Archives de catégorie : Masculinité

Valeurs, éthique, moralité, non-violence, tendresse

Hommes féministes en Suisse romande

Les hommes féministes s’organisent en Suisse romande. Exemple à suivre!

Des pères, des hommes qui se vantent d’un féminisme masculin, sans faire la leçon, décidés à renoncer à leurs privilèges, ça existe.

En Helvétie, on les a vus et entendus  et  (débat télévisé sidérant sur la chaîne nationale!) ces derniers mois. Nous en avions déjà parlé sur L’homme simple dans cet article. Cela vaut la création d’une rubrique « Suisse » à notre magazine, qui gardera à l’oeil ces militants.

Aujourd’hui, ils sont organisés autour d’une association, maenner.ch qui devient la porte-drapeau de la campagne mondiale mencare.org pour une paternité égalitaire.

Début de campagne

Le lancement de la campagne pour la Suisse francophone a eu lieu au début octobre. L’objectif est simple: l’égalité par une répartition égale du travail rémunéré et non-rémunéré et par la disparition de la violence de genre, de l’objectivation sexuelle à la culture du viol, en passant par l’exploitation sexuelle commerciale et le harcèlement.

Ce lancement a profité d’une couverture médiatique qui peut permettre de penser qu’une place existe pour cette cause juste, dans une des régions d’Europe les plus rétrogrades en matière d’égalité institutionnelle.

Revue de presse

Mencare, pour que papa partage les tâches, avec la participation de Grégory Jaquet, sur Canal Alpha, journal télévisé du 3 octobre

Un vaste programme pour des pères plus présents à la maison, 24 heures du 2 octobre

Un programme lancé en Suisse romande pour favoriser les pères au foyer, Radio télévision suisse, journal de 12h30 du 2 octobre

Fier d’être papa professionnel, L’Express du 12 octobre (reproduit ci-dessous, cliquer sur l’image et agrandir pour lire l’article)

Hommes féministes
Travaux domestiques et tâches éducatives partagées. Objectif: que cela devienne évident!

 

 

Les Femen ont raison. Et ça fait mal aux couilles !

Toute la domination masculine, tous nos privilèges d’hommes et leur défense s’opposent aux actions des Femen

 

- Elles ont raison, mais elles pourraient le faire autrement. En posant nues, elles ne sont pas féministes !
- Quelle vulgarité !
- Pourquoi elles sont torse nu, nous les hommes on n'est pas torse nu. Ce n'est pas de l'égalité.
- Ne pourrait-on pas parler poliment de l'égalité, plutôt que de se comporter comme des sauvages ?

Non. Non et non ! 

En rabaissant avec paternalisme les militantes Femen, en les jugeant comme des hystériques sans fond, les hommes (et les femmes) défendent leurs privilèges (et leur asservissement confortable). Les commentaires de tous bords suivant l’action de ce week-end au salon de l’islam en sont une nouvelle malheureuse démonstration.

Les Femen ont raison et c’est compliqué à accepter.

Les femmes qui luttent, les Femen entre autres, se battent contre une oppression, pas contre un petit problème administratif qui devrait être vite réglé !

Les femmes en 2015, ici en France et en Europe, n’ont pas accès aux salaires élevés, aux postes de cadres, à une vie familiale équilibrée, aux sports populaires, à la considération publique, au libre choix de carrière, à la liberté sexuelle, à la libération de la stigmatisation culturelle les dépeignant autrement que comme des esclaves professionnelles, domestiques et sexuelles.

 La culture omniprésente indique aux humains dès leur premier âge qu’ils joueront dans la communauté un rôle distinct et impose aux filles une position secondaire.

Pour se libérer, faut-il être raisonnable ?

La lutte pour cette libération dans les livres, les salons, les meetings ou les programmes politiques a vécu.

Aujourd’hui, le combat plus offensifs des membres des Femen ne devrait fait l’objet d’aucun autre discours que l’appui inconditionnel jusqu’à la conquête de l’égalité.

Si ça nous est insupportable pour une des raisons habituellement évoquée, on choisira alors une autre forme de militantisme, une autre organisation, mais on se retiendra tant qu’on peut de dénigrer un des groupes qui lutte pour l’égalité.

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Les rassemblements des communautés les plus extrémistes tendant à augmenter cette oppression (salon du X, salons militaires, salon de l’auto, meeting politique au programme ouvertement sexiste ou rassemblement religieux misogyne, etc..) sont au niveau des rassemblements ouvertement racistes des années 60.

