Archives de catégorie : Masculinité

Valeurs, éthique, moralité, non-violence, tendresse

20 raisons pour lesquelles les hommes vivent moins longtemps que les femmes

Les hommes vivent moins longtemps que les femmes. Pourquoi ? La science s’y colle. De nombreuses raisons socio-économiques et quelques thèses biologiques.

Mais les images ci-dessous fournissent de nouvelles hypothèses !

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Via Bored Panda.

Vidéo hilarante et efficace : Les Jeux Olympiques ont toujours été un peu gays

Brillante réponse vidéo aux lois russes anti propagande LGBT

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Le film créé pour l’Institut Canadien pour la Diversité et l’Inclusion montre deux athlètes qui se préparent à concourir pour la compétition de luge des Jeux Olympiques de Sotchi.

Le film est une réponse ironique et drôle aux lois russes contre l’homosexualité.

Les deux sportifs assis l’un derrière l’autre sur la luge bougent d’avant en arrière avant de s’élancer. Les mouvements ralentis et le morceau « Don’t You Want Me Baby » en fond sonore rende l’allusion érotique évidente.

Le film se termine par le slogan « Les Jeux ont toujours été un peu gay. Luttons pour que cela continue ».

Pendant ce temps, dans de nombreuses villes du monde, des manifestations sont prévues pour lutter contre les scandaleuses lois russes qui menacent de lourdes peines quiconque se livrerait à ce que le gouvernement nomme de la « propagande homosexuelle ».

Games gay

« Sois un homme » cette belle connerie

Tout ce qu’on casse avec ces trois mots. Tout ce qu’on dit de faux à nos fils, nos élèves, nos neveux, les petits de nos voisins, avec ces trois putain de mots.

Ne pleure pas. Sois courageux. Téméraire. Solide. Dur au mal. Endurant. Grand. Beau. Séducteur. Magouilleur. Menteur s’il le faut vraiment. Pourvoyeur. Directif. Autoritaire. Inspire le respect, exige-le s’il le faut. Domine. Fait reconnaître ta domination. Sois comme ton père. Tu n’es pas malade. Ca ne fait pas mal.

L’égalité, mon fils

Il est temps d’arrêter de parler d’idéaux masculins et d’embrasser l’égalité. La vraie. Celle où on ne parle plus seulement de la réduction des différences.

Et de jeter au feu les nouvelles absurdités populaires qui prétendent que les hommes se sont féminisés à cause des luttes pour les droits des femmes.

Dans ce monde-ci, les hommes – nous – continuons à gagner plus que les femmes et à occuper toutes les places de décision (politiques, religieuses, économiques et culturelles). En matière de violence – contre les femmes ou contre les hommes – nous avons toujours la quasi-totalité de la responsabilité, si ce n’est pas le monopole.

Sois un homme

« Sois un homme » et quoi ? Et tu recevras des récompenses qui comptent : l’admiration des hommes, la liberté de mouvement, une voix d’autorité, le respect. Et une collection de privilèges dans ton travail et tes loisirs. Le paquet all-inclusive du privilège vital : le patriarcat.

En regardant de près, cette inégalité a un prix pour nous aussi : les hommes meurent plus jeunes, ne demandent pas d’aide lorsqu’ils en ont physiquement ou émotionnellement besoin (ce qui pour les femmes s’appelle dépression continue à être appelé stress par les hommes qui en rejettent ainsi opportunément la faute sur d’autres), sont bien plus souvent dépendant à l’alcool ou à la drogue et se suicident à un rythme complètement disproportionné par rapport aux femmes.

Les hommes vivent dans la terrible peur d’être vus comme faibles. Comme n’étant pas des hommes. « Sois un homme » .

Ces notions de masculinité, ce patriarcat, ce sont des constructions. Artificielles. Artisanales. Ephémères. Inutiles. Sources de malheurs permanents.

Isolation

On assomme les garçons de conseils qui incluent la suppression simple de nombreuses émotions et capacités humaines. Depuis leur naissance, on leur fait découvrir que nourrir des enfants et s’en occuper au quotidien sont des tâches qui ne sont pas faites pour eux.

Ils lutteront toute leur vie pour poursuivre des idéaux impossibles. En créant une distance affective aussi grande que possible avec les femmes, les enfants et – curieusement il faut le dire – les autres hommes.

La recette de l’extrême isolation. « Sois un homme ».

