Parle-lui de la sexualité des hommes, sans lui faire peur. 
C’est tentant de lui dire que les garçons sont mauvais, que le sexe c’est mal et que les hommes ne veulent qu’une chose…

Mais on sait depuis des dizaines d’années que cette tactique est vouée à l’échec et qu’elle fait du mal aux garçons et aux filles. Les filles apprennent à craindre les garçons et les voient comme uni-dimensionnels. Ou alors elle apprennent que leurs parents n’ont fait que leur mentir.

Apprends-lui que le respect, c’est la clé. Et que garçons et filles le méritent et son capable de l’offrir.

12. Partage de la musique avec elle. 
Joue ta musique favorite et dis-lui pourquoi du aimes. Laisse-la faire la même chose pour toi. Apprends-lui pourquoi la pause, au milieu de Into the Mystic de Van Morrison est si cruciale et essaie sincèrement de comprendre ce qui est formidable chez One Direction (si tu comprends, merci de nous instruire dans les commentaires !). Apprends-lui la courtoisie des écouteurs et la sagesse du contrôle de volume.

13. Habille-la comme une princesse si elle le souhaite… Et laisse-la s’habiller comme un chevalier si elle le souhaite. 
Ca nous saoule de faire ce cirque. De jouer au théâtre et d’imaginer des répliques à ses histoires de chateau et de robes. Mais ça la fait se sentir importante quand tu joues à ce qu’elle veut jouer.

Jouer comme une fille ne fait pas de toi une fille. Jouer comme un garçon, n’aura aucune influence sur son identité ou sa sexualité. Amusez-vous donc des deux.

14. Vas au salon de beauté avec elle et recevez ensemble un soin de pédicure. 
Pas besoin de vernis. Profite seulement du temps passé avec ta fille et le massage qui va avec !

15. Inclus-la dans tes hobbys favoris. 
Partage avec elle ce que tu aimes. Comme regarder du motocross, cuisiner ou jouer de la guitare.

Prends ta fille avec toi de temps en temps quand tu vas au bowling ou sur ton chemin de randonnée favori. Vas voir les surfeurs au bord de l’océan. Explique lui ce qui se passe. Permets-lui d’en avoir marre au bout d’un moment et alors, partez faire ce qu’elle souhaite pendant un moment.

16. Permets lui de faire la folle pour toi. Et ensuite, fais le fou pour elle. 
Ca ne coûte pas grand chose – imiter une danse de claquettes, faire des bruits avec ses aisselles, tenir sur un pied – de faire rire une petite fille.

17. Laisse la choisir une couleur de son propre choix pour un mur de sa chambre. 
Oui, n’importe laquelle. Ensuite aide-la à le peindre.

18. Joue à la bagarre avec elle. 
Tu ne vas pas la casser. Et le jeu de la bataille est bon pour apprendre la confiance en soi et la résilience.

19. Donne lui de l’inspiration en évoquant les femmes qui réussissent dans des domaines traditionnellement confiés aux hommes. 
Elle ne deviendra peut-être pas championne de Rugby. Mais ne détruis pas ses aspirations avant leur arrivée en lui disant ce qu’elle ne peut pas faire parce qu’elle est une fille. Les quelques rares choses qu’elle ne peut pas faire deviendront évidentes et le reste demeurera possible si elle a le droit de rêver et si elle a des modèles qui ont réussi de grandes choses sans pénis.

20. Regarde la dans les yeux et ayez une vraie conversation au moins une fois par jour que vous passez ensemble. 

Même s’il s’agit de Mon Petit Poney ou de Justin Bieber.

21. Quand elle grandit, dis lui la vérité sur les drogues. N’utilise pas la peur, sois honnête. 

Les drogues sont assez effrayantes sans exagérer. Mais en disant « si tu essaies la drogue, tu mourras (ou deviendra clocharde ou prostituée) » et en considérant cette simplification comme votre conversation sur la drogue, cela échouera. Pourquoi ? Parce qu’elle apprendra vite que fumer de la marijuana ne tue pas – soit en voyant ses amis le faire, soit en l’expérimentant elle-même.

Elle découvrira que vous lui avez donc menti sur ce sujet. Ce que vous aurez pu dire d’autre sera aussitôt discrédité.

Parlez plutôt du fait que l’utilisation des drogues est un peu comme la roulette russe. Que cinq fois sur six, la personne peut s’en sortir normalement. Mais qu’il n’y a pas de moyen de savoir si on sera une de celle-là ou la sixième. Qui ne s’en sortira pas.

22. Apprends-lui que « Non » signifie « Non », pour elle et pour les autres. 
Apprends-lui les limites. A dire Non directement. Et que son Non doit être respecté. Elle ne doit pas avoir peur de protéger son corps.

Ce doit être clair que lorsque quelqu’un – un frère, un ami, une cousine – dit Non, elle doit le respecter… même avec les garçons.

N’encouragez donc jamais, par le discours, les remarques sur les femmes, dans les films ou dans la vraie vie, les actions qui consiste à convaincre quelqu’un de se livrer à un acte qu’il/elle ne souhaite pas. Jamais.

23. Permets lui d’être féminine si elle le souhaite. Mais ne la force pas si elle ne le veut pas. 

Qu’elle porte des robes si elle le veut. Ne l’impose pas. N’achète pas que du rose, à moins qu’elle en soit vraiment fan.

24. Si elle est encore assez petite, tiens la jusqu’à ce qu’elle s’endorme de temps en temps. 
Ca te manquera quand tu ne pourras plus. Beaucoup.

Bouleversant : Une petite fille essaie les habits et le maquillage de sa maman

Lea veut ressembler à sa mère.

Cette courte vidéo, créée par une association suisse d’aide aux victimes de violences domestiques est probablement la plus éloquente illustration de l’impact de ces actes sur les enfants.

La petite Léa essaie les chaussures de sa mère. Puis son maquillage. Elle utilise du mascara et du rouge à lèvres. Le résultat n’est pas celui qu’on attend et dit en une seule image plus que des milliers de mots sur la façon dont les enfants vivent dans les familles violentes.

Le film se termine sur le message suivant : « La violence domestique ne fait que rarement une seule victime. Ne la laissez pas aller si loin »

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ea is her mother in disguise