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Couples, le silence est une violence

En tournant le dos, en nous bouchant les oreilles, nous sacrifions nos amours .

– Il ne dit pas ce qu’il pense
– Elle refuse d’en parler
– Nous n’en parlons plus

 

C’est si courant. Dans les relations qui flanchent, les silences sont cruels. Souvent davantage que les mots.
Et ces silences dévastent les relations de couple, les amitiés et les liens familiaux.
 
Dans toutes ces histoires de rupture, les débuts sont différents, les histoires sont particulières, individuelles. Mais elles terminent toutes un peu de la même manière : désaccord établi ou non établi, puis déconnexion, fatale.

 

Quand l’un des partenaires comprend le désaccord, sur les mots, les croyances ou les comportements de l’autre, il ne crie plus, n’argumente plus, ne confronte pas. Il disparaît.
Pas une grande sortie, avec des grandes déclarations, non.
Il se glisse discrètement hors de la relation et débranche.

 

Que ceux qui versent dans le silence le réalisent ou non, c’est un attaque vicieuse. Parce qu’elle contraint une seule personne à faire le travail qui devrait être fait à deux.

 

Celui qui reste, sans savoir ce que l’autre à au coeur, sans informations, il doit porter le fardeau seul de trouver une issue pour réparer, reconstruire la relation ou l’enterrer et porter le deuil.

 

Cette absence tue.
C’est une violence infligée à distance.

 

Le silence vous laisse seul avec un espace énorme, dévastant, démoralisant. Et vous contraint à le remplir.
Vous êtes forcé à écrire le dialogue qui n’existe plus.
Comme un expert forensique qui tente de reconstruire une histoire complexe et dramatique en utilisant des restes d’os et des taches de sang.
C’est un crime par omission.

 

Chaque jour, des gens s’ouvrent avec douleur à d’autres pour chercher du secours, parce que quelqu’un de proche d’eux à arrêté de parler et d’écouter.

 

J’ai souvent choisi cette omission. Disparu. Renoncé à dire à quelqu’un ce qui m’ennuyait. Ma partenaire, mes amis, ma famille.
J’ai exercé cette violence sauvage qui consiste à disparaître pour l’autre.

 

C’était pour fuir, pour éviter un conflit en public.
C’était aussi une manoeuvre passive-agressive pour donner une leçon. Mauvaise idée. Le résultat a toujours été le même: cela a aggravé quelque chose qui était important pour moi et pour ce partenaire. Et cela l’a contraint à gérer seul ce problème.

 

Ils entendaient ce silence.
Ils entendaient cette absence.
Ils entendaient cette soustraction.

 

Le silence ajoute quelque chose de pire qu’une insulte à une blessure, il ajoute l’invisibilité. Il supprime la présence. La raison d’être d’une relation.

 

Il pénètre avec son cortège terrifiant : le doute, la culpabilité, la chute dans la confiance en soi et les problèmes non-résolus.

 

Invitons-nous, ceux qui affament quelqu’un avec le silence en ce moment, à parler de nouveau.

 

Les relations de qualité valent la peine de batailler. Elles valent les échanges difficiles et les conversations curieuses, elle valent d’essayer un sauvetage.
L’amour aide à chercher les mots qui vont au coeur.

 

Le silence peut être la conclusion, mais il devrait être une issue choisie à deux, comme une reddition mutuelle dans une lutte qui n ‘aurait plus d’autre solution.

 

J’ai souffert aussi de silences imposés à des relations, de dialogues qui sont devenus des monologues.
A ceux qui sont devenus silencieux dans nos vies : nous l’entendons. Nous préférerions vous entendre.

 

Hommes féministes en Suisse romande

Les hommes féministes s’organisent en Suisse romande. Exemple à suivre!

Des pères, des hommes qui se vantent d’un féminisme masculin, sans faire la leçon, décidés à renoncer à leurs privilèges, ça existe.

En Helvétie, on les a vus et entendus  et  (débat télévisé sidérant sur la chaîne nationale!) ces derniers mois. Nous en avions déjà parlé sur L’homme simple dans cet article. Cela vaut la création d’une rubrique « Suisse » à notre magazine, qui gardera à l’oeil ces militants.

Aujourd’hui, ils sont organisés autour d’une association, maenner.ch qui devient la porte-drapeau de la campagne mondiale mencare.org pour une paternité égalitaire.