Si on veut changer. Non pas pour être gentil avec les femmes et leur accorder les privilèges qu’elles méritent, non. Pour vivre mieux notre propre vie d’homme. Pour être plus heureux, plus longtemps, il nous faut mener à bien deux tâches.

D’abord, nous devons lutter pour l’égalité des genres et contre toute forme d’abus et de violence contre les femmes.

Ensuite, nous pouvons transformer ce que signifie être un homme. Découvrir les diverses manières d’être viril, d’être humain. Et de développer des relations saines. Eduquer nos fils pour qu’ils ne soient pas effrayés par les émotions sans être ostracisés pour n’être pas de vrais hommes

Peut-être que le progrès le plus urgent doit être fait dans le domaine de la paternité.

Il ne faut plus souhaiter de pères qui aident.
Il faut souhaiter des pères qui partagent les responsabilités parentales.
Et un monde où les hommes assument cinquante pour-cent des tâches d’entretien.

En lançant le dialogue entre hommes sur qui nous sommes et qui nous pouvons être, L’homme simple souhaite que nous devenions meilleurs ensemble et obtenions ainsi une qualité de vie plus élevée.

Sexualité masculine : la révolution qui se fait attendre

 

Silvia C. Carpallo appelle les hommes à la libération sexuelle

La libération sexuelle féminine est un combat fameux. Continuel. Essentiel

On parle du droit des femmes à choisir comment vivre leurs vies et surtout, comment vivre leurs sexualités. Mais pourquoi ne parlons-nous jamais de la liberté des hommes, de leur sexualité bridée ?

Plutôt que de laisser les hommes choisir, on ne cesse de leur donner des ordres. On leur demande d’être sensibles, compréhensifs, respectueux. Sans cesser d’être virils, forts et protecteurs.

On leur demande de s’occuper de notre plaisir, de nos orgasmes et, en plus, qu’ils jouissent quand cela nous convient.

Il faut qu’ils se promènent dans nos courbes pour trouver de nouvelles formes de plaisir, mais nous avons oublié de chercher avec eux. Ils n’ont pas cherché beaucoup, certes, mais nous avons une part de responsabilité.

Les hommes n’ont pas libéré leur sexualité, elle reste enfermée dans l’obsession du pénis.

Tant qu’ils ne se risquent pas à des découvertes. Tant qu’on ne s’y risque pas ensemble, on ne sortira pas du coïtocentrisme et des frustrations qu’il suppose.

Mais que veulent-ils ?

Dans vos têtes j’entends des réponses comme « ils veulent nous la mettre !» Bon, d’accord, mais ma question est : c’est tout ?

En parlant des nouvelles masculinités, on découvre que les hommes cherchent de nouvelles expériences. Comme le fait de vivre une paternité complète et épanouie. Et en matière sexuelle ?

Sexualité masculine

  • Savourer une session de caresses, de baisers, de mots interdits.
  • Se risquer à jouer.
  • A inclure des jouets à nos routines
  • A explorer nos points sensibles
  • A changer les rôles

En définitive, laisser pour un moment de côté l’obsession pour la verge.

Se débarrasser des angoisses sur la taille, la durée, le nombre et découvrir la jouissance pour la jouissance, rien de plus.

Ajoutons le plaisir individuel

Si on promeut continuellement la masturbation féminine, l’importance de nous laisser porter par nos fantaisies, de jouir de l’instant, on ne dit rien de l’onanisme masculin. Par norme, ce doit être rapide et direct.

Evidemment, cela finit par être un miroir de ce que deviennent les relations sexuelles avec une autre personne !

L’industrie a pris note. Peu à peu, elle propose de nouveaux jeux aux hommes. Cela ajoute de l’imagination à leurs moments de plaisir solitaire.

La marque TENGA propose de dépoussiérer la masturbation masculine. Si on ne change pas la base, on ne variera pas la suite. Capsules d’onanisme, oeufs de plaisir (utiles ensuite pour les jeux en couple) et sculptures de silicone.

Il n’est pas question de transformer les hommes en femmes. Si nous cherchons à nous libérer en imitant la sexualité masculine, on se rend compte que ce n’est pas la bonne voie. Il ne faut pas répéter les erreurs.

Il est question d’être capable de choisir, d’augmenter les options. La société a changé. Les rôles ne sont plus ce qu’ils étaient.

Accepter qu’un hommes soit comme il veut. Dans tous les domaines de sa vie. Que s’il veut être éminemment génital et profiter uniquement du sexe occasionnel, ce soit aussi bien que s’il décide qu’il veut explorer son corps et croire en l’amour romantique.