Aujourd’hui, s’exprimer en faveur de l’augmentation de l’asservissement des femmes, c’est comme militer pour le raccourcissement des chaînes des esclaves.

Rares sont les sains d’esprit qui contestent en 2015 le bien fondé des manifestations sauvages des noirs en faveur des droits civiques.

La plupart d’entre nous intègre même volontiers que pour lutter contre une oppression, les cris et même la force sont nécessaires. On ne se libère que difficilement de liens étroits en agissant avec politesse et mesure.

On n’est pas écouté dans des débats mesurés et raisonnables si on est un oppressé parmi des oppresseurs (volontaires ou involontaires appuyés par une culture dominatrice)!

On n’imagine pas un gay à une conversation entre homophobes être écouté et faire changer d’avis une partie de l’assemblée, n’est-ce pas ?

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Les hommes lorsqu’ils participent au débat le font souvent de la même manière : en expliquant aux femmes comment elles devraient lutter plus efficacement. Ils utilisent la cause du problème pour se prononcer sur sa résolution, le paternalisme !

En changeant de point de vue, les hommes devraient se rallier à la cause des Femen et renoncer à argumenter sur la tenue, la vulgarité, la bienséance ou la mesure de leur lutte. Cette lutte ne devrait pas avoir de mesure, c’est un combat pour une libération !

Les hommes conscients que le patriarcat est un privilège. Qu’il mérite d’être remis en cause sans délai et sans conditions. Ces hommes là, sont les bienvenus sur L’homme simple, qui s’engage à leurs côtés et aux côtés des associations militant pour l’égalité.

 

Réussir sa vie en trouvant l’équilibre

Gérer son travail, gérer sa vie personnelle : faites vous partie de ceux qui y arrivent ? Cécile Vandorme Martin interroge les hommes sur l’art de réussir sa vie.

Et cette injonction réussir la conciliation de ses temps de vie, est-ce un idéal ? ou une réalité –déjà- pour certains ? Ou est-ce juste un truc comme cela, dont parle votre compagne et dont vous entendez parler (de plus en plus) dans les médias ?

Réussir sa vie

Toutes ces questions, je sais que vous vous les posez. Et je peux aider à y trouver des réponses.

Je suis entourée d’hommes – le mien déjà (mais son avis est biaisé par notre cohabitation !), mais aussi des amis, des collègues, des relations de travail. Je les écoute s’étonner, se questionner et finalement réfléchir quand j’aborde le sujet à la fois de l’égalité femme-homme, et du work family balance.

Et je sais que cela les perturbe. Or, je ne veux pas me mettre à votre/leur place. Car même si je râle (un peu) sur les inégalités entre femmes et hommes, pour rien au monde je ne souhaiterais devenir un homme. (Oui, parce que cela a des avantages d’être une femme… mais tel n’est pas le sujet !)

Par contre, je peux essayer de me projeter un peu, et de mon point de vue féminin, donner des moyens qui pourraient vous inciter à y arriver.

Je me suis mise à la place d’un homme…

Pour cet article, je l’avoue je me suis quand même un peu mise à votre place !

Car oui je pense que femmes et hommes ne sont pas si éloignés, voire opposés que cela et je suis certaine que nous avons beaucoup en commun, en tous cas en ce qui concerne l’articulation des temps de vie, et l’aspiration au bien-être.

Même si cela semble dur pour vous, les hommes, de l’avouer. Pour preuves, mes conversations avec ces amis, collègues … qui semblent trouver normal que, eux, se sacrifient (et leur santé, et leur plaisir de vivre, et la joie de voir grandir leurs enfants) pour ramener un salaire à leur famille. Ils trouvent également normal que ce soit leur femme qui, elle, sacrifie sa carrière pour gérer leurs enfants. Pourquoi la « balance » dans ce couple est-elle totalement déséquilibrée ?

Sacrifier pour réussir sa vie ?

J’ai volontairement parlé de sacrifice, même si vous ne le ressentez pas comme cela. Mais pour certains, une fois les années professionnelles terminées c’est leur propre mot. Ils se rendent compte de tout ce à côté de quoi ils sont passés et des conséquences aussi sur leur santé.

Une fois le constat effectué de cette répartition des tâches dans la famille, il convient de se poser…des questions. Attention risque de bouleversements à venir ! Car elles vont forcément déranger, remettre en cause des façons de penser, des comportements observés autour de vous et adoptés depuis toujours. L’enfance le plus souvent.

