Père fille

24 règles de base pour les pères qui élèvent des filles

Créer des liens étroits entre les papas et leurs petites filles. C’est à ça que ces quelques principes peuvent aider. 

Tous les papas veulent que leurs filles reçoivent une bonne éducation. Mais comment savoir ce que cela veut dire ? Voici une liste élaborée, scientifique, documentée et – surtout – à toute épreuve. Ou presque.

Elle est utile aux pères. A tous les pères. Y compris ceux qui élèvent leur fille en compagnie d’une mère. L’homme simple milite pour une paternité engagée, responsable et intégrale.

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1. Dis-lui qu’elle est jolie, mais dis-lui d’autres choses agréables à son sujet.
Ce n’est pas mal de dire à une petite fille qu’elle est mignonne. Mais que ce ne soit pas le seul compliment qu’elle entende de toi. Cela lui évitera de chercher à devenir uniquement belle.

Complimente son intelligence, son astuce, sa débrouillardise, son imagination, son dur travail et sa force physique.
Ce n’est pas la peine de prétendre que l’apparence n’aura jamais d’importance. Mais apprends-lui à ne pas se juger elle-même – et à ne pas laisser les autres la juger – uniquement sur son allure.

2. Apprends-lui que le sens pratique n’est pas réservé aux hommes.
Fais lui découvrir le bonheur d’entretenir la voiture, déboucher des toilettes, installer un piège à souris, changer les fusibles, couper l’arrivée d’eau et d’électricité, planter des clous et utiliser une perceuse.

Note aux pères qui sont à la traîne en matière de tâches masculines : apprendre à faire tout ça avant de l’enseigner à ta fille !

Il n’y a aucun mal à chercher de l’aide pour que les choses soient faites, mais l’autonomie et la confiance en soi sont utiles pour changer une roue ou chasser une araignée sans avoir besoin d’une équipe de sauvetage.

3. Laisse-la jouer dans la boue. 
Son bac à sable n’a pas besoin d’être rempli uniquement de sucre et de fleurs.

Permets-lui de découvrir les vers de terre, les escargots, les queues des chiens et les cailloux.

En passant, pense à renoncer à l’affubler de petits noms doux comme « lapin » ou « souricette » pendant qu’elle joue dans la terre.

4. Rappelle-toi que la façon dont tu parles des femmes et la façon dont tu les traites aura un impact durable sur elle. 
Elle intégrera les généralisations que tu fais sur les femmes. Les bonnes et les mauvaises (s’il existe des bonnes généralisations..).

Ce n’est pas ce que tu cherches, bien sûr, mais tu fabriques son identité et l’idée qu’elle se fait de la vie d’une femme. Et la façon dont elle s’attend à être traitée. Dis des choses positives et respectueuses à propos des femmes, filles, mères, actrices, mannequins, caissières, joueuses de football et institutrices.

Si c’est trop difficile, évite au moins de parler des culs et des seins des femmes en sa présence et d’ainsi lui apprendre petit à petit que le genre auquel elle appartient est inférieur. Tout ceci compte double lorsqu’il est question de sa mère.

5. Apprends-lui les vrais noms de ses parties génitales et utilise-les avec naturel. 
Si elle veut dire kiki, c’est ok. Mais ça dépend de toi qu’elle distingue sa vulve de son vagin.

6. Sois indulgent avec son imagination
Tu seras le chaton. Elle sera la maman chat. Ensuite, elle sera le chaton et tu seras le bébé du chaton. Ce sera ennuyeux pour toi, mais c’est bon pour elle. Continue à le faire. Miaule un peu. N’oublie pas de ronronner !

7. Pleure quand votre animal domestique meurt
Ce n’est pas la peine de gémir si tu détestais ce hamster. Mais l’idée est de montrer que c’est normal pour les hommes de ressentir et d’exprimer des émotions. Y compris les émotions gênantes, comme la tristesse et la déception. Parfois, la chose la plus réconfortante qu’on peut faire avec une émotion pénible, c’est la partager.

8. Apprends lui l’honnêteté et l’intégrité dans les relations en démontrant ces vertus dans les tiennes. 
Vivre de manière conséquente avec les valeurs que tu privilégies. Et aider les gens que tu aimes à vivre en fonction des leurs. Ce n’est pas de la dévotion aveugle. L’hônneteté et l’intégrité se transmettent par l’exemple. Comme beaucoup d’autres choses..