Tous ces hommes seraient égaux, choisiraient les formes qu’ils veulent. Et personne ne pourraient les juger. Dans la diversité réside le goût. Il y a un-e partenaire pour chaque type d’homme parce que nous ne sommes pas tou-te-s pareil-le-s. Heureusement.

Article paru sur le blog : Eros, traduit et reproduit avec l’autorisation de l’auteure, par L’homme simple.

Silvia C. Carpallo  (@silviaccarpallo) est journaliste et sexologue espagnole. Elle collabore au blog Eros du journal national El Pais

Il est Comme ça Gros Con

Le groupe français Fatals Picards, connu pour ses chansons à l’allure paillarde et à la profondeur surprenante, sort un morceau puissant : Gros Con.

Le clip est simple et fort. Utile. Cogneur. Il faut le voir et le partager.

Le ton est agréable, le rythme entraînant. Mais les paroles sont sauvages. On parle d’une femme. Elle tombe amoureuse d’un homme. Il la frappe. Le quotidien, quoi.

Les paroles sont fortes et les images du clip mettent une deuxième couche en intercalant le texte des paroles et des rappels statistiques : « 20% des homicides commis en France seraient dus aux violences conjugales » et « 75 000 femmes sont victimes de viol en France tous les ans ».

Ensuite, vous pouvez participer à la conversation ici, sur L’homme simple.

En lisant par exemple comment on peut éviter d’être un Gros Con, ou comment maitriser sa colère. Ou en s’intéressant à l’égalité des genres expliquée aux hommes.

Ou en proposant vos témoignages, vos avis, sous la forme de billets de blog, qui seront lus et publiés sur ce site.

Les Fatals Picards
Les Fatals Picards

Pourquoi vous Devriez Célébrer la Journée Internationale de l’Homme

LA JOURNEE DE L HOMME

Aujourd’hui, c’est la journée internationale de l’homme. Pourquoi c’est nécessaire ? Ce qu’on peut faire pour être du bon côté

Cette journée symbole est crée par un comité dirigé par Ingeborg Breines, ancienne directeur de l’UNESCO et présidente du bureau international de la paix.

Mme Breines dit  que la journée internationale de l’homme doit vivre parce que la grande majorité des leaders mondiaux sont des hommes, c’est essentiel qu’ils examinent la façon dont ils fonctionnent.

La recherche montre que les sociétés avec un taux d’égalité des genres élevé sont moins violentes, et inversement. Elle montre également que les places de travail qui comptent autant d’hommes que de femmes sont des lieux plus agréables à vivre. L’espoir porté par cette journée est de permettre aux garçons et filles, aux hommes et femmes de se développer en fonction de leurs capacités et de leurs potentiels. Sans être freinés par les rôles stéréotypés. 

C’est étonnant qu’une journée destinée à célébrer les hommes existe, non ? C’est comme s’il y avait une journée de l’oxygène. Ou une journée de l’eau. Il se trouve que les promoteurs de cette journée des hommes ont listé les raisons de de nous concentrer sur les humains mâles une fois l’an.

Les hommes font des sacrifices chaque jour sur leur lieu de travail, dans leur rôle de mari, de père, pour leurs familles et leurs nations. La journée internationale des hommes est un moment destiné à apprécier et à célébrer les hommes pour leurs vies et leurs contribution au bien-être de notre société. Autour du monde, les peuples ont l’habitude de considérer les hommes comme des protecteurs. Mais quand pensons à ce que nous pouvons faire pour protéger les hommes et les garçons de la souffrance et leur offrir de quoi s’accomplir et prospérer ? 

La journée internationale de l’homme est une opportunité pour promouvoir les aspects positifs de l’identité masculine. Basée sur l’idée que les hommes de tous âges acceptent mieux les modèles positifs que les stéréotypes genrés négatifs.

En d’autres termes, plus on célèbre les hommes bons, plus on en crée. CQFD.

Les 6 raisons de célébrer la journée internationale de l’homme, par InternationalMensDay.com:

1. Promouvoir des modèles positifs, pas uniquement des stars de cinéma et des sportifs, mais des hommes ordinaires qui choisissent des vies exemplaires et honnêtes

2. Célébrer les contributions positives à la société, la communauté, la famille, la paternité et l’environnement

3. Se concentrer sur la santé des hommes et leurs bien-êtres social, émotionnel, physique et spirituel

4. Mettre en relief les discriminations contre les hommes, dans les domaines des services sociaux, des comportements, des obligations et des lois.