Mais j’en reparlerai ultérieurement, car ce sont ces stéréotypes que l’on intègre et que l’on fait siens, au risque d’aller à l’encontre de ses propres envies/besoins/valeurs/croyances.

Les étapes vers la réussite…dans la conciliation de vos temps de vie

La première étape, indispensable, est de définir ce qui vous permettra de dire que vous y arrivez, que vous réussissez votre vie.

C’est à dire de définir vos critères de succès.

Attention, cette définition sera amenée à évoluer, pour s’adapter aux nouvelles étapes de votre vie perso ou de votre vie pro. Pour un jeune papa, ce sera de s’engager pleinement dans l’éducation de ses enfants, pour un père d’adolescents, de déjeuner avec chacun de ses enfants une fois par semaine, pour un autre, de ne pas rentrer après 21h plus de 2 soirs/semaine pour passer du temps sur son projet associatif ; Et cela peut aussi être : se sentir plus épanoui, moins stressé…reprendre le sport.

Ensuite, comptez sur vos réseaux … d’aide. Pas le réseau professionnel mais toutes ces personnes sur lesquelles vous allez vous reposer pour le quotidien familial. Ceci afin de n’être présent que pour les moments à haute valeur ajoutée avec vos enfants et conjoint-e-s.

Cela peut se faire par l’embauche d’une femme de ménage/jardinier mais aussi en faisant appel à vos voisins, et aux parents des copains de vos enfants pour le co-voiturage ou la garde pendant les vacances.

La troisième étape sera de redonner leur place à toutes ces technologies qui peuvent enrayer cette nouvelle mécanique que vous mettez en place. Décider quand, où et comment vous serez joignable pour le travail sera un vrai challenge. Mais qui en vaut la peine.

Plutôt que de subir vos outils, faites en des alliés dans votre conquête d’un équilibre de vos temps de vie . Soit en refusant toute consultation du smartphone quand vous êtes à la maison/avec vos enfants ou en week end, ou en vos autorisant des plages bien délimitées de consultation.

Enfin, impliquez toute la famille !
En effet pas de réussite si vos objectifs de succès ne sont pas partagés/partageables. Il vous faut privilégier une vision partagée de la réussite pour tous, et instituer les mêmes règles avec votre conjointe et les enfants, surtout quand ils commencent à grandir.
Bien sûr ce ne sont que quatre conseils parmi tant d’autres, mais pourquoi ne pas commencer par ceux là ?

 

Conciliation vie privée vie professionnelleCécile Vandorme Martin est spécialisée dans les ressources humaines et la conciliation vie privée vie professionnelle. Elle dirige le site féminin-business.com sur lequel elle publie de passionnants articles sur les relations hommes-femmes et la vie professionnelle.

Conciliation vie privée vie professionnelle, le défi des hommes modernes

Cécile Vandorme Martin lance la rubrique sur la conciliation vie privée  vie professionnelle de L’homme simple. 

Je démarre aujourd’hui cette rubrique. Chouette, super chouette !

Une occasion en or de m’adresser aux hommes, à vous, encore trop grands absents des réflexions sur la conciliation vie privée vie professionnelle, sans parler de celles sur les stéréotypes.

Je parle beaucoup des femmes quand j’interviens en entreprise. Mais je ne vous oublie pas, vous qui êtes aussi victimes des stéréotypes de genre et de leurs conséquences qui, même s’ils sont combattus par les nombreuses lois prônant l’égalité femme-homme. Et même si on constate enfin un début de rééquilibrage lent mais certain de la place de chaque sexe dans la société. Et ceci au bénéfice de l’homme sur lesquels le poids des obligations (bread winner, présentéisme..) pèse un peu moins chaque jour.

Au risque de me répéter donc (mais comme je démarre, je préfère être sûre que vous compreniez bien) : loin de moi l’idée que les hommes soient différents dans leurs attentes, besoins et pratiques de cette « conciliation », mais leur place dans la société étant différente ils ne pourront pas l’envisager de la même façon que les femmes, qui sont jusqu’à maintenant celles pour lesquelles ont parle le plus de besoin de conciliation vie privée vie professionnelle.

Conciliation vie privée vie professionnelle ou l’équilibre nécessaire

Et je souhaite pour ce premier article faire un point sur la définition du terme « conciliation vie privée vie professionnelle »., que l’on soit un homme (ou pas).

J’en ai déjà parlé dans l’un de mes articles sur mon site web. En effet le terme même de « conciliation » (et ses synonymes : articulation des temps de vie..) est contradictoire avec ce qu’on en attend.