9. Lis lui des livres avec de grands héros – hommes et femmes. 
C’est plus difficile de trouver des livres avec des héroïnes. Mais cela existe. Tu peux aussi inventer des histoires – tu sais bien qu’elles n’ont pas besoin d’être sophistiquées, que tu y arrives très bien et que, non, sa maman n’y arrive pas mieux que toi – qui la mette en scène en conquérante affrontant un dragon ou sauvant des chatons dans un énorme orage.

10. Apprends-lui que son corps et sa sexualité sont en son propre pouvoir. 

Petite, dis-lui que son corps lui appartient et qu’elle en est la patronne.

Quand elle grandit, apprends-lui que son corps n’a pas à être utilisé pour gagner de l’amour, de l’approbation ou pour manipuler d’autres gens. Apprends-lui que le sexe, c’est beau. Et que le choix d’entretenir ou non des relations sexuelles est de son unique pouvoir.

Permets-lui de te parler de sexualité sans grincer que ce n’est pas ton affaire, sans gêne ou simagrées. Mais permets-lui également d’avoir un espace privé pour des conversations à propos du sexe et de la sexualité avec d’autres gens.

11. Parle-lui de la sexualité des hommes, sans lui faire peur. 
C’est tentant de lui dire que les garçons sont mauvais, que le sexe c’est mal et que les hommes ne veulent qu’une chose…

Mais on sait depuis des dizaines d’années que cette tactique est vouée à l’échec et qu’elle fait du mal aux garçons et aux filles. Les filles apprennent à craindre les garçons et les voient comme uni-dimensionnels. Ou alors elle apprennent que leurs parents n’ont fait que leur mentir.

Apprends-lui que le respect, c’est la clé. Et que garçons et filles le méritent et son capable de l’offrir.

12. Partage de la musique avec elle. 
Joue ta musique favorite et dis-lui pourquoi du aimes. Laisse-la faire la même chose pour toi. Apprends-lui pourquoi la pause, au milieu de Into the Mystic de Van Morrison est si cruciale et essaie sincèrement de comprendre ce qui est formidable chez One Direction (si tu comprends, merci de nous instruire dans les commentaires !). Apprends-lui la courtoisie des écouteurs et la sagesse du contrôle de volume.

13. Habille-la comme une princesse si elle le souhaite… Et laisse-la s’habiller comme un chevalier si elle le souhaite. 
Ca nous saoule de faire ce cirque. De jouer au théâtre et d’imaginer des répliques à ses histoires de chateau et de robes. Mais ça la fait se sentir importante quand tu joues à ce qu’elle veut jouer.

Jouer comme une fille ne fait pas de toi une fille. Jouer comme un garçon, n’aura aucune influence sur son identité ou sa sexualité. Amusez-vous donc des deux.

14. Vas au salon de beauté avec elle et recevez ensemble un soin de pédicure. 
Pas besoin de vernis. Profite seulement du temps passé avec ta fille et le massage qui va avec !

15. Inclus-la dans tes hobbys favoris. 
Partage avec elle ce que tu aimes. Comme regarder du motocross, cuisiner ou jouer de la guitare.

Prends ta fille avec toi de temps en temps quand tu vas au bowling ou sur ton chemin de randonnée favori. Vas voir les surfeurs au bord de l’océan. Explique lui ce qui se passe. Permets-lui d’en avoir marre au bout d’un moment et alors, partez faire ce qu’elle souhaite pendant un moment.

16. Permets lui de faire la folle pour toi. Et ensuite, fais le fou pour elle. 
Ca ne coûte pas grand chose – imiter une danse de claquettes, faire des bruits avec ses aisselles, tenir sur un pied – de faire rire une petite fille.

17. Laisse la choisir une couleur de son propre choix pour un mur de sa chambre. 
Oui, n’importe laquelle. Ensuite aide-la à le peindre.

18. Joue à la bagarre avec elle. 
Tu ne vas pas la casser. Et le jeu de la bataille est bon pour apprendre la confiance en soi et la résilience.