5. Pour améliorer les relations de genre et promouvoir l’égalité des genres.

6. Pour créer un monde plus sûr et plus sain, où les peuples vivent libres de souffrances et se développent en harmonie.

 

5 étapes pour maîtriser sa colère comme un homme

Apprendre une méthode pour maitriser ces excès de colère qui pourrissent la vie des hommes.

Je suis heureux. J’aime ma vie, ma femme et mes enfants. Je crois que les choix que j’ai fait son les bons. La qualité de ma vie est proche de mes rêves raisonnables (très loin bien sûr de ce rêve là, vous savez… bref !).

Alors pourquoi est-ce que je ressens régulièrement cette colère qui me tue et qui désespère mes proches ? Qui met en danger ma relation de couple pour des futilités.

La colère est utile

Ces jours-là – c’est difficile à expliquer – je rentre à la maison après une journée de travail, une activité individuelle ou une réunion de famille. Et c’est comme si j’étais soudain cerné, enfermé dans un endroit hostile. Tout ici m’agace. Nettoyer, cuisiner, payer les factures, les cris de tout le monde. Et tous ces petits conflits avec elle. Qui durent depuis des années, sans avoir jamais été enterrés. Ni oubliés.

J’ai appris, dans les groupes de parole pour hommes que notre colère est une émotion humaine de base, saine et utile. Comme la tristesse, le bonheur ou la peur. On peut la comprendre et même la dominer. En suivant quelques étapes.

Note : je vis plus en paix avec mes émotions maintenant. Mais il y a encore du travail. Il m’arrive encore de craquer complètement, après une querelle pourtant futile et sans fondement. Et de penser que tout est fini, que je vais perdre ma femme et mes enfants (et mon écran LCD 27 pouces).

1. Sentir la colère monter en nous

Ca peut paraître idiot. Mais il m’arrive souvent que quelqu’un me dise « tu as l’air en colère » ou « est-ce que ça va, tu n’as pas l’air bien ? » en me regardant, parfois avec un peu de peur dans les yeux. Ma réponse est souvent « oui ». Et je crois vraiment que je vais bien. Et je réalise ensuite que non, je ne vais pas bien. Quelque chose ne va pas et je ne sais pas quoi.

Nous, les hommes, avons du mal à nommer nos émotions. Ce n’est pas exclusivement de notre faute. Par l’éducation et la culture patriarcale, nous sommes devenus des invalides émotionnels, dissimulant nos émotions ou les exprimant uniquement avec la violence.

Comment sentir la colère qui arrive ?

Quand la colère monte en nous, elle provoque des changements dans notre corps. La première étape est donc d’apprendre à les connaître et d’identifier la colère quand elle arrive, avant qu’elle ne soit remarquée par d’autres. Avant même que nous en ayons conscience.

Il y a plusieurs types d’effets physiologiques et chaque homme devrait chercher à identifier ceux qui lui correspondent. Les joues chauffent, le coeur bat plus vite, le dos se raidit, les articulations se rigidifient, le souffle devient plus court, les mâchoires se serrent, soupirs incontrôlés, les yeux sont douloureux, certains ressentent même un chat dans la gorge. Prenons une semaine pour tenter de ressentir nos signaux de colères.

Note absurde : bien sûr, ces effets peuvent être causés par d’autres problèmes. Si vous les ressentez tous, en même temps, c’est peut-être plutôt un infarctus. Auquel cas, il vaut mieux s’approcher d’un médecin que de réfléchir à sa colère !

Une fois que c’est plus clair, nous sommes capables d’une nouveauté émouvante pour un homme : identifier une émotion de base lorsqu’on la ressent, avant que quelqu’un d’autre nous dise que nous la ressentons. C’est facile. Moi, je me suis senti grandi après cette seule première étape.

2. Comprendre la colère

C’est une émotion humaine de base. Utile et normale. Nous devons la ressentir parce qu’elle fait partie des fonctions du cerveau. Il faut la tolérer. En nous autorisant à être en colère aussi souvent que nous en avons besoin, on se défend, on reste éveillé et – lorsque c’est nécessaire – cela nous permet d’éviter des dangers immédiats.

La colère consiste à nous en prendre à un obstacle que nous jugeons responsable d’une frustration.