Début de campagne

Le lancement de la campagne pour la Suisse francophone a eu lieu au début octobre. L’objectif est simple: l’égalité par une répartition égale du travail rémunéré et non-rémunéré et par la disparition de la violence de genre, de l’objectivation sexuelle à la culture du viol, en passant par l’exploitation sexuelle commerciale et le harcèlement.

Ce lancement a profité d’une couverture médiatique qui peut permettre de penser qu’une place existe pour cette cause juste, dans une des régions d’Europe les plus rétrogrades en matière d’égalité institutionnelle.

Revue de presse

Mencare, pour que papa partage les tâches, avec la participation de Grégory Jaquet, sur Canal Alpha, journal télévisé du 3 octobre

Un vaste programme pour des pères plus présents à la maison, 24 heures du 2 octobre

Un programme lancé en Suisse romande pour favoriser les pères au foyer, Radio télévision suisse, journal de 12h30 du 2 octobre

Fier d’être papa professionnel, L’Express du 12 octobre (reproduit ci-dessous, cliquer sur l’image et agrandir pour lire l’article)

Hommes féministes
Travaux domestiques et tâches éducatives partagées. Objectif: que cela devienne évident!

 

 

Les Femen ont raison. Et ça fait mal aux couilles !

Toute la domination masculine, tous nos privilèges d’hommes et leur défense s’opposent aux actions des Femen

 

- Elles ont raison, mais elles pourraient le faire autrement. En posant nues, elles ne sont pas féministes !
- Quelle vulgarité !
- Pourquoi elles sont torse nu, nous les hommes on n'est pas torse nu. Ce n'est pas de l'égalité.
- Ne pourrait-on pas parler poliment de l'égalité, plutôt que de se comporter comme des sauvages ?

Non. Non et non ! 

En rabaissant avec paternalisme les militantes Femen, en les jugeant comme des hystériques sans fond, les hommes (et les femmes) défendent leurs privilèges (et leur asservissement confortable). Les commentaires de tous bords suivant l’action de ce week-end au salon de l’islam en sont une nouvelle malheureuse démonstration.

Les Femen ont raison et c’est compliqué à accepter.

Les femmes qui luttent, les Femen entre autres, se battent contre une oppression, pas contre un petit problème administratif qui devrait être vite réglé !

Les femmes en 2015, ici en France et en Europe, n’ont pas accès aux salaires élevés, aux postes de cadres, à une vie familiale équilibrée, aux sports populaires, à la considération publique, au libre choix de carrière, à la liberté sexuelle, à la libération de la stigmatisation culturelle les dépeignant autrement que comme des esclaves professionnelles, domestiques et sexuelles.

 La culture omniprésente indique aux humains dès leur premier âge qu’ils joueront dans la communauté un rôle distinct et impose aux filles une position secondaire.

Pour se libérer, faut-il être raisonnable ?

La lutte pour cette libération dans les livres, les salons, les meetings ou les programmes politiques a vécu.

Aujourd’hui, le combat plus offensifs des membres des Femen ne devrait fait l’objet d’aucun autre discours que l’appui inconditionnel jusqu’à la conquête de l’égalité.

Si ça nous est insupportable pour une des raisons habituellement évoquée, on choisira alors une autre forme de militantisme, une autre organisation, mais on se retiendra tant qu’on peut de dénigrer un des groupes qui lutte pour l’égalité.

 ****

Les rassemblements des communautés les plus extrémistes tendant à augmenter cette oppression (salon du X, salons militaires, salon de l’auto, meeting politique au programme ouvertement sexiste ou rassemblement religieux misogyne, etc..) sont au niveau des rassemblements ouvertement racistes des années 60.

Aujourd’hui, s’exprimer en faveur de l’augmentation de l’asservissement des femmes, c’est comme militer pour le raccourcissement des chaînes des esclaves.

Rares sont les sains d’esprit qui contestent en 2015 le bien fondé des manifestations sauvages des noirs en faveur des droits civiques.

La plupart d’entre nous intègre même volontiers que pour lutter contre une oppression, les cris et même la force sont nécessaires. On ne se libère que difficilement de liens étroits en agissant avec politesse et mesure.

On n’est pas écouté dans des débats mesurés et raisonnables si on est un oppressé parmi des oppresseurs (volontaires ou involontaires appuyés par une culture dominatrice)!

On n’imagine pas un gay à une conversation entre homophobes être écouté et faire changer d’avis une partie de l’assemblée, n’est-ce pas ?

