Archives de catégorie : Sujets de conversation

Sujets de conversation avec les femmes, Discussions entre hommes, Art de la conversation, Communication

Emission de France 2 cherche témoins, pour hommes

Emission de témoignages de France 2
Emission de témoignages de France 2

L’émission télévisée de France 2 « Dans les yeux d’Olivier » a demandé à L’homme simple de publier cet appel à témoignages pour une émission en préparation sur les violences conjugales.

Nous transmettons volontiers cette requête à nos lecteurs par ce billet.

 

Auteurs de violences souhaitant témoigner

Le travail de ces journalistes est de qualité et nous pensons que les hommes – de plus en plus nombreux – qui suivent L’homme simple peuvent correspondre à ce que cherche l’équipe de l’émission.

Cette émission de témoignage souhaite rencontrer un ou plusieurs hommes qui ont été auteurs de violences domestiques et qui sont sortis de crises. Grâce à leur volonté, à une rupture ou à  des thérapies reçues.

Publier pour prévenir

Le thème des violences conjugales physique et psychologiques est la raison d’être de ce site sur les masculinités. Nous croyons que pour prévenir les comportements violents dans les couples et dans les familles, il faut proposer une conversation sur l’art d’être un homme. Qu’il faut questionner nos attitudes et nos valeurs. Nous croyons aussi qu’il faut publier ces réalités et les solutions qui existent pour sortir des crises intimes.

Ainsi, nous encourageons toutes les démarches de qualité qui permettent de publier du contenu sur ce thème. Nous encourageons également les hommes à oser témoigner, pour participer à la tâche éducative que de tels programmes assument.

Pour contacter l’équipe de l’émission et proposer votre témoignage, envoyer un courrier à Mme Charlotte Marette: cmarette@storybox-press.com ou à l’animateur de L’homme simple : jaquetgreg@gmail.com

 

 

Björn Borg va bombarder la Corée du Nord de sous-vêtements

La séduction, les sous-vêtements et la Corée du Nord. Nuances et délicatesse.
La séduction, les sous-vêtements et la Corée du Nord. Nuances et délicatesse.

Les sous-vêtements Bjorn Borg

La marque suédoise de sous-vêtements, au nom de l’ancien champion de tennis, a lancé une campagne de publicité insolite. 

Les internautes doivent choisir, sur le site de la marque, un endroit du monde en manque de séduction. Et la marque propose d’y lâcher ce qu’elle appelle des bombes de séduction massive le 31 octobre, soit 450 pièces de sous-vêtements. Par avion.

Pour l’instant, les milliers de participants plébiscitent la Corée du Nord !

Dans 22 jours, on saura si ces sous-vêtements contiennent la paire de ce qu’il faut pour mener les dirigeant-e-s au bout de leur coup de publicité.

 

C’est rigolo de dire que la Corée du Nord manque de séduction, non ?

Pour prolonger la plaisanterie, on peut ajouter que la Corée du Nord pratique le camp de concentration, la torture, l’exécution en public, les travaux forcés et la famine du peuple organisée par la dictature.

Que les libertés d’expression, d’information et d’association n’existent pas et qu’au péril de leurs vies, des milliers de Nord-Coréens s’évadent vers la Chine pour y chercher de la nourriture avant d’être renvoyés à Pyong Yang pour être internés dans des camps de concentration où ils seront torturés.

Krisprolls, en Suédois, ça se dit Krisprolls.

 

 

 

Fox News, les écrans plus larges que les idées

La chaîne de télévision étasunienne Fox News a dévoilé lundi sa nouvelle salle de rédaction. Ornée d’écrans tactiles monstrueux, la salle dans laquelle les journalistes passent pour des Hobbits sera le centre névralgique de l’actualité de la chaîne.

Les journalistes seront – selon la direction de la chaîne – à l’affût de l’information sur les réseaux sociaux et les sources d’informations électroniques, depuis leurs écrans 55 pouces !

FoxNews1

Fox News, propriété du groupe de Rupert Murdoch est réputée pour ses avis ultra-conservateurs et contestée pour sa façon de présenter l’actualité et de traiter les avis progressistes. Elle est toutefois la chaîne d’information la plus importante des Etats-Unis, avec 85 millions de téléspectateurs.