Oui, parce que dans le Larousse, conciliation se définit ainsi : compatibilité entre des parties opposées, des choses, des opposants dans des conflits. C’est aussi un mode de règlement de conflits. Ce qui signifierait qu’on vivrait des vies opposées au travail et à la maison.
Qu’on serait des personnes différentes au bureau et avec sa famille. Le terme conciliation est chargé négativement puisque mettant en avant des pans de la vie des hommes et des femmes qui seraient inconciliables, forcément exclusifs les uns ou les autres…avec la notion de sacrifice, de choix difficile, de perte, de conflit.

Or ce n’est pas vrai et ce n’est surtout pas la revendication des actifs actuels. Au contraire, ils recherchent tous du sens à leur(s) vie(s) : pro et perso, et à en profiter autant, de la même manière, de façon à s’épanouir.

Alors alors ?

Si on s’intéresse à l’histoire de la conciliation des temps de vie, on peut se rappeler que les francophones sont arrivés après les anglo saxons, et que le terme conciliation est la traduction (imparfaite) de work-family balance.

Or ce terme anglo saxon n’est pas forcément plus approprié. Pourquoi ? Parce qu’il est trop chargé de positif. « Balance » signifie équilibre : avec ce terme « work family balance » on suppose donc que l’équilibre est atteint entre la vie pro et la vie perso, masquant les difficultés, les renoncements et compromis que la gestion des temps familial et professionnel implique.

Alors comment faire ?

Et bien je n’ai aucune prétention créative et ne vais donc pas proposer de nouveau terme. Par contre, j’espère que par cet article vous aurez compris que tout ceci est plus compliqué/complexe qu’il n’en a l’air et que derrière un terme peut se cacher des réalités très différentes ; un peu comme avec les femmes, non ?

Cela justifie bien la création d’une nouvelle rubrique, non ?

 

Conciliation vie privée vie professionnelleCécile Vandorme Martin est spécialisée dans les ressources humaines et la conciliation vie privée vie professionnelle. Elle dirige le site féminin-business.com sur lequel elle publie de passionnants articles sur les relations hommes-femmes et la vie professionnelle.

L’homme simple, saison 3

Y a bien des raisons de laisser tomber un blog. La flemmardise, la procrastination ou l’usure. Mais L’homme simple, même laissé pour compte pendant quelques mois, continue d’attirer des milliers de visiteur-euse-s (la fréquentation est stable avec environ 1’300 visiteur-euse-s par jour depuis un an environ).

Parce qu’on explique encore aux garçons et aux filles ce que leur genre leur permet ou leur interdit de faire.

Parce qu’on convainc encore les hommes que la possession sexuelle est le Graal de l’art d’être un homme.

Parce qu’on se marie encore en abandonnant son nom de famille.

Parce qu’être homosexuel est encore une insulte.

Parce que des hommes continuent de contrôler les téléphones portables de leurs femmes.

Parce que les publicités pour les voitures et pour les lessives ne s’adressent encore qu’à un seul genre.

Parce qu’on se suicide encore, à Paris, Bruxelles, Montréal et Tunis, pour n’avoir pas réussi à entrer dans le carcan de l’homme idéal, matérialiste, hétérosexuel, puissant.

L’homme simple continue son chemin et revient avec de nouvelles publications, dès cet été. Nous poursuivons notre travail pour mettre en évidence des manières plus justes d’être des hommes, aux côtés des associations comme MenCare, MenEngage et Le Ruban Blanc.

Les hommes violents font un choix personnel

Les hommes qui s’en prennent à leur femme font un choix personnel. Ce n’est pas un effet, pas une suite logique, c’est un choix.

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Que cette violence soit physique, par des coups ou des contraintes sexuelles. Ou qu’elle soit psychologique, en exerçant une emprise, en contrôlant les mouvements, les relations sociales réelles ou virtuelles ou en se laissant aller à la colère chronique. Ce sont des choix !

Dans un excellent article publié dans le quotidien The Guardian, Rodney Vlais rappelle cette vérité.

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On ajoutera que la culture, le patriarcat, le machisme, l’exhortation à la compétition entre hommes et à la possession sexuelle participe de la création d’un modèle d’hommes violents, agresseurs, voire violeurs, dans l’imagination populaire.

Dont on excusera le comportement en s’attachant, comme première mesure d’enquête, à étudier le tempérament de la victime pour comprendre les raisons des coups.