*****

Les hommes lorsqu’ils participent au débat le font souvent de la même manière : en expliquant aux femmes comment elles devraient lutter plus efficacement. Ils utilisent la cause du problème pour se prononcer sur sa résolution, le paternalisme !

En changeant de point de vue, les hommes devraient se rallier à la cause des Femen et renoncer à argumenter sur la tenue, la vulgarité, la bienséance ou la mesure de leur lutte. Cette lutte ne devrait pas avoir de mesure, c’est un combat pour une libération !

Les hommes conscients que le patriarcat est un privilège. Qu’il mérite d’être remis en cause sans délai et sans conditions. Ces hommes là, sont les bienvenus sur L’homme simple, qui s’engage à leurs côtés et aux côtés des associations militant pour l’égalité.

 

Réussir sa vie en trouvant l’équilibre

Gérer son travail, gérer sa vie personnelle : faites vous partie de ceux qui y arrivent ? Cécile Vandorme Martin interroge les hommes sur l’art de réussir sa vie.

Et cette injonction réussir la conciliation de ses temps de vie, est-ce un idéal ? ou une réalité –déjà- pour certains ? Ou est-ce juste un truc comme cela, dont parle votre compagne et dont vous entendez parler (de plus en plus) dans les médias ?

Réussir sa vie

Toutes ces questions, je sais que vous vous les posez. Et je peux aider à y trouver des réponses.

Je suis entourée d’hommes – le mien déjà (mais son avis est biaisé par notre cohabitation !), mais aussi des amis, des collègues, des relations de travail. Je les écoute s’étonner, se questionner et finalement réfléchir quand j’aborde le sujet à la fois de l’égalité femme-homme, et du work family balance.

Et je sais que cela les perturbe. Or, je ne veux pas me mettre à votre/leur place. Car même si je râle (un peu) sur les inégalités entre femmes et hommes, pour rien au monde je ne souhaiterais devenir un homme. (Oui, parce que cela a des avantages d’être une femme… mais tel n’est pas le sujet !)

Par contre, je peux essayer de me projeter un peu, et de mon point de vue féminin, donner des moyens qui pourraient vous inciter à y arriver.

Je me suis mise à la place d’un homme…

Pour cet article, je l’avoue je me suis quand même un peu mise à votre place !

Car oui je pense que femmes et hommes ne sont pas si éloignés, voire opposés que cela et je suis certaine que nous avons beaucoup en commun, en tous cas en ce qui concerne l’articulation des temps de vie, et l’aspiration au bien-être.

Même si cela semble dur pour vous, les hommes, de l’avouer. Pour preuves, mes conversations avec ces amis, collègues … qui semblent trouver normal que, eux, se sacrifient (et leur santé, et leur plaisir de vivre, et la joie de voir grandir leurs enfants) pour ramener un salaire à leur famille. Ils trouvent également normal que ce soit leur femme qui, elle, sacrifie sa carrière pour gérer leurs enfants. Pourquoi la « balance » dans ce couple est-elle totalement déséquilibrée ?

Sacrifier pour réussir sa vie ?

J’ai volontairement parlé de sacrifice, même si vous ne le ressentez pas comme cela. Mais pour certains, une fois les années professionnelles terminées c’est leur propre mot. Ils se rendent compte de tout ce à côté de quoi ils sont passés et des conséquences aussi sur leur santé.

Une fois le constat effectué de cette répartition des tâches dans la famille, il convient de se poser…des questions. Attention risque de bouleversements à venir ! Car elles vont forcément déranger, remettre en cause des façons de penser, des comportements observés autour de vous et adoptés depuis toujours. L’enfance le plus souvent.

Mais j’en reparlerai ultérieurement, car ce sont ces stéréotypes que l’on intègre et que l’on fait siens, au risque d’aller à l’encontre de ses propres envies/besoins/valeurs/croyances.

Les étapes vers la réussite…dans la conciliation de vos temps de vie

La première étape, indispensable, est de définir ce qui vous permettra de dire que vous y arrivez, que vous réussissez votre vie.

C’est à dire de définir vos critères de succès.

Attention, cette définition sera amenée à évoluer, pour s’adapter aux nouvelles étapes de votre vie perso ou de votre vie pro. Pour un jeune papa, ce sera de s’engager pleinement dans l’éducation de ses enfants, pour un père d’adolescents, de déjeuner avec chacun de ses enfants une fois par semaine, pour un autre, de ne pas rentrer après 21h plus de 2 soirs/semaine pour passer du temps sur son projet associatif ; Et cela peut aussi être : se sentir plus épanoui, moins stressé…reprendre le sport.