Dans la vidéo suivante postée sur le site de Fox News ce matin, la direction de la chaîne présente sa nouvelle salle d’actualité. Impressionnant !

Via : Mashable

Egalité homme femme, comment en parler aux hommes ?

Les premier à avoir intérêt à en parler de l’égalité homme femme, c’est encore nous les hommes ! Et le meilleur angle qu’on puisse choisir, c’est d’entreprendre une sérieuse auto-révision. C’est le propos du travail de l’institut WEM, à San José, pour lequel je travaille et celui de ce blog.

Mal-être

Petit homme déjà, on m’apprenait que montrer de l’empathie ou de la compassion, c’était de la faiblesse. J’ai su que je devais taire mes émotions, mes douleurs, mes colères, accepter la compétition et prouver ma virilité bien avant de savoir écrire.

Sans parler – et pourtant il faudrait le faire – de mes doutes sur mes préférences sexuelles; l’hétérosexualité étant obligatoire, évidente, indiscutable.

ewan-mcgregor-in-kilt

Je ne comprends pas bien pourquoi depuis ma naissance, je me sens contraint de prouver sans cesse ma valeur, mon courage, mon hommitude, mes succès et mes forces.

Et de taire toute nuance, cacher les doutes et les angoisses. Mais c’est ce que la masculinité occidentale moderne a fait de moi !

Ce que j’ai hérité de mon père, des mes oncles, de mes camarades, de mes profs, des mes entraîneurs de foot, de Super Mario Bros, de James Bond et du coq Kellog’s. Ce que j’ai hérité aussi de leurs compagnes silencieuses.

Les relations, le désir, l’attention aux autres, la compassion, c’était pour les femmes. Et ce qui était pour les femmes, pour moi, c’était… mal. On peut dire aussi que ce qui a un genre féminin était dévalorisé. Sous-estimé. Inutile. Futile. A éviter. En tous les cas : à taire.

Si je ne me trompe pas trop lourdement, je ne suis pas seul. Les adolescents avec qui je rivalisais pour avoir la plus grosse (quel que soit l’objet mesuré) en sont aussi, forcément.

Ceux qui, comme moi, ont enfilé un masque chaque matin avant d’aller au travail ou à l’école. Ont choisi des vêtements, une démarche, un ton, un vocabulaire et des goûts en fonction de ce qu’ils croyaient viril, de ce qui leur donnait du pouvoir, du contrôle. 

Quand Thomas s’est suicidé en 2007 ou 2008 – je ne me souviens pas très bien – j’ai pensé qu’il y avait un lien avec le fait qu’il était manifestement celui qui avait perdu la compétition de la virilité pendant notre enfance. Quinze ans après les brimades que je lui infligeais – à cause de ses cheveux longs, de ses lunettes à verres épais et de son goût pour la musique classique avec les autres aspirants-mâles de l’école – il s’est tiré une balle de fusil dans le visage.

Ce n’était sûrement pas seulement à cause du machisme.

Crédit image : Tumblr
Crédit image : Tumblr

 

Violences faites aux femmes

Masquer nos émotions et galvaniser les discriminations, les manifestations d’autorité, ça fabrique des petits frustrés. Qui deviennent grand et gèrent plus ou moins bien le pouvoir dont ils se croient les dépositaires !

En un rapide coup d’oeil, on constate que l’échec scolaire concerne, pour 70% environ, les garçons. La majorité des viols, des agressions et des homicides sont commis par des hommes et deux fois plus d’hommes que de femmes se suicident.

Les hommes que je rencontre ici, à l’institut WEM partagent une impossibilité à reconnaître leurs faiblesses qui les a presque tous menés à des actes violents. Psychologiques ou physiques. Envers leurs compagnes et leurs enfants.

Moi, petit garçon, j’ai beaucoup entendu ça :

  • Ne pleure pas, tu es un garçon, ce sont les filles qui pleurent
  • Reprends-toi, il ne s’est rien passé.
  • Sois un homme
  • Ne fais pas ta femmelette
  • Ce n’est pas une femme qui va décider pour toi
  • Comporte-toi comme un homme
  • Tu devras être fort
  • Quand tu seras un homme
  • Tu cours comme une femme

Quelles chance nous avons de devenir des êtres sensibles, doués de compassion et d’empathie ? Comment parler de nos doutes et, surtout de nos peurs. De nos tendresses et de nos faiblesses ? Et comment les surmonter sans déprimer, sans échouer ?