Comprendre que c’est normal et que c’est souhaitable m’a permis d’accepter d’être en colère. Souvent. Presque une fois par jour au début. Et puis d’évoluer pour tenter de ne plus être cet homme désagréable que j’étais de plus en plus souvent à la maison. Réalisant que ma vie était géniale, mais que j’étais incapable d’en profiter réellement, caché par un voile de détails qui me fâchaient, guetté par le naufrage.

3. Un homme avec un thermomètre inclus

Pour maitriser sa colère au quotidien. Pour retrouver du plaisir dans la vie en nous débarrassant de ces émotions mal gérées, utilisons le thermomètre imaginaire qui mesure notre colère, de 0 à 10

 

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Où sommes-nous placés sur cette échelle à différents moments de la journée, de la semaine ? Essayons durant une semaine d’y penser.

Sommes-nous à 0, c’est-à-dire qu’on se sent absolument détendu ? A 2, 3 ou 4, c’est-à-dire que nous ressentons de la colère, mais qu’elle ne nous fait pas perdre le contrôle ? Ou plus haut, en ayant passé à la rage, difficile à contrôler, menant à la violence ?

L’outil est simple. Il n’est pas nécessaire d’être absolument précis dans l’évaluation de nos états d’âme. Parce que nous ne serons pas capable d’être précis lorsque nous serons vraiment en colère.

Températures

0 : je me sens bien, ciel bleu

1-3 : VERT, je maîtrise la colère et je peux éviter qu’elle augmente

4-6 : ORANGE, je n’arrive pas à maitriser la colère en restant dans la situation

7-9 : ROUGE, je ressens de la rage, la colère est devenue incontrôlable. J’ai besoin d’aide. Le risque de passage à la violence est très élevé.

10 : je suis dans le pire était de rage de ma vie.

 

Combien de fois suis-je rentré à la maison, près de ma femme ou de ma famille, en étant à 3 sur cette échelle ? Je veux dire, combien de fois ai-je passé le seuil de la porte en étant DEJA à trois ?

Et bien.. très souvent à dire vrai. A cause de mes soucis, du trafic, des collègues, des factures, du métro ou de n’importe quelle autre raison frustrante. En fait, je suis presque toujours à 3 en arrivant à la maison.

Au premier problème à affronter, même minuscule, à la première nouvelle ennuyeuse ou tâche qui m’agace : BOUM ! Je passe à 4, 5 ou 6 !

Ce n’est donc pas la vie de couple, la vie de famille ou mon lieu de vie qui me font peiner à maitriser ma colère : ce sont les autres éléments frustrants qui fabriquent un terreau fertile et dont il faudrait se débarrasser.

De la colère à la rage, puis à la violence

C’est la zone orange. Dans un instant, sans bonne raison, je sors de la zone que je peux contrôler. Ma colère devient de la rage. Cette perte de contrôle me fait souffrir, je m’en veux. Cela ajoute encore à la montée infernale.

La rage est une émotion aussi. Elle est difficile à contrôler. Elle provoque souvent la violence. La violence est une attitude. C’est un choix. Les violences physiques ou psychologiques dans le couple, ou dans la famille, sont générées par la colère non maitrisée qui devient de la rage.

On comprend maintenant que les mari et les pères violents ne le font pas uniquement à cause des problèmes domestiques. Qui paraissent souvent anecdotiques par rapport aux conséquences. Mais parce que l’homme n’apprend pas à maitriser sa colère.

Les soucis additionnés, les frustrations et l’absence de gestion des émotions et de connaissance de soi-même font le lit des relations familiales qui échouent.

4. Temps mort !

Utiliser le thermomètre qu’on vient de découvrir est assez simple. Comme pour une voiture. Si notre cerveau est un moteur. Que faisons-nous si :

  • Le moteur chauffe – ralentissons pour éviter qu’il ne chauffe davantage
  • Il est vraiment chaud – arrêtons-nous dans un lieu sûr et attendons qu’il refroidisse jusqu’à une température supportable. Reprenons la route.
  • Il va brûler – sortons de la voiture, appelons de l’aide.

Nous pouvons faire de même avec nos colères !

Lorsque notre colère franchit le niveau 3, il faut refroidir immédiatement ! C’est à ce moment qu’il faut utiliser le dernier outil : le temps mort.

Cela signifie qu’il faut sortir de la situation problématique et rejoindre un lieu sûr. Ce lieu sûr est un endroit qui vous fait respirer ou une activité qui vous permet de faire redescendre la température.