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On ajoutera que les hommes qui exercent sur leurs compagnes la terreur, la domination et  le pouvoir autoritaire ne font que perpétuer ce qu’ils ont appris de leurs pères et de leurs pairs.

Que dans la trajectoire d’un garçon devenant adolescent puis adulte, il y a la confrontation perpétuelle aux modèles de mâles qui ont toutes les caractéristiques des auteurs de violences en puissance : galvanisation de la puissance, du succès; négation de tout ce qui est féminin ou émouvant; encouragement à la boulimie sexuelle.

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De quoi faire de nous des êtres frustrés de facto par la comparaison avec ces héros musculeux que nous peinons à suivre. Et de quoi nous perclure de problèmes avec la perte ou l’inexistence du pouvoir et du contrôle qu’on nous devrait.

On ajoutera tout ça, oui.

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Mais on n’oubliera pas, comme le dit Rodney Vlais, que si la systématisation de la violence conjugale peut être expliquée par ces travers, chaque comportement de chaque homme demeure un choix.

La tristesse, la peur et la colère sont des émotions. Elles doivent être apprivoisées, mais elles existent. En renonçant à comprendre cet héritage, en renonçant à écouter ses émotions et en perpétuant le privilège historique du droit de cuissage et de la correction physique des femmes, les hommes violents font tous des choix individuels.

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Notre société peut proposer aux hommes, à tous les hommes, de procéder à un vaste examen de conscience. Elle peut fournir des outils permettant la remise en question, la dé-construction de la masculinité et l’apprentissage de nouvelles conditions de vie en couple et en groupe.

Nous devrions mettre à disposition des hommes adultes et des hommes en formation une éducation à la masculinité non-violente – qui ne suppose pas nécessairement la rupture avec l’ensemble des codes de la virilité esthétique et théâtrale – et apprendre ensemble à vivre des relations saines débarrassées de la domination.

Débarassée de la frustration liée à la découverte de l’absence de pouvoir et  de contrôle sur nos semblables.

Ce sera peut-être fait. Il y a du chemin, mais cela existe.

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Mais il faudra encore que chaque homme, mis au parfum de l’existence de la masculinité alternative, choisisse seul l’engagement à renoncer à une vie de violence et d’oppression.

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Nous espérons que cette société saura faire cette proposition, que les hommes oseront s’y rallier et qu’une génération nouvelle, égalitaire et libérée nous démontrera les errements des relations hommes-femmes que nous avions construites.

Pour cela, nous encourageons toutes les démarches socio-éducatives et socio-thérapeutiques destinées aux hommes pour désapprendre l’autorité en héritage reçue par les hommes.

Et nous soutenons tous les mouvements militants proposant l’égalité, la non-violence et le respect entre hommes et femmes.

Etre un homme brillant: comment et pourquoi ?

La masculinité, l’art et la manière d’être un vrai homme a été façonnée par notre culture. Par notre milieu. Par notre histoire. Dès le plus jeune âge, les petits hommes s’insèrent dans le modèle masculin courant. Celui qui fera d’eux des hommes brillants. Décryptage.

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Comme on naît dans un milieu social, on évolue en assimilant ses codes et ses valeurs. Les enfants grandissent en regardant leurs parents et leurs aînés.

En étudiant leurs modèles et en en reproduisant peu à peu toutes les dimensions.

Les jeunes garçons se construisent ainsi avec l’acquisition de la virilité, en adoptant les attitudes et les comportements qui sont encouragés et félicités par leur entourage. Dès les premiers mois, les garçons sont encouragés à démontrer du courage et à contrôler leurs émotions. Ils doivent développer leur côté actif (puissance physique, opposition avec les autres garçons, conquêtes, propriété, compétitivité) et réprimer les tendances passives et émotionnelles qui n’appartiennent pas aux codes masculins.

En évoluant, les jeunes hommes accomplis répondent au modèle masculin classique, hégémonique, dominateur.

En voici les principales caractéristiques. Pour une meilleure compréhension de ce qui peut être discuté et modifié afin de permettre aux garçons d’évoluer vers une vie sociale et émotionnelle plus équilibrée.

Avoir le contrôle et l’autorité. Exercer du pouvoir sur les autres hommes. Sur les enfants et les femmes en général. Etre un homme, c’est appartenir à une hiérarchie sociale dont on doit être le dominant. Cela induit la peur d’être humilié. Ainsi que le déni de toute peur. Remplacée souvent par la colère, unique moyen d’exprimer de la peur sans perdre le contrôle et l’autorité.