Ensuite, comptez sur vos réseaux … d’aide. Pas le réseau professionnel mais toutes ces personnes sur lesquelles vous allez vous reposer pour le quotidien familial. Ceci afin de n’être présent que pour les moments à haute valeur ajoutée avec vos enfants et conjoint-e-s.

Cela peut se faire par l’embauche d’une femme de ménage/jardinier mais aussi en faisant appel à vos voisins, et aux parents des copains de vos enfants pour le co-voiturage ou la garde pendant les vacances.

La troisième étape sera de redonner leur place à toutes ces technologies qui peuvent enrayer cette nouvelle mécanique que vous mettez en place. Décider quand, où et comment vous serez joignable pour le travail sera un vrai challenge. Mais qui en vaut la peine.

Plutôt que de subir vos outils, faites en des alliés dans votre conquête d’un équilibre de vos temps de vie . Soit en refusant toute consultation du smartphone quand vous êtes à la maison/avec vos enfants ou en week end, ou en vos autorisant des plages bien délimitées de consultation.

Enfin, impliquez toute la famille !
En effet pas de réussite si vos objectifs de succès ne sont pas partagés/partageables. Il vous faut privilégier une vision partagée de la réussite pour tous, et instituer les mêmes règles avec votre conjointe et les enfants, surtout quand ils commencent à grandir.
Bien sûr ce ne sont que quatre conseils parmi tant d’autres, mais pourquoi ne pas commencer par ceux là ?

 

Conciliation vie privée vie professionnelleCécile Vandorme Martin est spécialisée dans les ressources humaines et la conciliation vie privée vie professionnelle. Elle dirige le site féminin-business.com sur lequel elle publie de passionnants articles sur les relations hommes-femmes et la vie professionnelle.

Conciliation vie privée vie professionnelle, le défi des hommes modernes

Cécile Vandorme Martin lance la rubrique sur la conciliation vie privée  vie professionnelle de L’homme simple. 

Je démarre aujourd’hui cette rubrique. Chouette, super chouette !

Une occasion en or de m’adresser aux hommes, à vous, encore trop grands absents des réflexions sur la conciliation vie privée vie professionnelle, sans parler de celles sur les stéréotypes.

Je parle beaucoup des femmes quand j’interviens en entreprise. Mais je ne vous oublie pas, vous qui êtes aussi victimes des stéréotypes de genre et de leurs conséquences qui, même s’ils sont combattus par les nombreuses lois prônant l’égalité femme-homme. Et même si on constate enfin un début de rééquilibrage lent mais certain de la place de chaque sexe dans la société. Et ceci au bénéfice de l’homme sur lesquels le poids des obligations (bread winner, présentéisme..) pèse un peu moins chaque jour.

Au risque de me répéter donc (mais comme je démarre, je préfère être sûre que vous compreniez bien) : loin de moi l’idée que les hommes soient différents dans leurs attentes, besoins et pratiques de cette « conciliation », mais leur place dans la société étant différente ils ne pourront pas l’envisager de la même façon que les femmes, qui sont jusqu’à maintenant celles pour lesquelles ont parle le plus de besoin de conciliation vie privée vie professionnelle.

Conciliation vie privée vie professionnelle ou l’équilibre nécessaire

Et je souhaite pour ce premier article faire un point sur la définition du terme « conciliation vie privée vie professionnelle »., que l’on soit un homme (ou pas).

J’en ai déjà parlé dans l’un de mes articles sur mon site web. En effet le terme même de « conciliation » (et ses synonymes : articulation des temps de vie..) est contradictoire avec ce qu’on en attend.

Oui, parce que dans le Larousse, conciliation se définit ainsi : compatibilité entre des parties opposées, des choses, des opposants dans des conflits. C’est aussi un mode de règlement de conflits. Ce qui signifierait qu’on vivrait des vies opposées au travail et à la maison.
Qu’on serait des personnes différentes au bureau et avec sa famille. Le terme conciliation est chargé négativement puisque mettant en avant des pans de la vie des hommes et des femmes qui seraient inconciliables, forcément exclusifs les uns ou les autres…avec la notion de sacrifice, de choix difficile, de perte, de conflit.

Or ce n’est pas vrai et ce n’est surtout pas la revendication des actifs actuels. Au contraire, ils recherchent tous du sens à leur(s) vie(s) : pro et perso, et à en profiter autant, de la même manière, de façon à s’épanouir.

Alors alors ?