Le choix du lieu sûr est individuel et il est très important. Je me suis trompé au début en pensant que fumer une cigarette hors de la pièce était un lieu sûr. Je ne faisais que gamberger et remuer la situation sans refroidir. Pour moi, c’est l’activité sportive, même courte, qui fait l’affaire. A chacun sa méthode ! Dans les situations complexe, le fait de fermer les yeux, de respirer à fond calmement et de nous concentrer sur l’air qui entre et sort peut suffire.

Il faut être capable de descendre de 2 degrés au moins sur le thermomètre, en quelques minutes.

Note : le temps mort est un formidable outil pour maitriser sa colère. Pour qu’il fonctionne, il faut avertir vos proches que vous avez appris cette méthode et que vous souhaitez essayer de l’utiliser pour gérer vos humeurs. Expliquer que lorsque cela vous arrivera, vous direz « j’ai besoin d’un temps mort ». Votre compagne ou vos enfants peuvent parfaitement comprendre. Vous serez même surpris de constater qu’ils trouveront que c’est une excellente nouvelle que vous fassiez la démarche de corriger cette tendance à la colère.

5. Retour au calme

De retour dans la zone verte. Retourner auprès des autres, dans la situation initiale, calmement. Les problèmes qui ont généré la montée de température peuvent être traités rapidement ou abordés dans une discussion complète. Choisissons alors d’expliquer ce qui nous a mis en colère en utilisant le discours à la première personne et les verbes de sentiment : je me sens, je crois que, je regrette, je suis déçu, je suis triste, etc.)

En se familiarisant avec ces étapes, en apprenant à s’écouter et à se connaître, on peut anticiper plus facilement l’arrivée de nos colères et faire descendre la température.

Il y a même une chance de découvrir des nouvelles manières d’organiser ses journées ou sa vie en fonction de ces nouvelles émotions que nous avons domestiquées.

***

 

Note de publication : cet article, traduit par l’auteur, a été publié sur le site The Good Men Project le 5 octobre 2013.

Si cette manière d’aborder la colère des hommes vous intéresse, si vous souhaitez la compléter, l’essayer, la transmettre aux hommes que vous connaissez qui pourraient l’utiliser ou l’expliquer à vos garçons, nous serons heureux de lire vos commentaires ci-dessous.

Egalité homme femme, comment en parler aux hommes ?

Les premier à avoir intérêt à en parler de l’égalité homme femme, c’est encore nous les hommes ! Et le meilleur angle qu’on puisse choisir, c’est d’entreprendre une sérieuse auto-révision. C’est le propos du travail de l’institut WEM, à San José, pour lequel je travaille et celui de ce blog.

Mal-être

Petit homme déjà, on m’apprenait que montrer de l’empathie ou de la compassion, c’était de la faiblesse. J’ai su que je devais taire mes émotions, mes douleurs, mes colères, accepter la compétition et prouver ma virilité bien avant de savoir écrire.

Sans parler – et pourtant il faudrait le faire – de mes doutes sur mes préférences sexuelles; l’hétérosexualité étant obligatoire, évidente, indiscutable.

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Je ne comprends pas bien pourquoi depuis ma naissance, je me sens contraint de prouver sans cesse ma valeur, mon courage, mon hommitude, mes succès et mes forces.

Et de taire toute nuance, cacher les doutes et les angoisses. Mais c’est ce que la masculinité occidentale moderne a fait de moi !

Ce que j’ai hérité de mon père, des mes oncles, de mes camarades, de mes profs, des mes entraîneurs de foot, de Super Mario Bros, de James Bond et du coq Kellog’s. Ce que j’ai hérité aussi de leurs compagnes silencieuses.

Les relations, le désir, l’attention aux autres, la compassion, c’était pour les femmes. Et ce qui était pour les femmes, pour moi, c’était… mal. On peut dire aussi que ce qui a un genre féminin était dévalorisé. Sous-estimé. Inutile. Futile. A éviter. En tous les cas : à taire.

Si je ne me trompe pas trop lourdement, je ne suis pas seul. Les adolescents avec qui je rivalisais pour avoir la plus grosse (quel que soit l’objet mesuré) en sont aussi, forcément.

Ceux qui, comme moi, ont enfilé un masque chaque matin avant d’aller au travail ou à l’école. Ont choisi des vêtements, une démarche, un ton, un vocabulaire et des goûts en fonction de ce qu’ils croyaient viril, de ce qui leur donnait du pouvoir, du contrôle. 