 

Meilleur espoir masculin

Je me suis passionné par la question des masculinités en ayant ma première fille. Les efforts que j’ai déployés pour parvenir, à la barbe d’un tas de gens bien intentionnés, à être un père intégral, m’ont harassé. Je voulais être la moitié de ses parents. La moitié, pas moins.

Etre exactement autant concerné par l’éducation de mes enfants que ma compagne. Je voulais que lorsqu’il faudrait que quelqu’un interrompe sa journée de travail pour s’occuper d’une de nos deux filles malade, il faille faire un choix et qu’au moins une fois sur deux, ce soit moi, simplement parce que c’est juste ! 

En épousant cette cause du haut de mon statut privilégié de naissance d’homme blanc, riche et en bonne santé, j’ai bataillé ferme contre une nébuleuse difficile à vaincre : le patriarcat. Qui n’est pas une règle, mais une circonstance. De celles qui sont si rarement discutées qu’elles sont établies.

Que penser alors de tous mes copains, tous mes congénères, qui pourraient éventuellement songer à épouser la lutte féministe par l’exemple et qui ne sont pas privilégié comme je l’étais. Que penser hein ? Et bien c’est assez clair. Il faut en penser que ce n’est pas possible. Et si on ne crée pas des conditions exprès pour que ça change, bien adaptées aux hommes et à eux seuls, on peut toujours aller gueuler pour des quotas ou se promener les miches crayonnées de slogans, la charrue sera toujours derrière les boeufs et le sillon bien droit. Voilà !

 Âmes invalides et bras noueux

Le problème des violences faites aux femmes ne sera pas résolu si nos comportements actuels, à nous les hommes continuent à être les modèles à imiter. Pour remettre en cause le patriarcat, il faut nous parler directement. Dans notre vocabulaire, avec nos codes. Et aborder des solutions dans lesquelles nous comprenons notre intérêt individuel, intime. 

boy in pink shoes

La distribution des rôles actuelle, entre hommes et femmes est problématique. Pas uniquement pour les femmes. L’invalidité émotionnelle nous fait souffrir et nous le reprocher sans autre construction, c’est comme pisser dans un violon.

Pour promouvoir une réforme de notre comportement vis-à-vis des femmes, de nous-mêmes et des autres hommes, il faut commencer à travailler avec nous. Pour nous. Dans un langage qui comprend notre format culturel, biaisé, dénaturé, mais existant.

Des organisations, des campagnes et des blogs se créent petit à petit, abordant la question de l’égalité des sexes du point de vue masculin. J’ai la chance de travailler pour l’une de ces organisations, l’institut WEM, en Amérique centrale. Mon expérience ici m’a donné envie de créer ce site. Pour partager. Et pour susciter la réflexion.

Ce blog ne veut pas être un lieu de réflexion destiné exclusivement aux professionnels, aux féministes travaillant déjà à l’idéal égalitaire ou aux hommes révisés. Non. Il s’adresse aux hommes susceptibles de réviser leur masculinité, intéressés par les discussions, ouverts aux dialogues sur ce qui nous amène souvent à adopter des attitudes problématiques malgré nous.

Décoder les schémas de pensée machiste inculqués aux hommes par la société, par la culture. Déconstruire nos relations avec nous-mêmes, avec les autres hommes, avec les femmes et les enfants. Pour voir clair dans ce qui est souhaitable et ce qui est un héritage qui nous enferme et nous condamne à un autisme sentimental dommageable.

Responsable, mais pas coupable

L’idée moderne des organisations travaillant sur les masculinités est que nous ne sommes pas individuellement responsables de notre comportement activement ou passivement sexiste. Que nous avons reçu cet héritage. Lourd, martelé, omniprésent.

Et qu’en nous permettant d’en prendre conscience, la révision devient possible. Cela fait mal au féministes, souvent, de s’entendre dire que l’homme, pour oppresseur qu’il soit, est également victime de cette oppression puisqu’il est contraint de vivre dans ce schéma. C’est compréhensible.