Si on s’intéresse à l’histoire de la conciliation des temps de vie, on peut se rappeler que les francophones sont arrivés après les anglo saxons, et que le terme conciliation est la traduction (imparfaite) de work-family balance.

Or ce terme anglo saxon n’est pas forcément plus approprié. Pourquoi ? Parce qu’il est trop chargé de positif. « Balance » signifie équilibre : avec ce terme « work family balance » on suppose donc que l’équilibre est atteint entre la vie pro et la vie perso, masquant les difficultés, les renoncements et compromis que la gestion des temps familial et professionnel implique.

Alors comment faire ?

Et bien je n’ai aucune prétention créative et ne vais donc pas proposer de nouveau terme. Par contre, j’espère que par cet article vous aurez compris que tout ceci est plus compliqué/complexe qu’il n’en a l’air et que derrière un terme peut se cacher des réalités très différentes ; un peu comme avec les femmes, non ?

Cela justifie bien la création d’une nouvelle rubrique, non ?

 

Conciliation vie privée vie professionnelleCécile Vandorme Martin est spécialisée dans les ressources humaines et la conciliation vie privée vie professionnelle. Elle dirige le site féminin-business.com sur lequel elle publie de passionnants articles sur les relations hommes-femmes et la vie professionnelle.

L’homme simple, saison 3

Y a bien des raisons de laisser tomber un blog. La flemmardise, la procrastination ou l’usure. Mais L’homme simple, même laissé pour compte pendant quelques mois, continue d’attirer des milliers de visiteur-euse-s (la fréquentation est stable avec environ 1’300 visiteur-euse-s par jour depuis un an environ).

Parce qu’on explique encore aux garçons et aux filles ce que leur genre leur permet ou leur interdit de faire.

Parce qu’on convainc encore les hommes que la possession sexuelle est le Graal de l’art d’être un homme.

Parce qu’on se marie encore en abandonnant son nom de famille.

Parce qu’être homosexuel est encore une insulte.

Parce que des hommes continuent de contrôler les téléphones portables de leurs femmes.

Parce que les publicités pour les voitures et pour les lessives ne s’adressent encore qu’à un seul genre.

Parce qu’on se suicide encore, à Paris, Bruxelles, Montréal et Tunis, pour n’avoir pas réussi à entrer dans le carcan de l’homme idéal, matérialiste, hétérosexuel, puissant.

L’homme simple continue son chemin et revient avec de nouvelles publications, dès cet été. Nous poursuivons notre travail pour mettre en évidence des manières plus justes d’être des hommes, aux côtés des associations comme MenCare, MenEngage et Le Ruban Blanc.

Le portage en écharpe, ce n’est pas pour les papas

Hubert Fontenelle ne comprend pas pourquoi les articles pour bébés ne sont destinés qu’aux mères et le portage en écharpe est jugé au-dessus de ses compétences ! 

Je viens de revoir le spectacle de Florence Foresti « Motherfucker ».

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Florence – oui, je l’appelle Florence, j’ai tellement vu et revu ces spectacles que j’ai l’impression de la connaître – Florence, donc, raconte sa nouvelle vie de maman suite à la naissance de son premier enfant.

***

C’était la première fois que je revoyais ce spectacle (que je connais par cœur…) depuis ma propre paternité.

J’ai autant ri mais j’ai surtout compati et compris plus de calembours que la première fois.

Bref, lors d’une digression sur les poussettes et leur mode de pliage nécessitant des connaissances en mécanique quantique, Florence a une remarque intéressante sur lesdites poussettes et le fait qu’elles ne sont pas faites pour les papas.

Si les papas étaient les principaux utilisateurs des poussettes, il y a belle lurette qu’elles seraient high-tech, dit-elle. Voici le spectacle tel qu’on le trouve sur les sites de vidéos gratuites. L’épisode drôlatique de la poussette commence après 22 minutes et 47 secondes.

Une question me taraude : le papa est-il un animal marketing ? Et surtout ai-je été l’objet d’une traque insidieuse à travers des réclames bien ciblées ? Ai-je été assez lobotomisé pour succomber à un produit estampillé « papa-proof » ? Vivrions-nous dans une société de consommation uniquement mue par le désir de posséder un maximum d’objets rendant vert de jalousie le voisin ?

Je n’ose y croire !

D’ailleurs, à regarder les catalogues ou autres sites internet de vente d’objets de puériculture, pas de trace de papas. Nulle part.

Ouf ! Ah si ! Un catalogue tente le portrait de papa faisant un bisou à son bambin, désabusé.