Quand Thomas s’est suicidé en 2007 ou 2008 – je ne me souviens pas très bien – j’ai pensé qu’il y avait un lien avec le fait qu’il était manifestement celui qui avait perdu la compétition de la virilité pendant notre enfance. Quinze ans après les brimades que je lui infligeais – à cause de ses cheveux longs, de ses lunettes à verres épais et de son goût pour la musique classique avec les autres aspirants-mâles de l’école – il s’est tiré une balle de fusil dans le visage.

Ce n’était sûrement pas seulement à cause du machisme.

Crédit image : Tumblr
Crédit image : Tumblr

 

Violences faites aux femmes

Masquer nos émotions et galvaniser les discriminations, les manifestations d’autorité, ça fabrique des petits frustrés. Qui deviennent grand et gèrent plus ou moins bien le pouvoir dont ils se croient les dépositaires !

En un rapide coup d’oeil, on constate que l’échec scolaire concerne, pour 70% environ, les garçons. La majorité des viols, des agressions et des homicides sont commis par des hommes et deux fois plus d’hommes que de femmes se suicident.

Les hommes que je rencontre ici, à l’institut WEM partagent une impossibilité à reconnaître leurs faiblesses qui les a presque tous menés à des actes violents. Psychologiques ou physiques. Envers leurs compagnes et leurs enfants.

Moi, petit garçon, j’ai beaucoup entendu ça :

  • Ne pleure pas, tu es un garçon, ce sont les filles qui pleurent
  • Reprends-toi, il ne s’est rien passé.
  • Sois un homme
  • Ne fais pas ta femmelette
  • Ce n’est pas une femme qui va décider pour toi
  • Comporte-toi comme un homme
  • Tu devras être fort
  • Quand tu seras un homme
  • Tu cours comme une femme

Quelles chance nous avons de devenir des êtres sensibles, doués de compassion et d’empathie ? Comment parler de nos doutes et, surtout de nos peurs. De nos tendresses et de nos faiblesses ? Et comment les surmonter sans déprimer, sans échouer ?

 

Meilleur espoir masculin

Je me suis passionné par la question des masculinités en ayant ma première fille. Les efforts que j’ai déployés pour parvenir, à la barbe d’un tas de gens bien intentionnés, à être un père intégral, m’ont harassé. Je voulais être la moitié de ses parents. La moitié, pas moins.

Etre exactement autant concerné par l’éducation de mes enfants que ma compagne. Je voulais que lorsqu’il faudrait que quelqu’un interrompe sa journée de travail pour s’occuper d’une de nos deux filles malade, il faille faire un choix et qu’au moins une fois sur deux, ce soit moi, simplement parce que c’est juste ! 

En épousant cette cause du haut de mon statut privilégié de naissance d’homme blanc, riche et en bonne santé, j’ai bataillé ferme contre une nébuleuse difficile à vaincre : le patriarcat. Qui n’est pas une règle, mais une circonstance. De celles qui sont si rarement discutées qu’elles sont établies.

Que penser alors de tous mes copains, tous mes congénères, qui pourraient éventuellement songer à épouser la lutte féministe par l’exemple et qui ne sont pas privilégié comme je l’étais. Que penser hein ? Et bien c’est assez clair. Il faut en penser que ce n’est pas possible. Et si on ne crée pas des conditions exprès pour que ça change, bien adaptées aux hommes et à eux seuls, on peut toujours aller gueuler pour des quotas ou se promener les miches crayonnées de slogans, la charrue sera toujours derrière les boeufs et le sillon bien droit. Voilà !

 Âmes invalides et bras noueux

Le problème des violences faites aux femmes ne sera pas résolu si nos comportements actuels, à nous les hommes continuent à être les modèles à imiter. Pour remettre en cause le patriarcat, il faut nous parler directement. Dans notre vocabulaire, avec nos codes. Et aborder des solutions dans lesquelles nous comprenons notre intérêt individuel, intime. 

boy in pink shoes

La distribution des rôles actuelle, entre hommes et femmes est problématique. Pas uniquement pour les femmes. L’invalidité émotionnelle nous fait souffrir et nous le reprocher sans autre construction, c’est comme pisser dans un violon.

Pour promouvoir une réforme de notre comportement vis-à-vis des femmes, de nous-mêmes et des autres hommes, il faut commencer à travailler avec nous. Pour nous. Dans un langage qui comprend notre format culturel, biaisé, dénaturé, mais existant.