Féconder. Connaître de nombreuses femmes, être apte à les satisfaire sexuellement et à se reproduire. Cette nécessité encouragée dans tous les registres de notre culture (exhortation à la séduction et à la possession à travers les films, les chansons, la presse, la publicité) rend les hommes captifs des exigences de performance sexuelle. Au point que durant toute leur vie, il leur sera impossible d’évoquer la réalité de leur plaisir et de celui de leurs partenaires tant l’indispensable héroïsme sexuel est imposé.

Nourrir. Atteindre l’auto-suffisance économique pour fournir aux êtres dépendant de notre contrôle et de notre autorité de quoi vivre bien. La compétition avec les autres hommes impose même de démontrer une auto-suffisance supérieure à la leur, pour construire son propre succès.

Protéger. Cela inclut nécessairement le paternalisme, savoir mieux que les autres ce qui est bien pour eux. Et les contraindre à rester sous notre protection. En commençant par nos filles (en ajoutant la protection contre les garçons puis les hommes), nos garçons et nos femmes. La nécessité de protection suppose qu’on doit acquérir le courage physique, la témérité et le goût de la bagarre. Augmenter le nombre de personnes identifiées comme étant sous notre protection, en multipliant les responsabilités et les postes d’encadrement (sportif, professionnel, religieux, etc.) augmente le mérite et solidifie la virilité supposée.

Etre validé par les autres hommes. Cette validation se construit en se soumettant à l’examen permanent des autres hommes. Ce sont eux qui concèdent l’entrée des congénères dans le règne de la virilité. Pour obtenir cette validation, il est nécessaire aux hommes de concourir sur de nombreux terrains. De se mesurer aux autres sur les indicateurs culturels de la virilité : richesse, pouvoir, position sociale, compagnes attirantes, etc. La virilité est une construction sociale, historique et culturelle.

Refuser toute association à la féminité. La masculinité classique, c’est le refus implacable de toute féminité, de toute caractéristique associée classiquement aux femmes pour éviter à tout prix d’être catalogué comme étant « à tendances ». 

Etre un pilier. Pouvoir, contrôle, succès, richesse et position sociale centrales dans la communauté.

Avoir du succès. L’homme doit connaître des réussites ! Tous les modèles d’homme que le garçon rencontrera durant son éducation vantent leurs succès. Et condamnent insidieusement l’homme en formation à se débrouiller pour être vainqueur, triomphant, gagnant.  Outre la compétition permanente que cela implique, dans chaque conversation, dans chaque échange humain, dans chaque action privée ou professionnelle, le succès obligatoire contraint les hommes à cacher leurs peurs, leurs failles, leurs échecs et leurs renoncements.

Etre fort comme un chêne. La masculinité classique impose de rester calme et confiant en cas de crise, de maitriser ses émotions et ne montrer aucun doute.

Etre constant. Les hommes ne doivent pas hésiter, ni changer d’avis. Jamais. C’est, dans la mythologie masculine, un élément essentiel pour démontrer ses qualités de caractères. On renoncera donc à tout prix à changer d’avis ou à reconnaître une erreur.

Envoyer paître. Prendre des risques, être aventureux et téméraire, être agressif, sont des preuves de caractère dans le monde de l’homme. Sur la route, les hommes démontrent leur autorité et leur pouvoir en agressant verbalement ou par gestes les autres usagers, en rivalisant en terme de vitesse et de manoeuvres dangereuses pour s’imposer.

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Au quotidien, la nécessité permanente de démontrer sa virilité conduit notamment les hommes à poursuivre les objectifs suivants:

  • n’être jamais traduit ou repoussé par une femme
  • avoir du succès au travail
  • avoir autant d’argent que possible
  • être lié avec une épouse aimante et obéissante
  • être toujours prêt aux relations sexuelles
  • toujours relever les défis, particulièrement les défis dangereux
  • être endurant au lit
  • nier tout processus de deuil

Sans réviser ce modèle, questionner l’exigence de succès, de performance, de pouvoir et de contrôle, on n’autorisera pas aux hommes et aux garçons une existence pacifiée.

Les hommes continueront à évoluer dans un monde mythologique rempli de défis, de champs de bataille et de preuves de courages.

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Pour continuer la lecture, nous suggérons Les femmes aiment les hommes nouveaux, L’égalité expliquée aux hommes et « Sois un homme » cette belle connerie sur L’homme simple.

Sur d’autres supports, on peut découvrir les travaux de Connell, Kimmel, Monick et Berger et Luckmann

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Etre un homme brillant