On louera l’effort surhumain qui a consisté à utiliser une figure paternelle plutôt que maternelle en une de la publication hebdomadaire de la marque.  Mais on notera que le cliché mère-bébé se vautre souvent dans une image surannée du bonheur simple et blond comme les blés et que l’imagerie papa-bébé est mal rasée et matinée d’un « vas-y lâche-moi avec tes bisous, tu me saoules ».

En deux mots, pour la puériculture, l’image du père renvoie à une vérité crue, simple, normale, histoire de faire face à des barbies minces et maquillées dont le bébé fait ses nuits à 10 jours de vie. Pourquoi pas ?

Si on regroupe les deux remarques (père hi-tech et père normal, suivez un peu !), on en vient à croire que l’homme est intrinsèquement attiré par les interfaces user-friendly et est partisant du moindre effort. Je vois déjà ces dames opiner du chef en pensant à la dernière fois où elles ont vu leur compagnon aller aux toilettes en jouant à Candy Crush, porte ouverte…

Le portage en écharpe, c’est pas pour moi

Eh bien sachez qu’il s’avère que de nombreux papas sont effectivement dans ce cas. J’en veux pour preuve ce témoignage poignant d’une formatrice en nœuds (pardon, en écharpe de portage…) : « Les papas ne sont convaincus que lorsque je sors le modèle qui se clipse ».

Pour les non-intimes de l’écharpe de portage, il s’agit d’une longue bande de tissu, que l’on enroule de différentes façons autour de soi pour porter son bébé sans les mains.

Portage en écharpe
Ceci n’est pas un portage en écharpe

Or il s’avère, selon les statistiques de la formatrice, que la plupart des hommes préfèrent avoir un gage de solidité et de haute technologie comme un clip par peur de ne pas savoir faire un nœud simple. C’est édifiant mais je la crois.

Messieurs, crie-je, si vous savez nouer vos lacets, vous êtes au-dessus du niveau requis pour utiliser une écharpe en toute sécurité! N’ayez crainte.

Pour ma part, j’ai donc fait fi des arguments fallacieux  de la formatrice pour choisir le modèle de base, celui-là même qui repousse les hommes, comme le FISC repousse Arthur hors de nos frontières.

Oui, je suis un être exceptionnel qui sait faire des nœuds, je suis donc assez fort pour déjouer les vils tours de passe-passe des publicitaires.

Portage en écharpe
Version alternative

Marketing materno-centré

En parlant de publicitaires, quels sont les produits que l’on vend à un papa ?

Parce que les mamans ont le droit à toutes les sauces de marketing pour elles et leurs enfants. On leur vend :

– de l’alimentaire (papa ne sait pas cuisiner ni ce qui est bon pour les enfants)

– des produits ménagers (papa ne fait pas sa part des tâches ménagères, ce porc)

– des produits cosmétiques (c’est pas tes vergetures qui aideront à reconquérir papa)

– des fournitures scolaires (papa ne s’intéresse pas à la scolarité de ses enfants)

Et j’en oublie sûrement. Le papa, lui, on lui vend…… des voitures ! Whouhou !!!!!! Les cylindrées et les pistons, ça a toujours éveillé en moi des pulsions violentes d’achat ! Non, je plaisante. Pas le moins du monde.

Mais bon, ça se comprend, dans la voiture aussi on peut clipser des trucs, genre sa ceinture ou le cosy de bébé. Et à part ça, rien. Ben non, les rasoirs, les tomates et le canard WC, ça ne se clipse pas…

***

Bon, au final, je suis rassuré. Je n’ai pas succombé aux produits estampillés « pour papa ». D’une part parce qu’ils sont quasi-inexistants, d’autre part parce que je sais faire des nœuds.

Reste maintenant à savoir si ma femme n’a pas succombé aux produits vendus aux mamans même si j’ai déjà une petite idée. Cependant une question reste en suspens : si les papas étaient une cible de choix, existerait-il des iPoussettes ? A vous de me le dire je dois aller choisir ma nouvelle voiture…

Crédit images : Buzzfeed, Pinterest

Hubert Fontenelle
Hubert Fontenelle

Hubert Fontenelle a 29 ans, il est chef d’entreprise et père d’une fille de 9 mois. Il gamberge sur sa paternité et parle avec talent de ce qui est grave et de ce qui l’est moins. Hubert est passionné par les sciences, les mangas, les Lego et par tout ce qui fait sourire sa fille.