Des organisations, des campagnes et des blogs se créent petit à petit, abordant la question de l’égalité des sexes du point de vue masculin. J’ai la chance de travailler pour l’une de ces organisations, l’institut WEM, en Amérique centrale. Mon expérience ici m’a donné envie de créer ce site. Pour partager. Et pour susciter la réflexion.

Ce blog ne veut pas être un lieu de réflexion destiné exclusivement aux professionnels, aux féministes travaillant déjà à l’idéal égalitaire ou aux hommes révisés. Non. Il s’adresse aux hommes susceptibles de réviser leur masculinité, intéressés par les discussions, ouverts aux dialogues sur ce qui nous amène souvent à adopter des attitudes problématiques malgré nous.

Décoder les schémas de pensée machiste inculqués aux hommes par la société, par la culture. Déconstruire nos relations avec nous-mêmes, avec les autres hommes, avec les femmes et les enfants. Pour voir clair dans ce qui est souhaitable et ce qui est un héritage qui nous enferme et nous condamne à un autisme sentimental dommageable.

Responsable, mais pas coupable

L’idée moderne des organisations travaillant sur les masculinités est que nous ne sommes pas individuellement responsables de notre comportement activement ou passivement sexiste. Que nous avons reçu cet héritage. Lourd, martelé, omniprésent.

Et qu’en nous permettant d’en prendre conscience, la révision devient possible. Cela fait mal au féministes, souvent, de s’entendre dire que l’homme, pour oppresseur qu’il soit, est également victime de cette oppression puisqu’il est contraint de vivre dans ce schéma. C’est compréhensible.

Mais ce propos nuancé, s’il est choquant sous un angle, est quand même utile. Il l’est notamment pour permettre une démarche éducative. Si on part de l’idée que les hommes peuvent changer, devenir meilleurs, alors il est opportun de leur donner la chance d’expliquer leurs attitudes par un facteur autre que leur misérable esprit.

C’est ce que je découvre ici, à l’institut WEM, où les hommes, très nombreux, se sentent profondément émus par les explications qui font à la fois d’eux des oppresseurs perpétuant un patriarcat injuste et des victimes de ce système dans lequel on ne leur a pas permis de voir clair.

Je crois que cette réalité existe dans l’ensemble du monde occidental et pas seulement dans l’Amérique latine machiste aux mâles roulant les épaules. Que ce qui est réalisé ici vaut aussi pour ma région d’origine. Et je crois que cette révision de la masculinité doit être promue. Que les hommes doivent pouvoir entendre ce message qui leur propose un recyclage qui leur est directement profitable, à eux.

Je crois surtout que, s’il faut renforcer encore le combat pour l’égalité des sexes du point de vue des femmes oppressées, la sensibilisation et la prise en main de nous autres, les hommes, de notre point de vue, a de meilleures chances de générer un changement qu’une lutte qui passe au-dessus de beaucoup d’entre nous.

Les méthodes d’éducation populaire et de thérapies en groupe utilisées à WEM sont excellentes. Elles permettent de toucher tout le monde sans infantiliser ni sur-intellectualiser. Elles permettent de générer des espaces d’expression des émotions. Le point-clé, la pierre d’achoppement, la valve qui nous fait souffler enfin.

Rompre notre omerta intime, qui nous fait chasser la peur, la tristesse, la colère du registre de nos émotions depuis notre naissance de garçon.

Féminisme masculin

Il pose un problème de base. Celui du paradoxe initial de la parole donnée à l’oppresseur pour gloser sur l’oppression. Parce qu’en terme de prise de parole aussi, le système patriarcal fait son travail, y a pas de raisons !

J’adhère aux thèses des adversaires d’un féminisme masculin concentré sur des concepts, des théories et distancé des vrais changements possibles. Et sur les dangers du néopaternalisme.

Mais dans le travail de WEM, en Amérique latine, et dans toutes les associations qui travaillent à travers le monde à une remise en question des masculinités, l’intervention des hommes féministes est pertinente.

Pour avoir vu à l’oeuvre ces hommes, convaincus d’avoir sauvegardé leur masculinité tout en ayant profondément révisé leurs rapports aux autres humains et à leurs émotions intimes, chargés de l’éducation d’autres hommes, je crois désormais fermement qu’un monde meilleur est possible en terme de relations humaines.

Et que cela passe par une éducation des hommes par les hommes. Il est temps d’ouvrir le dialogue sur la question qui gêne, Messieurs !