Mais ce propos nuancé, s’il est choquant sous un angle, est quand même utile. Il l’est notamment pour permettre une démarche éducative. Si on part de l’idée que les hommes peuvent changer, devenir meilleurs, alors il est opportun de leur donner la chance d’expliquer leurs attitudes par un facteur autre que leur misérable esprit.

C’est ce que je découvre ici, à l’institut WEM, où les hommes, très nombreux, se sentent profondément émus par les explications qui font à la fois d’eux des oppresseurs perpétuant un patriarcat injuste et des victimes de ce système dans lequel on ne leur a pas permis de voir clair.

Je crois que cette réalité existe dans l’ensemble du monde occidental et pas seulement dans l’Amérique latine machiste aux mâles roulant les épaules. Que ce qui est réalisé ici vaut aussi pour ma région d’origine. Et je crois que cette révision de la masculinité doit être promue. Que les hommes doivent pouvoir entendre ce message qui leur propose un recyclage qui leur est directement profitable, à eux.

Je crois surtout que, s’il faut renforcer encore le combat pour l’égalité des sexes du point de vue des femmes oppressées, la sensibilisation et la prise en main de nous autres, les hommes, de notre point de vue, a de meilleures chances de générer un changement qu’une lutte qui passe au-dessus de beaucoup d’entre nous.

Les méthodes d’éducation populaire et de thérapies en groupe utilisées à WEM sont excellentes. Elles permettent de toucher tout le monde sans infantiliser ni sur-intellectualiser. Elles permettent de générer des espaces d’expression des émotions. Le point-clé, la pierre d’achoppement, la valve qui nous fait souffler enfin.

Rompre notre omerta intime, qui nous fait chasser la peur, la tristesse, la colère du registre de nos émotions depuis notre naissance de garçon.

Féminisme masculin

Il pose un problème de base. Celui du paradoxe initial de la parole donnée à l’oppresseur pour gloser sur l’oppression. Parce qu’en terme de prise de parole aussi, le système patriarcal fait son travail, y a pas de raisons !

J’adhère aux thèses des adversaires d’un féminisme masculin concentré sur des concepts, des théories et distancé des vrais changements possibles. Et sur les dangers du néopaternalisme.

Mais dans le travail de WEM, en Amérique latine, et dans toutes les associations qui travaillent à travers le monde à une remise en question des masculinités, l’intervention des hommes féministes est pertinente.

Pour avoir vu à l’oeuvre ces hommes, convaincus d’avoir sauvegardé leur masculinité tout en ayant profondément révisé leurs rapports aux autres humains et à leurs émotions intimes, chargés de l’éducation d’autres hommes, je crois désormais fermement qu’un monde meilleur est possible en terme de relations humaines.

Et que cela passe par une éducation des hommes par les hommes. Il est temps d’ouvrir le dialogue sur la question qui gêne, Messieurs !

 

Soumission, virilité, domination, les images qui inspirent

Un homme viril

Nous aimons le travail du photographe Nir Arieli, rapportée par le Huffington Post étasunien. Avec cette série de portraits d’hommes dans des poses associées aux femmes dans notre culture commune, il dérange et provoque la réflexion. Qu’est-ce qu’un homme viril ?

Son travail illustre à merveille l’idée d’une identité masculine encombrée. Encombrée par la culture d’une masculinité hégémonique qui nous impose des atours chevaleresques, des positions dominantes.  Continuer la lecture de Soumission, virilité, domination, les images qui inspirent

Excellente série télé : Justified

L’homme simple aime énormément la série Justified. Une ambiance superbe, des dialogues aux petits oignons. Justified est une des meilleures séries en cours de diffusion.

Notre goût pour cette belle production est forcément mis à mal par un traitement de la violence, du patriarcat et du machisme qui fait la part belle à l’encouragement à tous les vices qu’elle constitue. Mais l’homme simple n’est pas sectaire, pas parfait. Voici, avec Justified, une première critique paradoxale de nos esprits tordus !

Il est des histoires comme celles-ci qui n’ont rien d’universel. On ne sait pas bien pourquoi on s’intéresserait au travail et à la vie d’un marshall au fond du Kentucky. On ne savait pas non plus pourquoi les dealers de Baltimore pouvaient avoir de l’intérêt (dans le chef d’oeuvre achevé et disponible en coffret : The Wire). Et pourtant. Continuer la lecture de Excellente série télé : Justified