19. Donne lui de l’inspiration en évoquant les femmes qui réussissent dans des domaines traditionnellement confiés aux hommes. 
Elle ne deviendra peut-être pas championne de Rugby. Mais ne détruis pas ses aspirations avant leur arrivée en lui disant ce qu’elle ne peut pas faire parce qu’elle est une fille. Les quelques rares choses qu’elle ne peut pas faire deviendront évidentes et le reste demeurera possible si elle a le droit de rêver et si elle a des modèles qui ont réussi de grandes choses sans pénis.

20. Regarde la dans les yeux et ayez une vraie conversation au moins une fois par jour que vous passez ensemble. 

Même s’il s’agit de Mon Petit Poney ou de Justin Bieber.

21. Quand elle grandit, dis lui la vérité sur les drogues. N’utilise pas la peur, sois honnête. 

Les drogues sont assez effrayantes sans exagérer. Mais en disant « si tu essaies la drogue, tu mourras (ou deviendra clocharde ou prostituée) » et en considérant cette simplification comme votre conversation sur la drogue, cela échouera. Pourquoi ? Parce qu’elle apprendra vite que fumer de la marijuana ne tue pas – soit en voyant ses amis le faire, soit en l’expérimentant elle-même.

Elle découvrira que vous lui avez donc menti sur ce sujet. Ce que vous aurez pu dire d’autre sera aussitôt discrédité.

Parlez plutôt du fait que l’utilisation des drogues est un peu comme la roulette russe. Que cinq fois sur six, la personne peut s’en sortir normalement. Mais qu’il n’y a pas de moyen de savoir si on sera une de celle-là ou la sixième. Qui ne s’en sortira pas.

22. Apprends-lui que « Non » signifie « Non », pour elle et pour les autres. 
Apprends-lui les limites. A dire Non directement. Et que son Non doit être respecté. Elle ne doit pas avoir peur de protéger son corps.

Ce doit être clair que lorsque quelqu’un – un frère, un ami, une cousine – dit Non, elle doit le respecter… même avec les garçons.

N’encouragez donc jamais, par le discours, les remarques sur les femmes, dans les films ou dans la vraie vie, les actions qui consiste à convaincre quelqu’un de se livrer à un acte qu’il/elle ne souhaite pas. Jamais.

23. Permets lui d’être féminine si elle le souhaite. Mais ne la force pas si elle ne le veut pas. 

Qu’elle porte des robes si elle le veut. Ne l’impose pas. N’achète pas que du rose, à moins qu’elle en soit vraiment fan.

24. Si elle est encore assez petite, tiens la jusqu’à ce qu’elle s’endorme de temps en temps. 
Ca te manquera quand tu ne pourras plus. Beaucoup.

7 réflexions sur “ 24 règles de base pour les pères qui élèvent des filles ”

  1. Mouais… Comme s’il fallait une éducation différente selon le sexe d’un enfant. Et suivant qu’on soit père ou mère. Et si on a un enfant intersexe on fait quoi ?!!

    Il y a évidemment de bonnes intentions dans ces ‘recommandations’ mais de la à parler de quelque chose de ‘scientifique’…

    Le sexe est créé par le genre : dès lors la première chose à faire est de renoncer à une éducation sexuée. Notre enfant – qu’on soit père ou mère – a surtout besoin de ce chaque enfant – fille garçon intersexe ou autre – a besoin, soit de l’amour des limites et des tuteurs autour de lui, et des parents qui acceptent leurs métier difficile de parents et ne craignent pas de se tromper et de le reconnaître .

    Inutile donc par exemple d ‘apprendre à votre fille – ou garçon d’ailleurs – de changer une roue de bagnole…ou d’apprendre à le faire avant de lui expliquer…(mon dieu …)

    Apprendre aux enfants que papa – et maman- ne sait -savent – pas tout et ne peut pas être tout pour lui est aussi très important : et que même papa peut avoir besoin d ‘aide pour changer une roue – et que si ça se trouve c’est maman qui va l’aider :)

    Bref je comprends l ‘idée d’un tel texte mais faisons attention car dans notre bonne volonté (sortir des préjugés sexistes dans l ‘éducation genrée) on risque d’en créer (ou reproduire) d’autres…

  2. Merci pour ton commentaire.
    D’accord avec toi. Surtout sur ça : « Le sexe est créé par le genre : dès lors la première chose à faire est de renoncer à une éducation sexuée. Notre enfant – qu’on soit père ou mère – a surtout besoin de ce chaque enfant – fille garçon intersexe ou autre – a besoin, soit de l’amour des limites et des tuteurs autour de lui, et des parents qui acceptent leurs métier difficile de parents et ne craignent pas de se tromper et de le reconnaître . »

    Maintenant, il y a dans cet article un certaine quantité d’ironie. La scientificité des recommandations est par exemple une blague, une tournure qui peut laisser comprendre au lecteur que l’auteur ne se prend pas exagérément au sérieux puisque de tels conseils ne peuvent naturellement pas être scientifiques.

    Pour moi, « renoncer à une éducation sexuée », comme tu le dis, est une excellente intention. Mais c’est une notion complexe. Comment faire ça. Concrètement. Quand on a une petite fille et qu’on veut qu’elle ne souffre pas à cause d’une entrée classique et fracassante dans le groupe faible de l’humanité. Comment ?

    Je trouve que ces quelques idées permettent assez simplement de faire ce que tu dis. Concrètement. Non ?

  3. « Si c’est trop difficile, évite au moins de parler des culs et des seins des femmes en sa présence et d’ainsi lui apprendre petit à petit que le genre auquel elle appartient est inférieur. Tout ceci compte double lorsqu’il est question de sa mère ».

    Merci pour ce commentaire sexiste de base (affirmation de « l’infériorité » en plus du non respect de la mère) ! Il n’y en a pas assez comme ça. Pourquoi parler d’infériorité ici alors que tu pourrais lui expliquer qu’il y a certaines personnes (hommes ou femmes) qui ne captes pas la notion d’égalité entre les sexes. Le physique (sexe, couleur de peau, handicap) ne détermine pas si la personne est ‘inférieur » ou pas ! Et puis tu es qui pour déterminer si telle ou telle personne est inférieure ? Est ce qu’il existe des sous Hommes ? Non !

    Avec un sujet aussi sensible et global que l’égalité (entre les sexes ou autre) il faut savoir mettre des guillemets ou dire « et ainsi lui apprendre petit à petit que le genre auquel elle appartient est considéré à tord comme inférieur ». Bref une indication qui permet de ne pas tomber dans le sexisme ! Chaque mot à son importance ici.

    Bien cordialement

    1. Bonjour,

      Merci pour votre commentaire. Je suis d’accord avec vous sur l’usage précis qu’il faut faire des mots et sur le sens tordu de la phrase que vous mentionnez. Je pense que les lecteur-trice-s comprennent dans cette phrase que « évite de (…) lui apprendre que le genre auquel elle appartient est inférieur » annule bien cette possibilité et que nous nous inscrivons donc contre une telle perception. Néanmoins une lecture courte de la seconde partie de la phrase pourrait laisser entendre l’inverse, ce qui est regrettable.

      Amicalement.

  4. Bonjour.

    Je me suis surpris en lisant ce topic a chercher sans le vouloir des preuves d’un certain machisme de l’auteur ou d’une volonté de generaliser ou d’imposer une vision de l’education.

    Bah c’esty bien bete de ma part et vous vous en êtes très bien sortis sur un sujet qui de toute facon ne pourrait que faire debat. Je ne sais pas a quoi ressemble l’auteur de ce topic, mais son inspiration m’a plu.

    Toutefois, bien que certains l’aient critiqués, il y a effectivement des references a des resultats de recherches scientifiques ou psychologiques, mais vous gagneriez en credibilité (et vous rabateriez le caquet de ceux qui vous critiquent) en citant quelques recherches « scientifiques » menées sur le sujet.

    Perso, je suis encore jeune (19), mais j’ai trouvé le propos très intelligent. J’ai eu la malchance de perdre mon père assez jeune, mais ces « conseils » me permettent facilement d’imaginer ce qu’une fille pourrait rechercher chez son pere qu’elle n’aurait pas chez sa mère (car oui, il y a evidamment un gouffre dans la relation entre un enfant et sa mère ou son père).

    Voila, merci encore, et vous faites bien d’alleger le propos avec quelques plaisanteries, mais n’hesitez pas a rediger quelques lignes supplementaires, pour qu’on sache mieux parfois ou vous voulez en venir.

    Bonne journée.

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